Monde

L'étrange premier week-end de l’administration Trump

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 23.01.2017 à 12 h 30

Repéré sur The New York Times, Slate.com

Le nouveau Président et les membres du gouvernement ont tenu toute une série de propos surréalistes, voire parfois complètement faux, en 48 heures.

Donald Trump prête serment à Washington, le 23 janvier 2017. TIMOTHY A. CLARY / AFP

Donald Trump prête serment à Washington, le 23 janvier 2017. TIMOTHY A. CLARY / AFP

C'était prévu. Après la campagne invraisemblable du candidat Trump, le début de mandat du Président Trump ne pouvait pas en être autrement. «Le problème, écrit le New York Times, c'est que ce qui fonctionne pour la course à la Maison-Blanche ne marche pas toujours quand le candidat y arrive.»

Samedi, le président s'est rendu à la CIA en guise de soutien à l'agence de renseignements, affirmant qu'il était derrière eux à «1.000%», oubliant qu'il les avait comparés au régime nazi pas plus tard qu'il y a une dizaine de jours. «Nous n'avons pas utilisé toutes nos capacités, nous avons été retenus», a-t-il également lancé, laissant au passage planer le doute sur les méthodes d'interrogatoire de personnes suspectées de terrorisme.

Quel filtre?

Il en a également profité pour s'en prendre aux journalistes: celui qui estime «mener une guerre contre les médias» affirme également que ses ennemis «font partie des personnes les plus malhonnêtes sur Terre». Il exprimait ainsi sa colère contre les journaux et sites d'infos qui expliquaient, à juste titre, que la foule réunie lors de son inauguration n'atteignait pas 1,5 million de personnes, mais entre 200 et 250.000 personnes.

Plus tard, lors de son retour à la Maison-Blanche, il a envoyé son porte-parole Sean Spicer devant la presse pour une nouvelle vague d'indignations et de mensonges. «C'était la plus grande foule jamais vue à une inauguration, un point, c'est tout, que ce soit en personne ou à travers le monde.» Là encore, The Atlantic, en s'appuyant sur les photos de l'inauguration, mais aussi la fréquentation des métros de Washington et les audiences télévisées, a facilement conclu que le porte-parole mentait.

Pour Slate.com, ces mensonges émanent de la Maison-Blanche devraient pousser les médias à refuser de diffuser en direct les prises de paroles.

«Quand vous couvrez des gens qui ne disent pas la vérité, vous avez un problème: vous pourriez finir par leur donner une ligne directe et non-éditée vers votre public.»

Des proches de Trump troublés

Dimanche, alors que Trump raillait la Women's march, sa conseillère Kellyanne Conway affirmait que les propos de Sean Spicer étaient en fait des «faits alternatifs». Une remarque qui, comme le note Mashable, a évidemment provoqué l'hilarité d'une partie d'internet, qui s'est empressée de moquer la conseillère, sans pour autant masquer leur inquiétude.

«C'est tellement effrayant. C'est la partie la plus terrifiante de la présidence Trump. Quand les faits ne comptent plus, nous perdons tous.»

«Le manque de discipline a troublé jusqu'aux membres les plus plus proches du cercle de Trump, certains allant jusqu'à lui dire de calmer son ressentiment vis-à-vis de ce qu'il a vécu comme une couverture médiatique injuste, écrit le New York Times. Mais Trump a décidé d'écouter ses autres conseillers, qui partageaient son indignation et voulaient rendre les coups.»

Pas sûr qu'à la fin du week-end, le nouveau président des États-Unis ne regrette pas ce choix.

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