Sports / Culture

Le retour au sport des quadras

Temps de lecture : 3 min

«On n'arrête pas de jouer parce qu'on vieillit. On vieillit parce qu'on arrête de jouer» selon George Bernard Shaw. Mais pour beaucoup d’adultes, se remettre au sport est parfois difficile.

Monday Commute / Rolling spoke via Flickr CC License by
Monday Commute / Rolling spoke via Flickr CC License by

CONTENU PARTENAIRE - C'est une situation qui arrive tous les jours. On marche dans la rue ou sur un chemin de campagne et on croise des jeunes qui font LE sport que l'on avait lhabitude de pratiquer «avant». Les moments de nostalgie affluent. On se souvient de son revers dévastateur, de ses tacles et plaquages rageurs ou de ses dribbles précis. Et on continue d'avancer, empêtré dans ses souvenirs.

Gilles Guerraz était plutôt lancers francs et paniers à trois points. Plus jeune, il a longtemps fait du basket en club à Dijon «à un niveau correct». Avant d'arrêter complètement pendant une quinzaine d'années. Il a repris l'année dernière à l'âge de 41 ans. Le constat fut cruel:

«J'ai galéré. Parce qu'il y a un moment l'on a l'impression que nos acquis, on les aura toujours. La réalité nous fait prendre conscience que ce n'est pas le cas. Les choses que j'étais capable de faire naturellement au basket - dribbler, courir, sauter-, c'est quelque chose qui devient très compliqué. Je ne savais plus trop jouer à ce sport que j'avais pourtant longuement pratiqué.»

Plus l'âge pour ce sport

Gilles se blesse en plus assez rapidement, un claquage aux ischio-jambiers. Un médecin lui conseille d'arrêter le basket parce qu'il commence «à ne plus avoir l'âge pour ce genre de sports». «Ça m'a déprimé», témoigne-t-il aujourd'hui. Finalement, un ostéopathe lui dit qu'il peut encore jouer. Il fortifie son corps pour éviter les blessures.

«Au prix de pas mal d'efforts, je me suis mis à m'entraîner seul, à manier un peu le ballon. J'ai retrouvé en l'espace de six mois un niveau que je qualifierais de décent. Ce n'est évidemment pas le niveau que j'avais il y a 20 ans mais je prends du plaisir à jouer. C'est ce qui m'importait».

Comme il est également réalisateur, Gilles Guerraz transpose son histoire dans un court-métrage à mi-chemin entre le documentaire et la pub Nike, intitulé Le retour. Un moyen de montrer qu'au prix d'efforts, «on peut essayer de transcender le facteur temps et le facteur corporel. Et on peut continuer à faire quelque chose qu'on a vraiment envie de faire.»

«J'aimerais bien que ce soit une sorte de message d'encouragement pour ceux qui ont passé l'âge de faire quelque chose mais qui ne sont pas prêts à l'accepter.»

De multiples raisons de retour

Tous les médecins le répètent, toutes les études le serinent: le sport est bénéfique pour le corps même si l'on commence à 40 ans. Selon une étude menée par des chercheurs de l'université de Rennes, se remettre au sport après la quarantaine permet d'avoir un cœur en meilleur état et plus performant que les inactifs.

Les personnes en «bonne forme physique» à 40 ans ont 37% de moins de chances de mourir d'un accident vasculaire cérébral, d'une crise cardiaque ou d'un cancer vingt ans plus tard, analyse une étude américaines parue dans le journal Stroke. Et il y a de nombreuses autres raisons, de la perte de poids au plaisir d'être dans un état d'esprit particulier.

C'est ce qui a caractérisé les débuts d'Ulf Agnéus lorsqu'il a commencé à pédaler à tombeau ouvert :

«Un ami m'a littéralement mis un vélo entre les mains. J'ai essayé et, au début, c'était pénible, témoigne ce Suisse de 47 ans dans le magazine L'Hebdo. Mais je me suis petit à petit laissé prendre au jeu et, aujourdhui, une bonne partie de mon environnement tourne autour du cyclisme. Jaime les sorties entre copains, létat desprit qui règne quand on roule en peloton. Jai commencé par faire 5 kilomètres, puis jy suis allé graduellement, au feeling. Aujourdhui, je roule au minimum 80 kilomètres quand je sors. Jaime ladrénaline positive que me procure leffort.»

Question d'état d'esprit

S'il ne pouvait jouer les premières fois que cinq minutes avant d'être «rincé», Gilles Guerraz peut maintenant jouer un match de quarante minutes. Car il n'était pas prêt à abandonner le basket:

«On se retrouve face à un constat : se dire qu'on arrive à un stade de sa vie on ne peut plus faire quelque chose qu'on faisait avant de manière quotidienne. Le basket, avant, j'arrêtais jamais. J'en faisais tous les jours après les cours. Et qu'on me dise que ce n'était plus possible, je n'étais pas prêt à l'accepter

À la fin de son court-métrage, Gilles Guerraz met en exergue la phrase de George Bernard Shaw: «On n'arrête pas de jouer parce qu'on vieillit. On vieillit parce qu'on arrête de jouer.»

«Je trouve que la phrase est belle et qu'elle s'applique à d'autres domaines, estime le basketteur. À un moment la réalité nous rattrape et il y a un moment plus j'avancerai en âge et moins je pourrai jouer. Mais je pense que j'aurai le temps de me faire à l'idée.»

Slate.fr

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