Science & santé

Les politiciens de droite sont plus beaux que ceux de gauche

Repéré par Peggy Sastre, mis à jour le 23.01.2017 à 13 h 52

Repéré sur Journal of Public Economics

Et ce n'est pas sans influencer les électeurs.

François Fillon, le 11 janvier 2017 I Valery HACHE / AFP

François Fillon, le 11 janvier 2017 I Valery HACHE / AFP

Selon une étude publiée dans le numéro de février du Journal of Public Economics, les politiciens conservateurs sont plus beaux que leurs homologues progressistes aux États-Unis, en Europe et en Australie. Et le biais serait tellement fort que l'apparence physique inciterait les individus à inférer l'orientation politique d'un candidat sur cette seule base –s'il est plutôt beau, c'est qu'il est de droite, plutôt moche, de gauche.

En politique comme ailleurs, ce bonus beauté est connu depuis un petit bout de temps. Les candidats jugés les plus séduisants remportent en tendance davantage de voix, notamment chez les électeurs aux «connaissances politiques» limitées et/ou qui regardent beaucoup la télévision. Plusieurs études allant même jusqu'à établir un lien de causalité: les hommes et femmes politiques attirants séduisent leur électorat justement parce qu'ils ont un physique engageant, de la même manière que les gens beaux gagnent davantage d'argent, réussissent mieux dans la vie et sont généralement mieux considérés par leurs pairs, en moyenne, que les laids.

Des réalités qui pourraient éclairer la corrélation entre conservatisme (effectif ou perçu) et beauté: parce que les beaux se situent en général du bon côté de l'existence, ils sont moins enclins à défendre la redistribution des richesses ou la diminution des inégalités sociales –en gros, des valeurs et des projets de gauche.

Modèle mathématique

Pour étayer leur hypothèse et concevoir un modèle mathématique prédictif, les chercheurs affiliés à l'Institut suédois d'économie industrielle et à l'IFO allemand ont examiné des élections parmi les plus compétitives et les plus directement démocratiques au monde –les élections municipales et législatives finlandaises, régies par une proportionnelle stricte, les élections au Parlement européen, les élections législatives australiennes et les élections sénatoriales et gouverneuriales américaines. En outre, ce panel leur aura permis d'équilibrer entre les scrutins où les électeurs sont a priori bien informés sur les candidats et ceux où ils le sont peu.

Par exemple, dans les élections municipales finlandaises –caractéristiques d'un scrutin à «bas niveau d'information»– un seul degré de beauté supplémentaire garantit aux candidats conservateurs une moyenne de 20% de votes en plus, contre seulement 8% pour leurs adversaires progressistes. Dans les élections législatives, où les électeurs sont censés être mieux informés et moins faire reposer leur choix sur des critères aussi primitifs, le bonus beauté équivaut tout de même à 14% de voix supplémentaires, à égalité entre candidats de droite et de gauche.

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