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L'amertume pousse-t-elle à l'économie?

Repéré par Peggy Sastre, mis à jour le 27.01.2017 à 11 h 45

Repéré sur Journal of Experimental Social Psychology

Oui, mais seulement si vous êtes heureux.

 Le melon amer, remède des joyeux paniers percés | Vladimir Yaitskiy  via Flickr CC License by

 Le melon amer, remède des joyeux paniers percés | Vladimir Yaitskiy via Flickr CC License by

C'est un fait: nous sommes davantage enclins à dépenser notre argent quand nous sommes heureux que lorsque nous sommes tristes. Sauf qu'il suffirait d'une petite rasade de jus de melon amer –connu, comme son nom l'indique pour son amertume– pour inverser cet effet et nous pousser à l'économie. À l'inverse, si vous êtes de mauvaise humeur, ce goût aura plutôt tendance à vous pousser à la dépense. C'est ce que montre une étude menée par quatre psychologues œuvrant aux États-Unis et en Chine. Des observations confirmées dans trois expériences en laboratoire, rassemblant des centaines d'écoliers et d'étudiants chinois et américains, et lors de deux tests grandeur nature effectués dans des supermarchés.

Que notre humeur ait le pouvoir d'influer sur la manière dont notre cerveau traite une information est une réalité connue depuis une bonne trentaine d'années. Basiquement, en étant heureux, nous avons tendance à voir le monde d'un oeil plus favorable –et défavorable si nous nous sommes levés du pied gauche ou que de pervers chercheurs nous ont subtilement incités à broyer du noir.

Une boisson aux effets certifiés

Dans ce cas, une même situation sera spontanément interprétée comme plus menaçante et la personne concernée sera plus encline à réfléchir à deux fois avant d'agir. De même, les ponts entre langage et ressenti sont eux aussi nombreux: une amertume gustative a le don de susciter une aigreur interprétative et vice versa.

Raisons pour lesquelles Fengyan Cai, Zhiyong Yang, Robert S.Wyer Jr., Alison Jing Xu ont eu cette idée de travailler sur l'amertume, l'économie et la dépense. De leurs cinq expériences, il ressort que l'amertume gustative pousse les individus heureux à économiser et les malheureux à dépenser. Un phénomène qui se confirme lorsque les participants sont expérimentalement incités, par des indices verbaux et comportementaux, à être plutôt de bonne ou de mauvaise humeur. Idem dans des conditions réelles d'achat, où l'impulsivité des clients est d'autant plus atténuée par la boisson amère que ces derniers se disaient bien lunés avant de faire leurs courses.

Un effet indifférent au sexe, à l'âge, au salaire ou encore au statut professionnel des individus.

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