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Un an après les attentats de Mumbai, rien (ou presque) n'a changé

Slate.fr, mis à jour le 25.11.2009 à 17 h 10

un policier à la gare Victoria de Mumbai, le 4 décembre 2008, REUTERS/Jayanta Shaw

un policier à la gare Victoria de Mumbai, le 4 décembre 2008, REUTERS/Jayanta Shaw

Demain, nous serons le 26 novembre. Exactement un an après les attentats de Mumbai qui ont fait 166 victimes.

Alors que la mégalopole indienne se prépare à commémorer ce premier anniversaire, le procès du pakistanais Ajmal Kasab, seul responsable des attentats encore en vie, est en passe de se terminer. «Nous avons examiné le témoignage de 265 témoins et nous en attendons encore une dizaine. L'affaire sera bouclée pour le 26 novembre » a récemment déclaré Ujiwal Nikam, le procureur en charge du procès, au quotidien local Times of India. Ajmal Kasab est jugé à Mumbai depuis le 8 mai dernier, aux côtés de deux Indiens Faheem Ansari et Sabauddin Ahmed, pour «multiples meurtres et conspiration».

La proximité entre les dates de commémoration des attaques et de la fin du procès des terroristes ont d'ailleurs poussé les autorités indiennes à appeler à la modération du côté des médias locaux. «Considérant que le procès des attaques de Mumbai est toujours en cours, il est important d'assurer une couverture la plus équilibrée possible des commémorations» et donc d'éviter «toute scène sanglante des attentats à l'antenne» ont déclaré les officiels.  

Si l'affaire devrait donc être bientôt «bouclée», la question de la sécurité en Inde et à Mumbai, reste, elle, toujours en jachère. Selon le New York Times, les leçons des attentats n'ont pas été tirées par les autorités locales. «Presque tous les officiels qui ont démissionné après les attaques ont, depuis, retrouvé leurs postes ou été promus» souligne le quotidien new-yorkais. Autre élément évocateur, «au contraire des Etats-Unis, l'Inde n'a pas mis sur pieds l'équivalent du Département de la Sécurité intérieure. Alors, qu'une commission bi-partisane de haut niveau a publié un rapport sur les failles ayant mené au 11 septembre, les autorités indiennes ont gardé au secret un rapport similiaire sur les attentats de Mumbai».

Interrogé sur l'épineuse question de la sécurité, le nouveau chef de la police de Mumbai, D. Sivanandan, déclare que «même si des milliards de dollars étaient dépensés pour augmenter la sécurité, Mumbai, ville la plus chaotique du pays, ne pourrait jamais devenir invulnérable».

Pour autant, depuis un an, plusieurs mesures ont été prises par les autorités locales. La ville a renforcé les effectifs des forces d'interventions spéciales, qui sont également mieux équipées, tandis qu'une batterie de procédures a été développée pour anticiper les réponses à donner à d'éventuelles attaques.

Qualifiées de «réponse tiède» par le New York Times, ces décisions ne sauraient faire oublier que «la transformation politique renvoyant une élite trop sûre d'elle, après les attaques, n'est jamais arrivée».

[Lire l'article complet sur le New York Times]

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Image de une: un policier à la gare Victoria de Mumbai, le 4 décembre 2008, REUTERS/Jayanta Shaw

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