Tech & internet

La Silicon Valley a-t-elle une vie sexuelle médiocre?

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 21.01.2017 à 10 h 29

Repéré sur The Guardian, The New York Times

Peter Thiel, fondateur de PayPal, estime même que ses confrères du monde de la tech sont coincés et frustrés.

Google Headquarters | Shawn Collins via Flickr CC License by

Google Headquarters | Shawn Collins via Flickr CC License by

«Un de mes amis a une théorie, il pense que le reste du pays [américain] tolère la Silicon Valley parce que les gens là-bas ne font pas vraiment l'amour. Parce qu'ils ne s'amusent pas vraiment.» Ces mots, pour le moins cocasses, ont été prononcés dans le New York Times par une des figures emblématiques de la Silicon Valley, Peter Thiel. Ce supporter de Trump évoquait alors les propos sexistes du nouveau président américain et l'indignation généralisée dans le paradis des développeurs et auto-entrepreneurs.

Cette théorie étrange, a interpellé la journaliste Julia Carrie Wong, qui a décidé d'enquêter sur la sexualité de la Silicon Valley pour le Guardian. Déjà quelques constats: il y a bien plus d'hommes que de femmes et une certaine Amanda explique n'avoir que de mauvais souvenirs de rencards, notamment un développeur qui ne connaissait pas l'alphabet et un autre qui parlait mariage dès le second rendez-vous. Il faut aussi évoquer la crise de l'immobilier, qui rend extrêmement difficile les opportunités d'emménager en couple quand on ne s'appelle pas Mark Zuckerberg.

«Elle n'est pas amusante, libérée, ouverte, sensuelle»

D'ailleurs, de nombreux développeurs vivent à plusieurs dans une seule maison, souvent dans la même chambre. Ce qui ne favorise pas les moments d'intimité. Sasha, 26 ans, se souvient ainsi d'un rendez-vous avec un homme qui avait prévu de déménager dans une boîte en bois chez un ami, pour économiser sur son loyer. «Il était plutôt fier de ça», se souvient-elle.

Pour Elizabeth McGrath, thérapeute spécialisée sur les questions de sexualité, basée à San Francisco, il y a un certain vide sur ce plan-là au sein des gens travaillant dans la tech. «Il n'y a pas beaucoup de sexualité dans l'industrie de la tech, elle n'y est pas amusante, libérée, ouverte, sensuelle. C'est plutôt très guindé et neutre.» Selon elle, ces hommes qui font passer leur carrière avant leurs relations, approchent de la trentaine, et ne comprennent pas ce qu'une petite amie pourrait signifier pour eux.

Néanmoins, pour Siouxsie Q James, travailleuse du sexe et contributrice pour le SF Weekly, la Silicon Valley fait bien l'amour. «San Francisco a été une ville de ruée vers l'or pendant longtemps. À un certain point, à la fin du XIXe siècle, 90% des femmes étaient des travailleuses du sexe... Je pense que quelque chose d'assez peu différent est en train d'arriver.»  

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