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Si vous étiez un éléphant...

Temps de lecture : 2 min

Vous auriez une conscience, autant qu'un être humain.

Elephant | Daniel Ramirez via Flickr CC License by
Elephant | Daniel Ramirez via Flickr CC License by

Si vous étiez un éléphant, vous auriez «une main à deux doigts» accrochée au visage. Aussi sensible que des organes génitaux, elle pourrait tout de même vous permettre de briser un mur, de déterminer un danger immédiat ou une menace potentielle, de prévoir la météo, de prendre du plaisir.

Si vous étiez un éléphant qui habite en ville, les bruits des véhicules vous chatouilleraient les pieds et le dos, par ricochet. La ville serait bien trop petite pour vous. Vous auriez envie de vous enfuir vers les plaines.

Si vous étiez un éléphant, votre système politique serait dirigé par des vieilles femmes, nommées pour leur connaissance du monde, et sages, parce que désintéressées par la hiérarchie. Si vous étiez un mâle, vous vogueriez au gré des groupes familiaux ou batifoleriez avec vos congénères célibataires. Votre fonction serait seulement d’inséminer. Le gouvernement serait l'affaire des femmes.

Si vous étiez un éléphant, vous aimeriez vivre en communauté. Basé sur un altruisme réciproque, la vie en communauté serait plus par amour pour les autres éléphants que par intérêt. Vous seriez même prêt à mourir pour préserver un de vos membres.

Prise de conscience

S’il l’écrivain Charles Foster procède à cet exercice d'identification des humains aux éléphants, c’est parce qu’il veut dénoncer le «mensonge anthropocentrique» des humains. En étudiant les comportements des animaux, il veut prouver que les éléphants ont une conscience. Une conscience d’eux-mêmes, bien distincte des autres. L'écologiste américaine Carl Safina explique qu’un éléphant peut comprendre et caractériser la relation de deux autres éléphants, qu’il s’agisse d’un lien de parenté ou d’une simple amitié.

Ce constat implique donc que le premier éléphant doit avoir un conscience de lui-même, être capable de se mettre à la place d’un autre éléphant, et de se construire face au concept de relation d’un tiers. «Peut-être les éléphants s'expliquent-ils le monde en formulant, en évaluant et en sélectionnant des propositions –une faculté que nous avons tendance à considérer comme étant uniquement la nôtre», explique Charles Foster.

Il ajoute :

«C’est une erreur de supposer que pour avoir un esprit, il faut en avoir un comme les esprits humains.»

L'auteur explique que vous et l'éléphant avez un matériel neurologique très proche, et des esprits similaires. Demandez à un éléphant (via «un orchestre chromatique de sons et de plus de 100 mouvements distincts du corps») s’il saigne lorsqu’il est piqué. Demandez lui s’il ressent le plaisir, la colère, le stress. Vous verrez, il vous ressemble plus que vous le pensez.

Slate.fr

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