Monde

L’histoire de trois djihadistes que la Terre entière recherche

Repéré par Camille Desmaison-Fernandez, mis à jour le 19.01.2017 à 17 h 50

Repéré sur El País

Said, Parlin et Mustafá, radicalisés dans les années 1980-1990 et passés par l'Espagne, restent introuvables par tous les services de renseignement dans le monde.

Said Berraj, Parlindungar Siregar et Mustafá Setmarian | El País

Said Berraj, Parlindungar Siregar et Mustafá Setmarian | El País

Ils se sont radicalisés en Espagne dans le silence, alors que la menace terroriste mondiale émergeait à peine. Ces trois hommes, pris dans l'«engrenage d’un mystère non résolu», selon El País, ont disparu depuis sans laisser de traces. Les capturer vivants pourrait permettre d’éclairer de nombreuses zones d’ombres quant à leurs précédentes et actuelles opérations auprès des organisations salafistes. Car ils ont de bonnes raisons de faire aujourd'hui partie des individus les plus recherchés dans le monde.

Le premier terroriste s’appelle Parlindungan Siregar, alias «Parlin le Chinois». Indonésien, il a été associé à al-Qaida en Espagne. Il aurait dirigé un important camp d'entraînement pour terroristes dans son pays natal et participé au recrutement de nombreux Espagnols encadrés ensuite en Bosnie-Herzegovine et en Afghanistan. Son principal fait d'arme? Avoir inventé la bombe volante, soit un dirigeable plein d'explosifs contrôlé à distance qui peut frapper toute cible prédéterminée. Ce dispositif est désormais connu de tous les services de renseignements de la planète.

Alors qu’il effectue des études d'ingénierie aéronautique à Madrid, Parlin est suspecté d’avoir travaillé aux préparatifs de l’attentat du 11 septembre 2001 à New York. Depuis cette année, le terroriste a disparu des écrans radars. Il se trouve actuellement sur l’une des 17.000 iles de l’archipel indonésien. Cible de toutes les polices du monde, il est notamment numéro 3 sur la liste des 380 individus les plus recherchés par les services indonésiens.

Le deuxième est Said Berraj, alias «Said le Messager». Il est un des auteurs de l’attentat du métro de Madrid le 11 mars 2004, où 192 personnes avaient été tuées dans les explosions de quatre trains. La quête de ce terroriste est primoridale, puisqu’il est le seul membre du noyau dur de la cellule qui avait élaboré l’attaque à être encore en vie. Tous les autres se sont suicidés ou sont décédés dans des attaques plus tard en Irak. Il est considéré comme un personnage essentiel «pour clarifier certaines lacunes dans l’attaque», explique un fonctionnaire de police espagnol.

Placé sous surveillance bien avant l'attentat, son téléphone n'a été identifié que deux jours avant la tragédie du 11 mars. Ce 9 mars, Interpol envoyait ainsi une photo du Marocain à tous ses services sans savoir qu'il venait juste de quitter son domicile pour préparer l'attaque. Les renseignements espagnols n'ont aucune idée d'où il peut être.

Le théoricien du «djihad global»

Le dernier est Mustafá Setmarian, alias «Abu Moussab al Asuri». Syrien naturalisé espagnol, il est chargé en 2001 par Oussama Ben Laden de créer un nouveau djihad. Celui de la guerre chimique et bactériologique. Fondateur d’al-Qaïda en Espagne, Setmarian est responsable avant cela, dès 1985, d'un attentat dans un restaurant de Madrid qui a fait 18 morts. Il est aussi recherché dans le cadre de l'enquête du métro de Madrid en 2004.

Arrêté en 2005 au Pakistan, il est remis à la CIA qui le transfère dans de prisons secrètes en prisons secrètes. Depuis lors, sa localisation reste un mystère pour les services de renseignement. Des documents secrets du ministère de la Défense des États-Unis datant de 2008 écrit par des militaires de la prison de Guantanamo affirment que Abu Moussab al Suri a été livré à la Syrie où il aurait été détenu au moins jusqu'en 2011.

En 2014 est mis en ligne sur internet son «Appel à la résistance islamique mondiale», un long texte de 2.500 pages qui encourage à frapper partout dans le monde par le biais de loups solitaires ou de cellules clandestines. Les Américains offrent 5 millions de dollars à celui qui réussira à le capturer.

Un responsable espagnol de la lutte contre le terrorisme précise: «Nous aimerions attraper [Mustafá Setmarian], mais je vous avoue que cet homme, une icône du djihadisme, serait un danger supplémentaire s’il était incarcéré dans une prison espagnole». Le journaliste américain Peter Bergen a d'ailleurs dit de lui, comme le rapporte le Figaro: «Il apparaissait comme un vrai intellectuel, très au courant de l'histoire, et il avait des objectifs des plus sérieux. Pour sûr, il m'a davantage impressionné que Ben Laden.»

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