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Oman, la destination touristique à laquelle vous devriez penser

Nicolas de Rabaudy, mis à jour le 22.01.2017 à 11 h 16

Le journal Le Monde classe le Sultanat au premier rang des destinations à découvrir en 2017. Nous sommes bien d'accord vous proposons quelques adresses pour aller en profiter.

Mascate, capitale du Sultanat d'Oman © OT Oman

Mascate, capitale du Sultanat d'Oman © OT Oman

Le classement est stupéfiant pour ce petit pays d’Arabie de 2,5 millions de citoyens, coincé entre le Qatar, l’Arabie Saoudite et le Yémen à l’ouest et l’Iran au nord: une zone de tous les dangers. Début janvier, le journal Le Monde a classé le Sultanat d'Oman en tête des destinations à découvrir en 2017

La population omanaise n’en revient pas, même si le magazine Vogue avait déjà recommandé de visiter le pays qui a tout pour plaire aux touristes. Car si « les trois principaux critères de sélection d’une destination sont la culture, le prix et le climat », comme l'indique le baromètre de TripAdvisor 2016, Oman a toutes ses chances. C'est même une destination idéale en hiver, avec quelques 25 degrés jusqu’à avril-mai (la température monte ensuite jusqu’à 50 degrés, désert oblige). L’argument majeur qui joue en faveur du pays, c’est la paix, la sécurité et le bonheur des Omanais et des quelques 1,5 millions d’expatriés qui y vivent, dont beaucoup d’Indiens, de Maghrébins et quelques Européens.

Le plus sidérant dans le palmarès du Monde, ce sont les pays devancés par le Sultanat: le Canada à la deuxième place, suivi par la Finlande, la Colombie, la «Suisse des chalets», les Açores, la République Dominicaine, la Mongolie, la ville chypriote de Paphos, le Havre, qui occupe la dixième place alors qu'elle célèbre ses 500 ans cette année. Viennent ensuite Minneapolis, la région de Grosseto en Toscane, les îles du Kvarner en Croatie, la ville japonaise de Kanazawa, le Zimbabwe pour les safaris et les animaux sauvages, Athènes et le centre culturel Niarchos, Marrakech et ses nouvelles adresses, La Haye, le Pérou et sa capitale Lima, à la dix-neuvième place, et enfin Paris, la Ville Lumière, vingtième du classement.

La terre de Sinbad le marin

On comprend à la lecture de ce classement la douce surprise vécue par le peuple d’Oman. Un pays de faible notoriété mais vaste comme le Royaume-Uni, hérissé de montagnes pelées (15 % de sa surfaces), ourlé de plages de sable fin et baigné par une mer turquoise. Ici, le désert tout proche n’est pas envahi par le business et les investissements de tous ordres comme on peut le voir dans d'autres pays de la péninsule arabique (courses automobiles, centres commerciaux ou musées importés…)

Oman, terre de légende incarnée par Sinbad le marin, la reine de Saba et les Mille et une Nuits, est un pays fier et préservé des excès de la modernité. Le Sultanat est porté par une histoire millénaire incarnée par les bédouins du désert. Le pays représente 5 000 ans d’histoire et de célébrations des traditions: le peuple vit dans le souvenir, d’où son attachement au pays du sultan et aux reliefs montagneux si impressionnants –le Grand Canyon omanais (Wadi Ghul) culmine à 3.000 mètres.

Djebel Aktra © Steve Graham

Voyez les fjords de la péninsule de Musandam, les djebels et les oasis dans les hauteurs du Hajar, dont le djebel Akhadar («la montagne verte»), admirez le royaume des courses de dromadaires et, en juillet, la profusion de tortues géantes. Admirez la capitale Mascate et son opéra, le palais royal al-Alam du sultan Qabus ibn Saïd, 76 ans, dont 46 au pouvoir, visitez la Grande Mosquée aux 20.000 croyants et le musée Baït al-Zubair des arts et traditions populaires…

La plage des tortues. © OT Oman

Un décor naturel, préservé de la modernité

Oman demeure un paradis à découvrir, un pays d’Orient à la beauté naturelle: il n’y a pas un gratte-ciel en ville ni folie des grandeurs dans l’aménagement des agglomérations et des villages, plutôt bien préservés.

«Le pays est bien comme il est, ainsi qu’il a été transmis par les générations passées», estime Dick Salzsieder, directeur général du Shangri-La, un ensemble de trois hôtels sur la mer, à une heure de Mascate. En filant vers la montagne du Hajar à 2.000 mètres d’altitude, on observe le désert, qui recouvre un tiers de la péninsule, sauvage et intact. A trois heures de voiture de la capitale, on croit assister à la naissance du monde.

Les vallées sont cultivées comme des vergers. Dans les sommets où ruminent les chèvres gourmandes, compagnes des Bédouins, les hôteliers omanais ont réussi à édifier des points de halte confortables. A 1.200 ou 2.000 mètres d’altitude, ils accueillent les visiteurs qui assistent aux courses de dromadaires traditionnelles, ponctuées par des chants et des danses à al-Kamil Wal Wafi et à Barka, dans le nord.

Course de dromadaires. © Sylvie Ligon

De ce point de vue, les Omanais ont le génie de l’accueil et ils ont su civiliser les immensités du désert et les chaînes de montagnes sans les métamorphoser en caravansérails pour hordes de curieux.

On ne skie pas sur les sommets, on marche, on circule, on respire l’air pur, et les montagnes restent le décor naturel des vallées, des routes et des lieux de vie.

Village dans les montages du Hajar. © OT Oman

Le miracle omanais, c’est cela, c’est ce qui plaît aux visiteurs, 50.000 Français et autant d’Européens par an, séduits par la douceur du climat ensoleillé (de 18 à 27 degrés jusqu’en juin) quand l’hiver s’abat sur Paris, Munich et Vienne.

Monarchie constitutionnelle

Grace aux ressources en hydrocarbures (80 % des richesses), Oman bénéficie d’une économie florissante. Le litre d’essence coûte 20 centimes d’euro et la voiture est le premier achat des familles.

«La Suisse du Moyen-Orient» dit-on parfoit, en référence à la neutralité et au rôle de médiateur que tient parfois le pays dans la régionaux. Dans un autre registre, on cite aussi Singapour pour la propreté des rues, des autoroutes ou des magasins. Des amendes sont prévues pour les mégots de cigarettes jetés au sol (rarissimes) et pour des voitures mal entretenues. Des séjours en prison sanctionnent la conduite en excès de vitesse (six jours) et la consultation de son mobile au volant. 

Le salaire de base s’élève à 860 euros, toutes les dépenses de santé, d’éducation, de scolarité sont prises en charge par l’État, les retraites sont assurées. La croissance pour 2016 a été de 15 % et un nouvel aéroport et une ligne de chemin de fer de 1.300 kilomètres sont dans les cartons.

Le ministère du Tourisme a fixé le cap des cinq millions de visiteurs pour 2040.

Près de 60 % de la population travaille pour l’état omanais, géré comme une monarchie constitutionnelle dotée d’un parlement. Le sultan figure en une du Times chaque jour, alors que le pays figure à la 145eme place (sur 180 pays) du classement de Reporters sans frontières de la liberté de la presse. Très attaché aux racines bédouines de son peuple, Qabus ibn Saïd a fait restaurer en dix ans 500 forts et châteaux en voie de délabrement.

La Grande Mosquée à Mascate.

Quand Oman a été classé le 5 janvier 2017 à la première place des pays à visiter, les Omanais croisés au souk al-Mazaar ou devant la Grande Mosquée de marbre rayonnaient de joie et applaudissaient. Nul doute que cette promotion inattendue et méritée, va booster le tourisme et les infrastructures hôtelières. Des grands groupes internationaux sont déjà présents: Shangri-La, Ritz Carlton, Hyatt, Golden Tulip, InterContinental…

Le ministère du Tourisme a fixé le cap des cinq millions de visiteurs pour 2040. Bref, le pays escarpé connaît une expansion spectaculaire, observée dans les quartiers résidentiels de Mascate, le long de la mer, où s’élèvent les ambassades et des villas de luxe.

En un mot, le Sultanat à la forte identité culturelle a réussi le pari de la modernité en demeurant un sanctuaire de paix prônant un islam puritain mais tolérant.

Pour réussir un bon séjour à Oman

Il faut rester dans le Sultanat au moins trois jours pleins afin de se pénétrer des beautés du pays, des sites archéologiques, des criques azuréennes et de l’art de vivre omanais. Bien plus si l’on s’enfonce dans le désert, vers les vieilles villes comme Nizwa, l'ancienne capitale, et jusqu’aux djebels.

Dans la capitale portuaire, Mascate, s’élèvent une dizaine de grands hôtels de trois à cinq étoiles pour lesquels les voyageurs doivent être prêts à débourser de 150 à 300 euros la nuit et plus (les tarifs varient selon les dates choisies, comptez des taxes de 10 à 20 %). The Chedi, le Grand Hyatt Muscate, le Beach Hotel sont à inscrire dans vos tablettes. L'excellente agence de tourisme Muscat nature, située à Mascate, vous apportera les informations supplémentaires. 

Côté pratique: la monnaie est le rial omanais, 5 rials équivalent à 10 euros. Oman Air assure quatre vols de Paris vers Mascate par semaine, pour une durée de vol de 7 heures 30. A partir de 600 euros l’aller-retour en classe économique et 1 400 euros en Business class. Il faut compter + 3 heures de décalage horaire en hiver. Le visa à 20 euros s'achète sur place.

Quelques adresse de grand standing

Sur la mer d’Oman, à quelques kilomètres de Mascate, à une heure de l’aéroport, voici des adresses de grand standing.

Vue aérienne du Shangri-La Barr Al Jissah Resort & SPA.

  • Al-Bustan Palace

L’ancien palais du sultan transformé en palace de marbre, de verre et d’or, au milieu d’un jardin luxuriant, est réputé pour son vaste atrium surmonté d’un dôme de lumière, une sorte de réplique du fascinant palais des Mille et une Nuits. Destiné au gotha et aux délégations internationales conviées à Mascate, c’est une sorte de Versailles à l’orientale haute de six étages de couleur crème. Au centre de l’atrium, on trouve un coffee shop pour les riches Omanais et, en terrasse, un restaurant de cuisine cantonaise et sichuanaise d’une trentaine de couverts. On sert le canard laqué dans les règles, des dim sum (petites bouchées à la vapeur ou frits), une salade de langouste à savourer sous les lampions dans la nuit douce.

De 50 à 120 euros. Dîner seulement.
Chambres à partir de 315 euros.
Tél: +96824799666
 
  • Al-Loomie

Dans le parc verdoyant de ce palais, on rejoint la table réputée du chef Salim al-Kalbani, prince de la cuisine omanaise riche de légumes, d’épices, d’herbes et de citrons séchés. Il est l'auteur d’un excellent risotto aux oignons, raisins et citron, d’un poulet épicé aux tagliatelles, tomates et coriandre, et d’un agneau mariné servi avec du riz basmati aux oignons et concombre au yaourt: un festival très travaillé de fusion food à l’omanaise. Très prisé par les gourmets. Service dirigé par Amal al-Kalbani, son épouse souriante.

De 40 à 60 euros.
Vins de tous pays.
Tél: +96890976666
 
  • Hôtel Shangri-La Al Jissah Resort & SPA

Ce vaste complexe hôtelier sur la mer, propriété de la famille Al-Zubair, comme le musée Baït al-Zubair à Mascate, comprend 750 chambres réparties sur trois beaux hôtels: Al-Bandar, Al-Waha et Al-Husn. Le dernier est le plus élégant: trois étages de chambres et de suites avec terrasses, piscine à débordement, plages privées, service attentionné, navettes vers le souk, la capitale et la Grande Mosquée. Impressionnants patios de marbre, terrasses face à la mer. Une dizaine de restaurants de cuisine du monde complètent le tableau pour un séjour paradisiaque. Déplacement avec chauffeur pour se rendre au restaurant.

Hôtel al-Husn. © Shangri-La Barr Al Jissah

  • Le Shahrazad

Spécialités marocaines, couscous, tajines, syriennes, libanaises, mezze froids et chauds, et omanaises, soupe de poissons aux légumes. Danseuse du ventre ukrainienne le soir. À partir de 50 euros et plus. Vins du Maroc et d’Afrique du Sud.

Plats servis au Shahrazad. © Shangri-La Barr Al Jissah

  • Le Capri Court

Sur la mer et sous le ciel omanais, une table italienne de qualité menée par le chef milanais Castellani: vitello tonnato, spaghetti vongole, langouste, homard, loup de mer frais, tiramisu. Barolo, Brunello, Chianti au verre. Service charmant. Peut-être la meilleure table du Shangri-La. Plein tous les soirs.

Restaurant Capri Court. © Shangri-La Barr Al Jissah

  • Bait Al Bahr

Le restaurant de poissons près de la plage: bisque de crustacés, brandade, langouste, huîtres, tout ce qui vient de la mer d’Oman. Bon Sauvignon de Nouvelle-Zélande. À partir de 60 euros.

  • Asia

Dans un décor de coffee shop, un choix de préparations nipponnes: sushis et sashimis, dégustation du pad thaï aux crevettes et nouilles, spécialités chinoises, canard de Pékin. Vins de tous pays. 60 euros et plus.

Nicolas de Rabaudy
Nicolas de Rabaudy (426 articles)
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