Monde

L'État islamique recule en Irak, mais se renforce en Syrie

Repéré par Robin Panfili, mis à jour le 19.01.2017 à 10 h 53

Repéré sur Vocativ, Le Monde

Les récentes offensives menées par l'État islamique en Syrie ont permis à l'organisation terroriste de gagner du terrain après de nombreux échecs militaires. Un retournement de situation qui pourrait mettre à mal la promesse de Trump de vaincre le groupe en seulement trente jours.

Un soldat syrien dans un quartier de la ville syrienne de Deir Ezzor, le 12 novembre 2016. Ayham al-Mohammad / AFP

Un soldat syrien dans un quartier de la ville syrienne de Deir Ezzor, le 12 novembre 2016. Ayham al-Mohammad / AFP

Pour l'État islamique, l'année 2016 a été marquée par de nombreuses défaites militaires. En Irak ou en Syrie, l'organisation terroriste a perdu près d'un quart de son territoire qu'il controlait jusque-là. Des pertes plus importantes qu'en 2015 –où l'État islamique avait perdu 14% de son territoire– et qui concernent des zones cruciales pour le groupe terroriste, soulignait une étude du cabinet d'analyse IHS Markit. 

Toutefois, ce recul s'observe surtout en Irak, précise Vocativ. Car, en Syrie, et notamment dans l'est du pays, l'État islamique reste puissant et gagne même du terrain. Depuis le 14 janvier, le groupe mène sa plus grande offensive militaire sur cette zone depuis un an. Celle-ci leur a permis, jusque-là, de prendre le contrôle de collines surplombant un aéroport militaire dans la périphérie de la ville syrienne de Deir Ezzor que l'État islamique contrôle à 60%. Un lieu stratégique puisque cette base aérienne abrite un QG et des stocks de munitions de l'armée syrienne, précise Le Monde.

Pour l'État islamique, l'objectif est simple: mettre la main sur les quartiers encore tenus par le régime de Bachar el-Assad –où habitent encore entre 100.000 et 200.000 personnes–, s'emparer des munitions et redorer son image après ses différentes revers, à Mossoul et ailleurs.

Le site Vocativ ajoute: 

«Cette attaque surprise montre que l'État islamique est encore loin d'être battu et se montre prêt à prendre l'avantage sur les forces militaires syriennes, russes et iraniennes étalées sur le territoire syrien. [...] Au-delà de la reconquête de quartiers tenus par les rebelles de grandes villes comme Alep, les forces Bachar el-Assad sont surétendues et épuisées après des années de combat et ont eu du mal à garder le contrôle de certaines dans certaines régions du pays.»

Profiter de l'étalement de l'armée syrienne

L'État islamique compte ainsi jouer de cette faiblesse et de cet étalement militaire. C'est ce qu'il s'est passé, en décembre 2016, lorsque le groupe terroriste a profité de l'engagement de l'armée syrienne à Alep pour lancer une offensive surprise visant à reconquérir le site antique de Palmyre, neuf mois après s'en être fait chasser. 

Outre la ville de Deir Ezzor, où l'État islamique gagne du terrain depuis le 14 janvier, le groupe terroriste maîtrise également une large partie de la province du même nom. Malgré ses défaites à répétition depuis 2015, l'État islamique reste présent et actif dans la province de Raqqa –où est situé la capitale autoproclamée du «califat»– et dans les régions d'Alep, d'Hama, de Damas, de Homs et dans le sud du pays, précise l'AFP.

Cette évolution du conflit est une «réalité peu confortable» pour la future administration de Donald Trump, note Vocativ. La situation pourrait chambouler le «plan secret» du président-élu qui avait promis de vaincre l'organisation terroriste en trente jours. Pour mener son combat contre l'État islamique, les États-Unis auront donc à changer leurs plans, mais également à composer avec la stratégie russo-syrienne qui semble aujourd'hui se focaliser davantage contre les rebelles que contre l'organisation terroriste.

À ce propos, lors d'une conférence à Bagdad, le 14 décembre, peu après la reprise de Palmyre par l'État islamique, le général américain Stephen Townsend, qui commande la campagne aérienne de la coalition anti-État islamique, a eu des mots durs à l'encontre des forces russes et syriennes, trop occupés à mener l'offensive contre les rebelles nichés dans l'est de la ville d'Alep:

«Ils ont échoué à consolider leurs gains et ont été distraits par d'autres éléments. Ils se sont détournés de notre objectif principal.» 

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