Monde

Au Soudan du Sud, les réseaux sociaux catalyseurs de la guerre civile

Repéré par Emeline Amétis, mis à jour le 19.01.2017 à 12 h 30

Repéré sur Buzzfeed

Un rapport des Nations Unies pointe du doigt l'essor des discours de haine et des sites de fausses informations.

Charles Atiki Lomodong / AFP

Charles Atiki Lomodong / AFP

La guerre civile au Soudan du Sud qui oppose l’ethnie des Dinka à celle des Nuer, a tué des dizaines de milliers de personnes, le plus souvent à l'occasion de sanglants nettoyages ethniques. Plus d’un million de réfugiés sud-soudanais ont fui le pays. Et selon un rapport des Nations Unies publié en novembre dernier et relayé par le site américain Buzzfeed, les réseaux sociaux ont joué un rôle catalyseur.

«Les réseaux sociaux ont été utilisés par les partisans de chaque camp, y compris par des hauts fonctionnaires, pour exagérer des incidents, répandre des mensonges, des menaces voilées et des encouragements aux meurtres explicites», peut-on lire dans ce rapport.

Même si la majorité de la population sud-soudanaise n’a pas accès à internet, les réseaux sociaux ont tout de même eu un impact disproportionné du fait que la plupart des auteurs de ces messages sont membres de la diaspora sud-soudanaise, «tenue en haute estime à son retour au pays», précise Buzzfeed.

«Entre les réseaux sociaux, le bouche-à-oreille, et finir une arme à feu ou une machette dans les mains, les liens sont assez évidents», déplore le chercheur Stephen Kovats depuis Berlin, où il travaille à combattre les discours de haine au Soudan du sud avec l’association #DefyHateNow.

«Allons-y et vengeons nous!»

«Les sites qui propagent de fausses informations et des discours de haine au Soudan du sud sont étonnamment similaires à ceux qui se sont propagés comme une trainée de poudre aux États-Unis, remarque Buzzfeed. Ces groupes localisés à l’étranger, soupçonnés d’être à but lucratif, ciblent le manque de connaissance médiatique et sont spécialistes des noms de sites confus pour partager de fausses informations et des images non-vérifiées.»

L’un des groupes Facebook, par exemple, s’appelle MirayaFM pour mieux désorienter ceux qui pensent que le groupe est affilié à la Radio Miraya, une station de radio officielle affiliée aux Nations Unies.

À ça s’ajoutent les groupes Facebook alimentés par des membres de tribus ou de groupes politiques et dans lesquelles pullulent discours de haine et encouragements au meurtre: «Ils peuvent poster des messages du style: "Toi de X tribu, qu’attends-tu? Telle tribu décime les nôtres, allons-y et vengeons nous"», selon James Bidal, un militant d’une association contre les discours de haine sur internet. «Les gens lisent ces messages et agissent sur le terrain», ajoute-t-il.

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