Monde

Emmanuel Macron, le chouchou de la presse anglo-saxonne

Repéré par Camille Desmaison-Fernandez, mis à jour le 19.01.2017 à 9 h 33

Repéré sur Foreign Policy, The New York Times, Bloomberg, The Financial Times, The Wall Street Journal

La presse américaine et britannique suit de près la campagne d'Emmanuel Macron, estimant que le candidat est le plus apte à sauver la France et l'Europe.

Emmanuel Macron en meeting à Lille le 4 janvier 2017 | DENIS CHARLET / AFP

Emmanuel Macron en meeting à Lille le 4 janvier 2017 | DENIS CHARLET / AFP

C'est «l'homme politique français, anglophone et germanophile que l'Europe attendait», selon Foreign Policy. Ce titre élogieux est pour Emmanuel Macron, l'homme qui, avec son mouvement En Marche, pourrait «sauver» la France selon le magazine. Étudiant en philosophie, banquier puis ministre de l’Economie... Le professeur d'histoire américain Robert Zarevtsky retrace le parcours d'Emmanuel Macron: un cursus et un jeune âge (39 ans) qui expliquent, selon lui, le fait qu’il «ne parle pas comme les autres candidats». Si Marine Le Pen fustigeait son choix de s’exprimer en anglais lorsqu’il était en visite Berlin la semaine dernière, l'auteur s'émerveille qu'il s'exprime si bien dans la langue de Shakespeare. La langue choisie par le candidat importe en effet, notamment dans un pays où «la crainte que la langue de Molière et de Pierre Corneille –et donc la place de la France– soit balayée par l’anglais» persiste. D'autant que les deux précédents présidents de la République précédents Nicolas Sarkozy et François Hollande avaient bien des difficultés à parler anglais. Emmanuel Macron est décrit comme le sauveur d'une France et d'une Europe qui s'embourbent dans des débats sécuritaires. Avec son programme ultra-libéral proche des aspirations américaines, il sort des débats classiques de l’élection présidentielle française.

Un libéral qui critique les 35 heures

Le programme centré sur l'économie de ce «consultant» pour la France plaît outre-atlantique. Le Financial Times parle de l'importance accordée à «l'économie et la promesse de raviver la mobilité sociale en France». Emmanuel Macron apparaît comme un candidat de la nouveauté. Dans son programme, il tambourine le bienfait d’un marché commun, d’une monnaie unique, et d’une confiance sans faille envers l’Europe. «Un engagement singulier» selon Foreign Policy, qui fait toute la différence. En ce qui concerne l’immigration, sa vision est se veut aussi différente. Il avait déclaré en août 2015 voir «une opportunité économique» dans l'arrivée des migrants, une grille de lecture intéressante aux États-Unis, quu comptait en 2014 14,381 % de migrants.

«Libéral sans excuse», il fait bouger la conception gaulliste et figée de l’État français, selon le New York Times. S’il attire les regards outre-atltantique, c’est parce que cette nouvelle tête entend secouer les «vaches sacrées» françaises pour le quotidien américain. Il est vu comme le porteur d’un projet très libéral et novateur, et sa déclaration les 35 heures «ne doivent plus être mises sur un piédestal».

Déjà lorsqu'il est ministre de l'économie, Emmanuel Macron était la coqueluche des médias américains. Le Wall Street journal salue aussi ses déclarations sur les 35 heures, tandis que le New York Times rappelle qu'il a touché au statut des fonctionnaires. En effet, lorsqu'il est ministre de l'Economie, Emmanuel Macron déclare que le statut des fonctionnaires n'est «plus justifiable» d’après des propos rapportés par Challenges. S'attaquant aux traditions françaises que les États-Unis pensent archaïques, Emmanuel Macron s’attire les louanges de la presse américaine, qui de surcroît souligne sa prouesse d’être aujourd'hui crédité de 2016 à 20% d’intentions de vote, alors qu’il est le produit du monde de la finance, dédaigné par les Français. Pour le Financial Times, la montée en puissance d’Emmanuel Macron «électrise» l'élection française.

Le New York Times parle «d’attraction magnétique». Bloomerg voit en Emmanuel Macron le troisième homme de la campagne présidentielle –faisant de plus en plus d'ombre à François Fillon et Marine Le Pen– et comptera forcément plus que le candidat sortant de la primaire de la Belle Alliance Populaire. Emmanuel Macron apparaît comme la figure du changement, comme Barack Obama l’avait été en 2008. Une figure de changement qui, selon Foreign Policy, suscite l'espoir, «contrairement à ce qu'il s'est passé en Grande-Bretagne et aux États-Unis» après le Brexit et l'élection de Donald Trump. Dans un autre article, le Financial Times expose encore son optimisme quant à la candidature d'Emmanuel Macron, «une antidote à la vague populiste anti Union Européenne». 

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