Science & santé

À partir de quand est-on trop défoncé au cannabis pour conduire?

Repéré par Emeline Amétis, mis à jour le 18.01.2017 à 15 h 11

Repéré sur The Marshall Project

Les fumeurs, réguliers ou pas, gardent le THC dans le sang pendant des jours voire des semaines après avoir fumé alors qu’ils ne sont déjà plus sous l’influence du cannabis depuis longtemps.

FRANCOIS GUILLOT / AFP

FRANCOIS GUILLOT / AFP

S’il est légitime de suspecter l’ivresse d’un conducteur quand on le voit incapable de marcher en ligne droite, les mêmes tests pour déterminer s’il est sous l’emprise du cannabis ne font pas consensus dans la communauté scientifique, selon The Marshall Project. «Peu des outils dont disposent les policiers pour l'alcool existent pour le cannabis», déplore le site d’information.

Si la plupart des études sur le sujet démontrent que la consommation de cannabis n'est pas sans effet sur l’aptitude à être au volant d’une voiture, la perturbation semble comparable à conduire avec un taux d’alcoolémie en dessous de la limite autorisée, d’après The Marshall Project —le risque étant bien plus grand si les deux substances sont combinées.

«Le risque d’accident est si minime que l’on peut le comparer à la conduite de nuit», selon Rune Elvik, un scientifique de l’université d’Oslo qui a dirigé plusieurs études sur les risques de la conduite sous l’emprise de drogues.

Fumeur occasionnel ou régulier

En France, comme dans la plupart des pays occidentaux, la science et la justice ont établi un lien direct entre le nombre de verres d’alcool, le taux d’alcoolémie dans le sang et le risque d’accident. Mais quand il s’agit du cannabis, les scientifiques ne parviennent pas à déterminer quelle quantité ou quelle concentration il faut pour rendre une personne «défoncée».

Le niveau de THC –le tetrahydrocannabinol, le composant moléculaire aux propriétés psychoatives– atteint rapidement son pic après la consommation. Il décline tout aussi rapidement dans les heures qui suivent. Mais les fumeurs, réguliers ou pas, gardent le THC dans le sang pendant des jours voire des semaines après avoir fumé alors qu’ils ne sont déjà plus sous l’influence du cannabis depuis longtemps.

«Si on arrête quelqu’un qui s’est juste essayé au cannabis ou qui en fume occasionnellement, il y a de grandes chances pour qu’il lui reste un peu de THC dans le sang», affirme Nicholas Lovrich, scientifique à l’université de Washington.

Or, ce résidu de THC peut suffire à ce qu’un contrôle tourne à la défaveur du conducteur. Aux États-Unis, où une trentaine d’États ont légalisé l’usage récréatif et/ou médical du cannabis, certains États spécifient un seuil de THC à ne pas dépasser.

En France, en cas de contrôle positif au cannabis, sa simple détection au dépistage qualifie l’infraction et ce peu importe le taux de THC dans le sang ou dans les prélèvements salivaires. À la clé, suspension immédiate —mais provisoire– du permis de conduire, retrait de points, amende et inscription du délit au casier judiciaire… Mais à la différence des États d’Amérique du nord précités, la consommation de cannabis est encore strictement interdite sur le territoire français.

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