Culture

Quand un architecte imaginait une ville souterraine pour s'abriter des bombes atomiques

Repéré par Xavier Ridel, mis à jour le 18.01.2017 à 8 h 11

Repéré sur Atlas Obscura

Le projet semble un peu irréalisable, mais n'en demeure pas moins beau et intéressant.

Détail : "Plans for an underground nuclear shelter", d'Oscar Newton. Paru dans "You Are Here: NYC: Mapping the Soul of the City", publié par Princeton Architectural Press.

Détail : "Plans for an underground nuclear shelter", d'Oscar Newton. Paru dans "You Are Here: NYC: Mapping the Soul of the City", publié par Princeton Architectural Press.

Si les relations diplomatiques en venaient à dégénérer au point de ressortir la bonne vieille arme nucléaire, l'esquisse architecturale pour s'en préserver est déjà prête. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, Oscar Newman, un architecte américain, avait envisagé cette option et dessiné les plans d’une ville souterraine. Celle-ci se trouvait sous New York et avait une étrange forme de sphère.

Plans for an underground nuclear shelter. paru dans You Are Here: NYC: Mapping the Soul of the City, publié par Princeton Architectural Press. FROM ESQUIRE, DEC 1969 / COURTESY JF PTAK SCIENCE BOOKS / COURTESY OF PRINCETON ARCHITECTURAL PRESS
 

Plus qu’une simple œuvre d'art

Le croquis, qui avait sans doute une vocation artistique plus qu’architecturale, avait été publié dans le numéro d’Esquire paru en décembre 1969. Il s’intitulait «Plan for an underground nuclear shelter». Le projet esquisse donc les contours d’une gigantesque ville aux parois de métal et à la forme de sphère, au sein de laquelle tout semble pensé et organisé. Si l’ensemble est très beau, s’arrêter à la valeur esthétique de l’œuvre serait une erreur. Interrogée par Gizmodo, Katharine Harmon, auteure du livre Mapping the Soul Of The City, y voit une forme de «cartographie créative»:

«Les cartes nous permettent d’explorer de nouveaux territoires, dont ceux produits par la seule force de l’imaginaire. Newman utilise ses compétences d’illustrateur pour créer un concept à la fois pratique (protéger les population d’une guerre nucléaire) et peu pratique (il faudrait bien creuser la cavité, et ce serait fait avec des détonations nucléaires). Le dessin est à la fois sérieux et fantaisiste.»

Outre Hiroshima et Nagasaki Newman aurait été particulièrement influencé par les essais nucléaires des années 1960, notamment le Storax Sedan, en 1962. Soit le plus grand cratère créé par l’homme aux États-Unis.

Une organisation méticuleuse

De par son travail, Newman avait bien entendu les connaissances nécessaires pour dresser les plans d’une ville imaginaire et la construire de manière vraisemblable. L’ensemble se décompose ainsi en trois parties. En haut, New York est cernée de filtres à air, servant sans doute à donner de l’oxygène aux habitants souterrains. La question semblait obséder l’artiste, qui affirmait à ce sujet:

«Le véritable problème, c’est qu’une ville souterraine manquerait d’air frais et de vue sur l’extérieur, donc il faudrait que nous ayons un accès facile vers la surface (…) et que notre air soit filtré.»

La cité-abri atomique est composée, elle, de rangées d’immeubles et de rues. Au-dessus, un espace vide la surplombe, et on observe dans ce ciel de métal un hélicoptère qui vole, ou encore le sigle de Coca Cola diffusé dans le ciel à la façon de Batman. Enfin, sous cette cité imaginaire, des ateliers et/ou des engrenages semblent être prévus pour approvisionner les habitants en énergie. Une fantaisie qui, à court terme, gagnerait à le rester.

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