Culture

Trump, le maître des illusions... perdues

Temps de lecture : 2 min

[BLOG] Jamais depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'avenir ne nous est apparu si trouble, si incertain, si équivoque. L'avènement de Trump sonne comme un brutal et douloureux retour en arrière.

Trump | João Martinho via Flickr CC License by
Trump | João Martinho via Flickr CC License by

Il existe quelque chose d'infiniment triste dans l’avènement de Donald Trump. De cette tristesse de voir les hommes répéter les mêmes erreurs à travers les âges, d'adhérer aux mêmes sornettes, de recommencer encore et toujours la même danse avec des marchands d'espérance qui, avec une témérité folle, plongent le monde dans la nuit noire d'une désespérance infinie, et sous couvert de parler en son nom, amènent le peuple à pactiser avec ses pires démons.

Voir ce personnage imbu de lui-même, autoritaire, brutal, tristement burlesque, fabuleusement inculte, crassement vulgaire, s’apprêter à accéder à la présidence des États-Unis sonne comme la fin d'un monde: voilà que nous entrons dans une ère où désormais l'impossible redevient possible, où s'ouvrent grandes les portes d'une folie capable d'emmener tout sur son passage, où nous redécouvrons ahuris et amers la capacité de l'homme à se saborder lui-même.

Comme si au fond, l'histoire n'était qu'un perpétuel cauchemar, l'éternel recommencement d'une lutte sans merci entre ceux désireux d'aider les hommes de bonne volonté à se réaliser dans la concorde d'une société tournée vers le progrès et la solidarité, et ceux toujours prompts à nous conduire dans les basses eaux d'une humanité saturée d’égoïsme, détrempée de haine, obsédée par l'assouvissement de ses instincts les plus primaires.

Il y a quelque chose de crépusculaire dans l'ascension de Donald Trump, une sorte de morbidité qui nous saisit à la gorge et nous empêche presque de respirer: jamais depuis la fin de la seconde guerre mondiale, l'avenir ne nous est apparu si trouble, si incertain, si équivoque et dans ce clair-obscur propice à toutes les folies, au beau milieu de ce ciel froncé, parmi les sanglots de nos idéaux perdus, nous entendons déjà tonner au loin les coups de canon marquant la fin de la récréation.

Une page se tourne, un autre chapitre débute, mais avant même que l'histoire ne s'écrive nous sommes déjà fatigués: nous voyons arriver les vents mauvais du protectionnisme, de la mise au pas des libertés publiques, du rétablissement d'un ordre nouveau sous couvert duquel, si nous n'y prenons garde, tôt ou tard, nous assisterons à la stigmatisation d'hommes et de femmes simplement coupables d'avoir une couleur de peau différente ou des croyances autres.

Ainsi se défont des civilisations: quand soudain l'homme oublie l'unicité de son humaine condition pour se proclamer supérieur ou indifférent au sort de son voisin.

Nous y sommes presque: à nous d’empêcher l'inéluctable de se produire.

À suivre...(Hélas!)

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Laurent Sagalovitsch romancier

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