Allemagne

Les Allemands ont peur du site Breitbart

Sumi Somaskanda, traduit par Hélène Oscar Kempeneers, mis à jour le 17.01.2017 à 11 h 06

Le site anti-establishment préféré de Donald Trump pourra-t-il secouer un paysage médiatique allemand très guindé, et pousser Angela Merkel vers la sortie?

Angela Merkel à Bruxelles, le 15 décembre 2016 | JOHN THYS / AFP

Angela Merkel à Bruxelles, le 15 décembre 2016 | JOHN THYS / AFP

En octobre, une étudiante de dix-neuf ans est violée et tuée dans la ville de Fribourg, dans le sud de l'Allemagne. Son corps est ensuite jeté dans une rivière. Un mois plus tard, la police arrête un réfugié afghan âgé de 17 ans. Il s'agit en fait d'un criminel condamné pour tentative de meurtre en Grèce en 2013. Il a été relâché après avoir purgé une peine de deux ans sur les dix prévus par sa condamnation. Il s'est ensuite introduit en Allemagne sous le prétexte d'une demande d'asile.

Ce crime est-il un fait d'actualité? Ça dépend pour qui. Par exemple, son arrestation n'a pas été mentionnée dans le principal journal télévisé du pays, «Tagesschau». À l’époque, le rédacteur en chef s’en était justifié en expliquant que les faits divers locaux étaient rarement traités à la télévision nationale, et que celui-ci ne ferait pas exception. Dans un premier temps, l'hebdomadaire national Die Zeit en a fait de même pour la même raison, en ajoutant qu'ils n'avaient rien publié quand la jeune fille a disparu ou quand on a retrouvé son corps, avant de connaître l’identité du responsable.

Mais la décision de «Tagesschau», en particulier, a suscité l'indignation dans certains cercles. De grandes personnalités politiques ont même accusé l'émission de jouer le jeu de l'extrême-droite. «Le silence ne sert à rien, il ne fait qu'aggraver les choses», a déclaré Julia Klöckner, la vice-présidente de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU), le parti de la chancelière Angela Merkel, au quotidien Bild. Ansgar Heveling, un autre membre du CDU et de l'assemblée parlementaire allemande, a trouvé regrettable que cette omission puisse être interprétée comme une volonté de protéger un jeune demandeur d'asile, en ajoutant que «donner cette impression serait fatal».

Ce n'était ni la première, ni la dernière fois que les médias de l'establishment étaient critiqués pour leur traitement de la crise des migrants en Allemagne. Quand des milliers de femmes ont été braquées et agressées sexuellement dans la gare de Cologne le soir du Nouvel An 2015/2016 par une bande d'hommes immigrés, l'histoire a été relayée par des médias régionaux. Mais certains médias nationaux ont donné l'impression d'ignorer l'incident dans un premier temps, et d'exprimer une certaine réticence à dire que des demandeurs d'asile étaient impliqués, ce pourquoi ils ont été fustigés pendant plusieurs semaines. Le mois dernier, après l'attaque du camion sur un marché de Noël de Berlin, les diffuseurs publics ont encore une fois essuyé des critiques, cette fois parce que CNN a pris l'antenne une heure plus tôt et fait plus rapidement le lien avec une attaque terroriste. Les rédactions allemandes ont répondu qu'elles attendaient d'avoir plus d'informations pour diffuser autre chose que des spéculations. Pourtant, ça a tout de même donné des armes à leurs détracteurs de droite.

«Comment doit-on gérer ça?»

Sylke Tempel, une correspondante de longue date du Moyen-Orient pour les médias allemands et la rédactrice en chef du magazine politique Internationale Politik, a expliqué que les journalistes de nombreux médias grand public ont le sentiment que la crise des migrants les place dans une position impossible. «Les journalistes savent que les gens penseront qu'ils tentent de masquer la vérité, alors qu'en fait ils ne parlent pas non plus des cas similaires où des réfugiés ne sont pas impliqués. Comment doit-on gérer ça? C'est une question très complexe.»

Cette complexité est fondée sur le sens du devoir et la conscience professionnelle des journalistes allemands, qui, traditionnellement, s'intéressent moins au buzz qu'au maintien du consensus national sur les valeurs libérales et démocratiques. Les Allemands se sont rarement plaints du journalisme toujours très convenable et parfois un peu barbant qui en découle. Ils n'avaient pas vraiment le choix non plus, mais c'est peut-être sur le point de changer.

Du choix, c'est précisément ce que Breitbart, un site américain d'actualités explicitement de droite et anti-establishment, souhaite apporter. En novembre, juste après la victoire de Donald Trump, la société de médias a annoncé qu'elle comptait se lancer en Allemagne et en France. Breitbart a l'air de penser que le paysage médiatique du pays, tout comme le gouvernement de Merkel, est prêt à l'accueillir. Le soutien croissant des Allemands pour les mouvements anti-migrants montre que c'est peut-être le cas. Le mouvement anti-Islam Pegida comptait déjà des dizaines de milliers d'adhérents au début de l'année 2015, et le parti de droite populiste Alternative pour l'Allemagne (AfD) a profité de ce même dynamisme et a déferlé sur les élections régionales. Pendant ce temps-là, un article publié la semaine dernière sur la version américaine de Breitbart racontait qu'une bande de musulmans avait mis le feu à une église dans la ville de Dortmund le soir du Nouvel An. Cet article, complètement faux, a fait le tour du net en Allemagne, si bien que les autorités municipales ont été forcées de rétablir la vérité.

En revanche, on ne sait pas encore si les Allemands voudront de cette perturbation, qui est la marque de fabrique de Breitbart. Après tout, les Allemands sont connus pour leur amour des règles, et si Breitbart est connu pour quelque chose, c'est bien pour son habitude de les enfreindre.

Des objectifs politiques

L'automne dernier, Alexander Marlow, le rédacteur en chef de la version américaine de Breitbart, a informé l'agence de presse Reuters que son entreprise était en train de recruter une équipe de rédaction en Europe continentale. Ce développement était motivé par des objectifs commerciaux, mais aussi politiques: avant toute chose, aider à consolider le sentiment anti-migrant et anti-establishment en Europe de l'ouest, et à faire élire des candidats de droite. Cette année, l'Allemagne et la France se rendront aux urnes pour des élections nationales clé.

Ces plans d'expansion ne sont pas passés inaperçus en Allemagne. Dans la ville d'Heidelberg, l'AfD a répondu avec enthousiasme: «Breitbart arrive en Allemagne. Formidable! Ce sera un vrai tremblement de terre dans notre paysage médiatique défraîchi», a tweeté l'AfD d’Heidelberg.

Dans d'autres cercles, en revanche, l'arrivée imminente d'un site d'information aux visées politiques, et accusé de répandre des idées racistes et antisémites, a provoqué peur, scepticisme et mépris. Le quotidien berlinois Tagesspiel a estimé que cette décision était une «expansion multipliée par l'agitation»; «Tagesschau» a diffusé un reportage qui décrivait Breitbart comme «une plateforme pour la suprématie blanche»; l'éditeur et blogueur Christoph Kappes a annoncé qu'il allait lancer un site de veille pour traquer et s'opposer au contenu et à l'influence de Breitbart. Dans son manifeste, il met en garde les Allemands: «Breitbart combine des reportages dignes d’un tabloïd avec un objectif politique et une marque très connue. On n'a encore jamais vu ça en Allemagne.»

Les médias d'information allemands sont enracinés dans une tradition d'après-guerre de reportages neutres, équilibrés et exprimant diverses opinions (tant que ces reportages sont conformes à la politique commune d'après-guerre, qui évite le nationalisme explicite et privilégie un consensus poli).

Pour ce faire, l'Allemagne dispose de lois sur la protection de la vie privée et sur les discours de haine bien plus fermes que celles des États-Unis. Il existe également tout un ensemble d'observateurs informels, comme le Conseil de presse allemand ou Bildblog. À l'origine, ce site avait pour but de décortiquer les reportages sensationnels ou peu rigoureux du plus grand quotidien allemand, Bild. Depuis, il s'est fait une place dans le paysage médiatique allemand. Mais comme le Conseil de presse, il a pour objectif de veiller à l'application des standards politiques et professionnels des médias allemands.

Le code de conduite du journaliste allemand

Mais certains de ces standards sont en désaccord avec le devoir de coopérer avec l'establishment en maintenant le statu quo politique durement gagné du pays. Une pratique largement acceptée par les journalistes allemands (et qui serait une abomination pour les journalistes américains) est l'autorisation de citation, qui veut que le journaliste, à l'issue de l'interview, ait besoin de l'autorisation finale de l'interviewé pour pouvoir la publier. Les journalistes ont donc l'habitude que leurs interviews soient très largement modifiées, voire complètement annulées par des attachés de presse.

Les journaux allemands ont beau représenter tout le spectre politique courant, de l'extrême-gauche avec Taz, aux quotidiens nationaux Süeddeutsche et Die Zeit au centre, jusqu'aux plus conservateurs FAZ et Die Welt, ils ne s'éloignent jamais vraiment du code de conduite journalistique du pays, même dans leurs éditoriaux. Ansgar Koreng, un avocat qui représente de grands journaux allemands, explique que les cas d'attaques personnelles à l'encontre de politiciens ou de personnalités sont plutôt rares dans les médias établis. Certains journalistes et personnalités politiques de l'establishment ont également pour habitude d'entretenir une culture de fraternisation et de faveurs mutuelles, selon Kuno Haberbusch, du groupe d'investigation Netzwerk Recherche.

«Tagesschau», le journal télévisé national qui s'est attiré les foudres après sa décision concernant le meurtre de Fribourg, est l'archétype du journalisme produit dans le paysage médiatique allemand. Programme phare d'ARD, une des trois grandes chaînes publiques allemandes, «Tagesschau» est traditionnellement le moteur des actualités nationales et du débat public. Les chaînes sont rémunérées en partie par une redevance obligatoire s'élevant à 17,98 euros par mois et payée par les résidents, les entreprises et les institutions, ce qui leur permet d'employer tout un réseau de correspondants dans le monde entier et de mener des enquêtes spéciales.

Mais le succès de «Tagesschau» est aussi dû à la convenance manifeste de ses émissions: des présentateurs sobres qui lisent les dernières nouvelles du monde, souvent sur des notes en papier; rien de spectaculaire ou de théâtral, et le tout accompagné de graphismes stériles et raisonnables. Le public et les autres journalistes allemands ont tendance à associer cette esthétique à un discours digne de confiance.

Tout comme la progression de l'AfD qui suggère un mécontentement croissant devant l'establishment politique, certains signes montrent que les Allemands en ont peut-être assez de l'approche nationale de l'actualité. Les diffuseurs publics en particulier ont été accusés de délaisser leurs standards journalistiques en faveur d'un activisme évident, et des groupes de droite affirment même que les grandes chaînes étouffent certaines affaires pour couvrir les demandeurs d'asile et la politique d'immigration de Merkel. Pendant l'été 2015, par exemple, ils ont diffusé des images de familles de réfugiés désespérés en train d'entrer en Allemagne; l'AfD a saisi ses images comme une preuve de leur parti pris, puisque la majorité des migrants étaient en réalité des jeunes hommes.

Selon Lutz Frühbrodt, un professeur de communication à l'université des sciences appliquées de Würzburg-Schweinfurt et grand analyste des médias, certains diffuseurs publics jouent bien le jeu politique en faveur du parti au pouvoir en entretenant des liens étroits avec lui, mais ce n'est pas une généralité. «Ils produisent également un grand nombre d'enquêtes exclusives qui critiquent le gouvernement et les entreprises», précise-t-il. «Il serait absurde de les mettre au même niveau que les médias d'État en Pologne, en Russie ou en Turquie.»

Pourtant, dans une étude de 2014 sur la consommation des médias, environ 54% des sondés ont affirmé qu'ils accordaient «peu de confiance« aux médias. Une autre étude plus complète conduite en 2016 par l'institut TNS Emnid basé à Munich a montré qu'un tiers des Allemands interrogés considéraient encore que les médias étaient libres et indépendants. Les autres pensaient que les informations étaient davantage contrôlées par le gouvernement, les grandes entreprises et la publicité. Déjà en 2008, l'émission Zapp regrettait de voir qu'un sondage plaçait les journalistes dans la même catégorie que les vendeurs de voiture ou les agents immobiliers: indignes de confiance.

Un pari

La démarche de Breitbart est un pari. Y a-t-il vraiment une demande en Allemagne pour un média de droite en plus de ceux qui existent déjà?

À son lancement aux États-Unis en 2007, Breitbart était avant tout un site en marge, et il l'est resté pendant des années. Selon une étude du Pew Research Center, seuls 3% des lecteurs américains suivaient l'actualité sur Breitbart en 2014. Mais sa part de marché dans le lectorat américain a augmenté progressivement avec la fragmentation du paysage politique. Le succès de Trump et de son conseiller Steve Bannon, le PDG de Breitbart, a permis au site d'atteindre des sommets d'influence. En 2014, il est lancé à Londres, où il soutient l'ascension du parti populiste et nationaliste pour l'indépendance du Royaume-Uni, et devient de plus en plus populaire, en même temps que le vote pour sortir de l'Union européenne en juin dernier.

Le but est avant tout de gagner de l'argent, et non pas de représenter une position politique en particulier

Christophe Classen, chercheur spécialiste des médias à Postdam

Quand Breitbart arrivera en Allemagne, il n'aura pas autant de concurrence qu'en Grande-Bretagne, où il existe déjà des médias conservateurs à scandales bien plus établis. Bild, l'équivalent allemand le plus proche des tabloïdes anglais, a construit son modèle sur des titres accrocheurs et des histoires à sensation, et il est souvent critiqué pour ses sous-entendus nationalistes. Mais Bild est bien loin de l'influence idéologique et anti-establishment de Breitbart, ou même de la presse britannique de Rupert Murdoch. Christoph Classen, un chercheur spécialiste des médias et de l'information du Centre pour l'Histoire contemporaine de Potsdam, en Allemagne, estime que les tabloïdes sont populistes au sens le plus propre du terme, parce qu'il s'agit d'un indicateur de l'opinion publique.

«Le but est avant tout de gagner de l'argent, et non pas de représenter une position politique en particulier, a-t-il expliqué à Foreign Policy. C’est évident quand on voit qu’ils expriment des opinions complètement différentes et qui changent relativement souvent. Par exemple, sur la politique des réfugiés, ils ont encouragé la culture de l'accueil pendant un certain temps. On n'aurait jamais vu ça dans un journal de droite.»

Mais l'Allemagne a déjà connu l'arrivée d'organes de presse conservateurs plus modestes, qui ont eux aussi voulu profiter de la progression du sentiment anti-establishment. Tichys Einblick, un site d'information et d'opinion, a débarqué sur la scène conservatrice il y a quelques années. Il a été fondé par Roland Tichy, l'ancien rédacteur du Business Week allemand (WirtschaftsWoche). Celui-ci rejette les étiquettes de l'anti-establishment et de la droite, mais explique qu'il a su reconnaître une demande chez les lecteurs qui, comme lui, sont à mi-chemin entre les idées libertaires et le conservatisme social. En quelques années, selon lui, son site aurait amassé 600 -?000 lecteurs et une équipe loyale d'auteurs et de collaborateurs.

Un peu plus à droite, Compact Magazine est anti-euro, anti-réfugiés et, selon Die Zeit, le «magazine des insatisfaits». Pour ceux qui le soutiennent, Compact, qui est tiré à 85.000 exemplaires, représente la résistance contre des journaux grand public libéraux et biaisés. Pour ceux qui le critiquent, c'est un tabloïde véhément et très politisé qui véhicule des théories conspirationnistes. Il existe d'autres revues similaires, comme Kopp, Epoch Times et PI News (pour «politiquement incorrect»).

Le respect des règles

Malgré le manque grandissant de confiance en les médias établis, l'étude citée précédemment sur la consommation médiatique indiquait également qu'une majorité significative des personnes interrogées continuaient de s'informer sur les chaînes publiques ou dans les journaux traditionnels. Pourtant, cette étude plaçait tout de même un tiers des sondés dans la catégorie des «sceptiques», c'est-à-dire des Allemands qui exprimaient un malaise par rapport à l'état actuel du pays. Dans cette catégorie, la majorité des gens obtenaient leurs informations sur des réseaux sociaux ou sur des chaînes payantes.

De nombreux Allemands ont peur de Breitbart

 

C'est parmi les sceptiques que Breitbart a le plus de chance de trouver un public, surtout avec ses ressources, son influence mondiale et (grâce à Bannon) la popularité grandissante de sa marque auprès de l'AfD et de ses partisans.

Tichy ne considère pas le site américain comme un concurrent, mais estime que sa présence va le forcer à redéfinir l'identité de son site. «De nombreux Allemands ont peur de Breitbart, explique-t-il. Les gens verront bien ce qu'il se passera quand la vraie droite, financée par l'argent des médias, débarquera.»

D'un côté, Tichy affirme qu'il y a de la place en Allemagne pour un site comme Breitbart, mais il pense également qu'il ne sera pas facile pour une société médiatique américaine de s'installer ici. Même si Breitbart parvenait à embaucher suffisamment d'auteurs et d'employés, les Allemands se montreront naturellement sceptiques devant un site étranger, surtout s'il ne possède pas les compétences culturelles pour intéresser les utilisateurs et les lecteurs allemands. «Ce n'est pas simple de fonder une organisation médiatique internationale, parce qu'au final, tous les médias sont locaux. Ils devront apprendre à marcher et à parler comme des Allemands», explique-t-il.

Pourtant, certains ont déjà commencé à préparer l'arrivée de Breitbart. Die Zeit a lancé un blog appelé «Glashaus», en français la verrerie, qui cherche à lever le voile et à offrir aux lecteurs un aperçu des décisions quotidiennes qui sont prises au sein d'une rédaction pour choisir les actualités à traiter. Cette volonté d'apporter plus de transparence survient au moment où l'Allemagne se prépare pour une bataille électorale qui s'annonce farouche. On ne sait pas encore quel rôle Breitbart prendra dans un écosystème médiatique où la politesse règne depuis longtemps. Les médias allemands ont, de façon générale, toujours respecté les règles. Aujourd'hui, l'engagement de la société allemande vis-à-vis de ses traditions va être mis à rude épreuve.

«Quand quelqu'un opère aussi ouvertement en dehors du système, on ne peut pas mesurer son effet», a expliqué Lutz Tillmanns, le directeur du Conseil de presse, dans une récente interview au «Tagesschau». «Cette question fait partie d'une discussion plus générale sur la société. Est-ce que ce type de société a vraiment envie de ce type de média?»

Sumi Somaskanda
Sumi Somaskanda (1 article)
Journaliste basée à Berlin
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