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Chez les hippocampes et consorts, les rapports mâle/femelle sont inversés (mais pas tout à fait)

Repéré par Peggy Sastre, mis à jour le 16.01.2017 à 16 h 07

Repéré sur Behavioral Ecology and Sociobiology, NIMBioS

Chez les aiguilles ou vipères des mers, si les femelles se battent pour les mâles, la taille de ces derniers compte aussi.

 Planche extraite d'«Ichthyologie –Histoire naturelle des poissons», 1796 | BioDivLibrary via Flickr CC License by

Planche extraite d'«Ichthyologie –Histoire naturelle des poissons», 1796 | BioDivLibrary via Flickr CC License by

À première vue, l'univers des syngnathidés semble construit sur un rapport de genre à l'opposé de la normale (statistique) du reste du monde vivant: chez les hippocampes et leurs cousines vipères et aiguilles des mers, ce sont les femelles qui se livrent une âpre concurrence pour l'accès aux mâles, chargés quant à eux de la gestation. Sauf que des scientifiques viennent de réaliser que les choses pourraient être encore plus complexes, tant certains traits issus d'une sélection sexuelle «classique» fonctionnent chez ces poissons: chez les syngnathus typhle mâles, aussi, la taille compte.

Dans la famille des syngnathidés, les traits sexuels secondaires propres aux mâles dans la majorité des espèces caractérisent les femelles: en particulier, ce sont elles qui sont les plus colorées et les plus grosses. Et comme le veut la théorie de la sélection sexuelle, ces traits s'expriment chez les femelles parce que les mâles les apprécient. De fait, plus les syngnathus typhle femelles sont grandes et chatoyantes, plus elles réussiront à engrosser des mâles, c'est-à-dire à transférer leurs œufs dans leur poche incubatrice. Les syngnathus typhle mâles n'hésitent d'ailleurs pas à avorter les embryons des femelles qu'ils trouvent trop moches et rachitiques.

Une question de taille

Reste qu'une équipe de trois chercheurs affiliés aux universités du Tennessee et du Texas, aux États-Unis, et d'Uppsala, en Suède, vient de démontrer que les mâles les plus grands sont les premiers à tomber enceints. Une avance dans la saison des amours qui leur offre un avantage reproductif, vu que leur descendance a de meilleures chances de survie.

«D'un point de vue scientifique, explique Sarah Flanagan, l'auteure principale de l'étude, les syngnathidés sont très intéressants car ils offrent l'opportunité unique de pouvoir étudier la sélection sexuelle à l'envers, ce qui peut nous en apprendre énormément sur l'impact de la variation sur les stratégies et les succès reproductifs.» 

Les mâles les plus grands génèrent des embryons eux aussi plus conséquents qui, s'ils sont plus gourmands en énergie que les embryons plus petits, issus de mâles du même calibre, présentent moins de risque de se faire boulotter par des prédateurs avant d'avoir eux-mêmes atteint leur maturité sexuelle.

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