Allemagne

La «souris», le panzer géant dont rêvait Hitler

Repéré par Annabelle Georgen, mis à jour le 15.01.2017 à 18 h 56

Repéré sur Spiegel.tv, Die Welt

Bien trop lourd, il n'a jamais pu être mis en service.

Adolf Hitler et Benito Mussolini à Venise en 1934 | Istituto Nazionale Luce via Wikimédia CC License by

Adolf Hitler et Benito Mussolini à Venise en 1934 | Istituto Nazionale Luce via Wikimédia CC License by

Sans ses panzers, Hitler n'aurait jamais remporté le Blitzkrieg. Mais force lui fut de constater, au fur et à mesure que l'Allemagne nazie s'enfonçait dans la guerre, que les chars de combat de type III et IV, qui étaient alors utilisés par la Wehrmacht, ne faisaient pas le poids face à ceux de l'Armée rouge, qui s'était doté d'un puissant modèle baptisé T-34 à partir de 1940, comme on peut le lire dans un article paru en 2012 dans le quotidien Die Welt.

C'est ce qui explique en partie pourquoi Hitler s'est rué dans une course à l'armement pendant la Seconde guerre mondiale, pressant ses ingénieurs de concevoir des armes toujours plus puissantes et colossales, comme on peut le voir dans ce documentaire de la BBC sur les «Wunderwaffen» diffusé cette semaine sur Spiegel.tv, ces armes conçues par les nazis qui étaient censées assurer la victoire de l'Allemagne sur les forces alliées et étaient à ce titre désignées sous le terme d'«armes miraculeuses».

Au blindé V, surnommé la «panthère», succéda bientôt le «tigre», qui fut mis en service à l'été 1942 et qui avec ses dimensions imposantes – il pesait 57 tonnes, soit 2,5 fois plus que le panzer III – fut un succès sur le front de l'Est comme de l'Ouest. «Le panzer tigre était un sérieux problème pour les alliés, il était plus lourd et plus puissant que tout ce dont disposaient les forces de l'Ouest», explique le professeur Brian J. Ford, auteur du livre Secret Weapons. Au point que le terme de «tigrophobie» fit son apparition dans le jargon des troupes alliées.

Mais Hitler n'était toujours pas satisfait. En proie à sa folie des grandeurs habituelle, il voulait un char de combat plus grand, plus lourd, plus impressionnant. Et ce alors que le «tigre» était déjà assez lent, bien trop gourmand en carburant et que la complexité de sa construction rendait sa production très lente.

«Une idée complètement absurde»

C'est l'ingénieur Ferdinand Porsche, qui est resté célèbre pour avoir inventé la célèbre Coccinelle de Volkswagen mais qui, à cette époque, était dévoué aux projets militaires des nazis, qui concevra les plans de ce panzer qui devait être le plus colossal du monde. Baptisé d'abord le «mammouth», ce char de combat sera finalement surnommé ironiquement la «souris» («Maus») pesait 188 tonnes et pouvait embarquer un équipage de six hommes. Il était doté d'un canon d'un calibre de 12,8 centimètres, ce qui dépassait déjà tous les standards de l'époque, mais cela non plus ne suffisait pas à Hitler, qui ordonna qu'il soit remplacé par un canon d'un calibre de 150 mm, et en commanda 150 exemplaires. Mais seuls deux prototypes furent construit: le tank était si lourd qu'il ne pouvait pas traverser les ponts, ce à quoi les ingénieurs voulaient pallier en le dotant d'un tuba géant qui lui permettrait de franchir les rivières sous l'eau!

Mais surtout, la «souris» était très lente (13 km/h) et très voyante, ce qui en faisait une cible facile pour les forces aériennes alliées. Le projet fut donc abandonné en 1942. Et jamais un blindé de dimensions si colossales ne fut construit par la suite, explique David Willey, directeur du Bovington Tank Museum:

«En 1945, les Russes ont saisi les deux panzers. Ils ont tiré dessus et observé le résultat. Les Russes ont vite réalisé qu'ils ne pourraient rien en sortir. Le panzer  Maus» était une idée complètement absurde. Il n'a eu aucune influence sur les constructions après-guerre.»

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