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Présidentielle 2017: de quel politique êtes-vous philosophiquement proche?

Jérémy Collado, mis à jour le 18.01.2017 à 12 h 46

De Vincent Peillon le professeur de philosophie à Jean-Luc Mélenchon en passant par François Fillon et Marine Le Pen, quelles valeurs animent nos candidats à la présidentielle? Sont-ils Emmanuel Kant, Jean-Jacques Rousseau ou Platon? Faites le test pour le savoir et connaître de qui êtes-vous le plus proche.

Montage Slate.fr. Photos: Fillon: Christophe ARCHAMBAULT / AFP I Marine Le Pen: Eric FEFERBERG / AFP I Macron: PATRICK KOVARIK / AFP I  Platon I Kant I Montaigne

Montage Slate.fr. Photos: Fillon: Christophe ARCHAMBAULT / AFP I Marine Le Pen: Eric FEFERBERG / AFP I Macron: PATRICK KOVARIK / AFP I Platon I Kant I Montaigne

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On reproche souvent aux politiques d’être trop collés à l’actualité ou aux événements sans prendre le recul nécessaire pour appréhender la réalité. Il faut dire: on trouve plus d’assistants parlementaires, d’avocats, de professeurs, de fonctionnaires ou de médecins que d’agrégés de philo chez nos candidats à la présidentielle... Et peu sont prompts à «théoriser», au risque de se couper d’une partie de leurs électeurs, qui réclament du concret à l’heure où la crise nous enferme dans un quotidien parfois tragique. Mettre en perspective la réalité est pourtant, aussi, l'une des fonctions du politique.

En 1965, la France comptait un agrégé de philo au premier tour de l’élection présidentielle: Jean Lecanuet! «C'était une pensée, une conviction et des idées, le défendait François Bayrou, qui apparaît comme l'un de ses héritiers au centre de l'échiquier politique et n'a pour l'heure pas exclu de se présenter une nouvelle fois en 2017. Il s'était élevé par l’école, avec des rencontres à la fois formidables et troublantes. Simone de Beauvoir par exemple, qu'il eut comme professeur de philosophie. Pour lui, tout cela était très important.»

Ce qui ne lui avait pas forcément permis de remporter les suffrages d’une élection qui, pour la première fois, se joua en partie grâce au pouvoir de la télévision. Sur ses terres d’élection, à Rouen, on peut dire que Jean Lecanuet a plus souvent gagné les élections grâce à ses réalisations concrètes qu’en s’appuyant sur des textes d’Aristote ou de Montaigne.

Une vision du monde

Pourtant, la réflexion philosophique (et sa part de sagesse qui l’accompagne...) peut inspirer l’action politique, en lui conférant un caractère plus intemporel. Comment gouverner et avec quels principes? Comment rendre la justice? Quelle place accorder à l’État ou la religion afin de permettre une vie en commun qui permette à chacun de vivre librement et dignement? Au-delà des slogans de communicants ou de publicitaires, il y a derrière chaque politique une vision du monde et, parfois, un courant de pensée politique et philosophique cultivé depuis des siècles.

À sa manière, François Bayrou réactive la pensée de Montaigne ou de Pascal, défendant l’idée d’une coexistence pacifique entre les religions. Il est le politique d’une condition humaine modeste, consciente de sa finitude, attachée à l'éducation des peuples.

À sa façon, Emmanuel Macron –qui travailla aux côtés du philosophe Paul Ricoeur, peut se rattacher à Jean-Paul Sartre, qui pensait jadis que «l’existence précède l’essence» et qu’en définitive, l’homme se traduit par sa capacité à surmonter ses déterminismes.

Quant à Vincent Peillon, candidat à la primaire, il se dit très marqué par son métier de professeur de philosophie. Même si celui-ci lui confère un statut et une position un peu particulière, en décalage avec certains de ses concurrents, plus politiques et donc plus affirmés lorsqu'il s'agit de remporter une élection... N'est pas Machiavel qui veut.

De Platon à Mélenchon

Enfin, Marine Le Pen emprunte certaines réflexions à Hobbes et Platon, deux philosophes qui ont théorisé un État fort pour protéger l’homme de soi-même... Hobbes et Platon, que Jean-Marie Le Pen avait d'ailleurs cité dans son discours du Congrès de Tours, en 2011, avant de céder son fauteuil de président du FN à sa fille.

Volontairement ou non, les politiques sont les produits d'une vision du monde qui forme un tout cohérent. Ainsi, fin décembre, Le Monde faisait le portrait de Chantal Mouffe, «la philosophe qui inspire Mélenchon». Professeure de théorie politique, on la présente comme l’une des marraines du mouvement Podemos, en Espagne, dont Jean-Luc Mélenchon, diplômé d’une licence de philosophie, a tenté de s’inspirer avant d’emprunter un chemin plus gaullien. La philosophe belge, encore peu connue en France, tente notamment de réhabiliter la notion de populisme que Jean-Luc Mélenchon n’a d’ailleurs pas peur d’utiliser. Une notion qui donne un socle au nouveau positionnement du candidat des insoumis vers 2017.

Maintenant, à vous de voir où vous êtes situés.

 

 

Jérémy Collado
Jérémy Collado (133 articles)
Journaliste
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