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Au Canada, deux tiers des produits industriels contiennent des sucres ajoutés

Repéré par Lucie de la Héronnière, mis à jour le 13.01.2017 à 16 h 42

Repéré sur CMAJ OPEN, Public Health Ontario, La Presse, CBC Canada

Et notamment les barres énergétiques, les aliments pour bébés et les boissons.

Sweet sugar, Potsdam | Coralie Ferreira via Flickr CC License by

Sweet sugar, Potsdam | Coralie Ferreira via Flickr CC License by

Des chercheurs de l’université de Waterloo et de Public Health Ontario ont analysé les ingrédients de 40.000 produits «emballés» en vente dans une grande chaîne canadienne de supermarchés. Trente termes différents associés à l’ajout de sucre ont été recherchés («glucose», «fructose», «dextrose», «sirop de maïs à haute teneur en fructose»…).

Le bilan, c’est que 66% de ces produits contiennent au moins une forme de sucre ajouté (c’est-à-dire intégré pendant la préparation et la transformation, à la différence des sucres naturels, comme par exemple ceux qui sont présents dans les fruits). Les résultats, publiés dans la revue CMAJ Open, le journal de l’Association médicale canadienne, montrent que des produits commercialisés comme «sains» sont aussi concernés, comme l’explique Erin Hobin, co-auteure de l’étude, sur le site de Public Health Ontario:

«Nous avons trouvé une quantité supérieure de sucres ajoutés dans les produits auxquels on s’attendait comme les bonbons, les produits de boulangerie sucrés et les boissons gazeuses. Par contre, nous avons également trouvé des sucrés ajoutés dans la liste d’ingrédients de la plupart des produits fréquemment qualifiés d’option "santé", y compris les barres de céréales et le yogourt». 

Baisser la consommation

En outre, pour la moitié des aliments pour bébés examinés, des sucres ajoutés sont également sur la liste des ingrédients. Comme le souligne La Presse, les trois quarts des boissons étudiées contiennent des sucres ajoutés, et David Hammond, autre auteur, s’en inquiète:

«Les gens font la différence entre une bouteille de jus d'orange et une bouteille de Coke, [croyant que la première] est bien meilleure en matière de sucres contenus. […] Eh bien, si vous regardez notre analyse, cela vous dit, tout comme d'autres sources, que les jus contiennent en fait autant de sucre que les boissons gazeuses.»

On consomme trop de sucres ajoutés, et l'OMS recommande d'ailleurs de «ramener l’apport en sucres libres [c'est à dire les sucres ajoutés par le fabricant, le cuisinier ou le consommateur, mais aussi les «sucres naturellement présents dans le miel, les sirops, les jus de fruits et les jus de fruits à base de concentré», ndlr] à moins de 10% de la ration énergétique totale chez l’adulte et l’enfant. Il serait encore meilleur pour la santé de réduire l’apport en sucres à moins de 5% de la ration énergétique totale, soit à 25 grammes (6 cuillères à café) environ par jour». 

Les sucres ajoutés dans les produits industriels inquiètent, car leur caractère «dissimulé» nous pousse à en manger beaucoup sans en avoir conscience: ainsi, selon David Hammond, «à l’heure actuelle, il est très difficile de détecter la présence de sucrés ajoutés en consultant l’information nutritionnelle imprimée sur l’emballage». Pour les chercheurs, cette étude pourrait être utile pour «évaluer les résultats de futurs changements dans les politiques d’étiquetage du sucre au Canada».

Et en France?

En France, la situation n'est pas reluisante non plus. En juin dernier, 60 Millions de consommateurs a analysé 192 produits, et trouvé des «quantités insoupçonnées» de sucre dans des produits sucrés et salés... Et la conclusion allait dans le même sens que celle des chercheurs candiens:

«Du sucre blanc, bien sûr, mais aussi des “maltose”, “dextrose” ou encore “sirop de glucose-fructose”. Autant d’appellations qui permettent aux fabricants d’ajouter des sucres, au nom de contraintes technologiques ou organoleptiques, sans que le consommateur en soit conscient. Or, les sucres ajoutés sont critiqués pour leur part de responsabilité dans le surpoids et, indirectement, la survenue du diabète et de maladies cardiovasculaires».

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