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Le parlement russe veut décriminaliser les violences domestiques

Temps de lecture : 2 min

«On ne veut pas de gens emprisonnés pendant deux ans et catalogués comme des criminels pour le reste de leur vie, pour une claque.»

Des députés arrivent au parlement russe le 5 octobre 2016 | Natalia KOLESNIKOVA / AFP
Des députés arrivent au parlement russe le 5 octobre 2016 | Natalia KOLESNIKOVA / AFP

Le résultat a été clair. 368 députés russes ont voté en faveur d'un projet de loi (en première lecture) visant à décriminaliser les violences domestiques, rapporte le Moscow Times. Un seul député a voté contre. Le dernier était absent.

«Cette loi supprimerait les accusations de “violences au sein de familles” du code criminel russe et le réduirait au titre d'infraction administrative. Les charges criminelles n'existeraient que si les coups se produisent plus d'une fois par an.»

Un vote évidemment contesté par les défenseurs des droits des femmes, pour qui cette nouvelle loi «rendra les victimes de violences domestiques encore plus vulnérables».

En août dernier, le Guardian expliquait que ce projet de loi était porté par la députée ultra-conservative Elena Mizoulina qui a déjà à son actif une loi bannissant «la soi-disant propagande gay». Pour la députée russe, ce projet de loi est justifié, parce que l'on «ne veut pas de gens emprisonnés pendant deux ans et catalogués comme des criminels pour le reste de leur vie, pour une claque».

Le quotidien britannique remarquait cependant à l'époque que selon les statistiques fournies par le gouvernement russe, 40% des crimes violents sont commis au sein-même d'une famille.

«36.000 femmes sont agressées chaque année par leur partenaire chaque jour, et 26.000 enfants sont battus par leurs parents chaque année.»

En juillet dernier, indique The Independent, Vladimir Poutine avait chapeauté un amendement qui faisait des violences domestiques un délit, pour la première fois en Russie. Un choix qui n'avait pas plus à la députée ultra-conservatrice et plusieurs de ses alliés. Pour Elena Mizoulina, explique Time, il faut décriminaliser la violence domestique «sur la base que les parents, en Russie, devraient avoir le droit de frapper leurs enfants».

«Dans la culture familiale traditionnelle russe, les relations entre parents et enfants sont construites sur l'autorité du pouvoir des parents, a expliqué Mizoulina devant le parlement, ce mercredi 11 janvier. Les lois devraient soutenir cette tradition familiale.»

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