Science & santé

Faut-il vraiment parler aux chiots comme à des enfants?

Repéré par Xavier Ridel, mis à jour le 12.01.2017 à 12 h 34

Repéré sur Smithsonian

La réponse se trouve dans une étude franco-américaine très sérieuse.

Bandit4 | Allie Tissot via Flickr CC License by

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Si on s‘en doutait depuis un moment –après quelques expériences n’ayant rien de scientifiques– c’est désormais prouvé: les chiots aiment qu’on leur parle doucement et avec une voix aigüe, soit sur le ton habituellement employé pour les bébés humains. Et en revanche, sachez que les chiens adultes s’en contrefichent. C'est une étude franco-américaine qui le dit.

Ainsi, les chercheurs ont placé 30 femmes face à des photos de chiots, et leur ont demandé de prononcer le genre de phrases suivantes: «Coucou toi», «C’est qui le gentil chien?». Elles ont ensuite dû faire de même face à des êtres humains, et les scientifiques se sont très vite rendus compte que la tonalité de leur voix se rehaussait de 21% lorsqu’elles étaient en face des chiots. Les scientifiques ont ensuite inversé les rôles et passé les enregistrements à des chiots et des chiens adultes. Tandis que les premiers deviennent fous, se roulent sur le ventre et aboient, les seconds n’en ont absolument rien à faire. Nicolas Mathevon, de l’université de Lyon/Saint-Étienne, note à ce sujet dans un article de Smithsonian:

«Ils ont rapidement regardé celui qui parlait, puis l’ont totalement ignoré. (…) Peut-être ont-ils réagi comme ça parce qu’ils sont plus difficiles et préfèrent interagir avec quelqu’un qu’ils connaissent.»

Point «mignon»

La question du «Pourquoi?» reste pour l’instant sans réponse, même s’il est probable que ce soient les sons aigus qui provoquent une réaction spéciale chez les chiots. Quant à nous, si nous leur parlons ainsi, c’est sans doute lié à la théorie de Lorenz, un éthologue autrichien. Celle-ci stipule notamment que les humains sont attirés et attendris par les animaux aux grosses têtes, aux grands yeux et aux joues rondes. Toutes ces caractéristiques leur rappelleraient leurs enfants, et contribueraient à expliquer le concept de «mignon». Chose qui s'explique d'ailleurs également d'un point de vue strictement scientifique. Pour la BBC, Nicolas Mathevon ajoute:

«Notre étude démontre que nous utilisons ce langage et ce ton de voix enfantins parce que nous sommes attendris, mais aussi afin d’interagir avec un destinataire qui ne parle pas. Peut-être que cette façon de parler est utilisée dans n’importe quel contexte, quand nous sentons que celui a qui nous nous adressons n’est pas en mesure de nous comprendre.»

Evan Mac Lean, un anthropologiste ne faisant pas partie de l’étude, soulève un ultime questionnement: «La question à laquelle nous n’avons pas encore trouvé de réponse, c’est si cette façon de faire a des effets à long terme sur les chiens.»

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