Monde

La Chine ajoute six années de guerre avec le Japon à ses manuels d’histoire

Temps de lecture : 2 min

La guerre sino-japonaise va passer de huit à quatorze ans pour tenter d'attiser le patriotisme chinois.

Une jeune fille écrit des caractères chinois dans une école de Zhujiajiao, le 8 septembre 2016. FRED DUFOUR / AFP
Une jeune fille écrit des caractères chinois dans une école de Zhujiajiao, le 8 septembre 2016. FRED DUFOUR / AFP

Les écoliers chinois vont devoir reprendre leurs cours d'histoire. Si pendant des générations, ils ont appris que la «guerre pour résister aux Japonais» avait duré huit ans, de 1937 à 1945 et la chute de l'Empire japonais, le gouvernement du président chinois, Xi Jinping, «a ordonné aux enseignants de réécrire les livres d'histoire pour décrire le conflit comme “la guerre de quatorze ans pour résister aux Japonais”», entre 1931 et 1945, explique le New York Times.

Jusque-là le point de départ de la guerre était marqué par l'incident du pont Marco Polo, «un accrochage qui a eu lieu en 1937 entre les forces japonaises et les troupes chinoises, le long d'une ligne de trains, au sud-ouest de Pékin, et qui représentait le début d'un conflit à grande échelle». Il va donc être reculé à l'autômne 1931, quand l'Empire japonais a envahi la Mandchourie.

Cité par le New York Times, le ministre de l'Éducation indique que cette décision vise à «promouvoir l'éducation patriotique et à mettre en avant le “rôle central” du parti communiste dans la résistance face au fascisme japonais avant la Seconde Guerre mondiale. Elle a également pour but de rallier le soutien de jeunes personnes au parti, alors que Xi Jinping promeut vigoureusement l'histoire communiste et sa pensée à l'école».

Une question d'image

Mais, ce n'est pas parce que le Parti communiste raconte l'histoire ainsi que tout est vrai dedans, remarque Quartz.

«En fait, la force militaire du Parti communiste était basée dans le sud-est du pays, et s'est ensuite retranchée au nord ouest, via l'ouest dans un voyage épique connu sous le nom de la Longue Marche, et n'a jamais croisé directement l'armée japonaise en chemin.»

Xi Jinping travaille depuis de nombreuses années à améliorer l'image des communistes et de leurs exploits, lors de la Seconde Guerre mondiale, reprend le New York Times, «et ce alors que de nombreux historiens estiment que ce sont les nationalistes chinois, et pas les communistes, qui ont le plus participé aux combats». Les Chinois ne sont cependant pas les seuls à réécrire l'histoire, pour leur propre intérêt, rappelle Quartz.

«Quand les livres d'histoire de lycéens japonais ont adouci ou ignoré l'agression de leur pays pendant la Seconde Guerre mondiale, dont le massacre de Nankin, les médias d'État chinois s'en sont vite ému. Mais comme l'avait noté le Wall Street Journal à l'époque, Pékin a également étouffé sa propre histoire dans ses manuels officiels.»

Slate.fr

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