Monde

Trump accuse les renseignements américains d'agir comme «l'Allemagne nazie»

Claire Levenson, mis à jour le 12.01.2017 à 10 h 24

Pour sa première conférence de presse en tant que président-élu, Trump a accusé les renseignements américains de fuiter aux médias un rapport compromettant (et non vérifié). Une action qu'il a comparé à sur Twitter à l'Allemagne nazie.

Donald Trump lors d'une conférence de presse à New York le 11 janvier 2017. SPENCER PLATT/AFP.

Donald Trump lors d'une conférence de presse à New York le 11 janvier 2017. SPENCER PLATT/AFP.

Un jour après la publication par Buzzfeed d'un rapport non vérifié selon lequel la Russie serait en possession d'une vidéo de Donald Trump avec des prostituées à Moscou, le président-élu a profité de sa première conférence de presse pour qualifier Buzzfeed «de tas d'ordure en faillite».

Il s'en est également violemment pris aux renseignement américains qu'il a accusé d'être à l'origine de ces fuites d'informations confidentielles. Le jour d'avant la conférence, il avait tweeté:

«Les agences de renseignement n'auraient jamais dû autoriser ces fausses informations à "fuiter". Encore un coup contre moi. On vit en Allemagne nazi ou quoi?»

Interrogé sur ce tweet pendant la conférence de presse, Trump a déclaré qu'il était «scandaleux» que les agences de renseignement aient laissé fuiter ces informations.

«C'est une honte et c'est quelque chose que l'Allemagne nazie aurait fait et a fait.» 

Il n'y a pourtant aucune preuve que le rapport en question, rédigé, suppose Buzzfeed, par un ancien agent des renseignements britanniques, ait bien été fuité par des membres des renseignements américains. Mais depuis son élection, Trump a plusieurs fois remis en question le travail d'agences comme le FBI et la CIA.

Lorsque la CIA avait déclaré en décembre qu'il était fortement probable que des hackers russes aient tenté d'aider le candidat républicain à gagner la Maison-Blanche, ce dernier s'était moqué de ces conclusions en déclarant qu'elles venaient des «mêmes personnes qui ont dit que Saddam Hussein avait des armes de destruction massive.»

Afin de prouver que le dossier publié par Buzzfeed était faux, Trump a dit qu'il faisait toujours attention à sa conduite dans les hôtels à l'étranger car «dans ces chambres il y a des caméras dans les endroits les plus inattendus». Le rapport indique que Trump aurait embauché des prostituées pour les regarder uriner dans un hôtel –une «golden shower»– mais Trump a rétorqué

«Y a vraiment quelqu'un qui croit à cette histoire. Et d'ailleurs, je suis germaphobe.»

Contrairement à Buzzfeed, CNN avait évoqué le mémo controversé sans rentrer dans les détails salaces. L'article de CNN indiquait que quatre directeurs des renseignements américains avaient prévenu Trump de l'existence d'un dossier selon lequel la Russie avait des informations compromettantes à son égard.

Pourtant, Trump n'a pas hésité à refuser de répondre aux questions d'un journaliste de CNN en criant que la chaîne diffusait des «fausses infos», une accusation assez ironique venant de quelqu'un qui est connu pour ses déclarations mensongères régulières.  

«Non, pas vous. Votre chaîne est nulle....Pas vous...silence...ne soyez pas malpoli...je ne répondrai pas à vos questions....vous êtes des fausses informations.»

Le reporter de CNN Jim Acosta a ensuite expliqué que le porte-parole de Trump, Sean Spicer, l'avait menacé d'expulsion s'il réessayait de poser une question.

Dans un communiqué après la conférence de presse, CNN a rappelé qu'ils avaient bien fait attention à ne pas publier les détails invérifiables du dossier et demandaient donc à l'équipe de Trump d'identifier ce qu'ils jugeaient être faux dans leur article.

Au-delà du débat sur les médias et le rapport controversé, Trump a aussi rappelé que le Mexique rembourserait bien le mur frontalier (sans expliquer clairement comment) et que la réforme de santé d'Obama, Obamacare, serait remplacée par quelque chose de mieux (sans expliquer quoi). Obama qui s'est vu au passage gratifier d'être responsable de la naissance de l'État islamique en se retirant trop tôt du Moyen-Orient. Rien que ça.

Claire Levenson
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