Suppression de l'histoire-géo en terminale scientifique

Après son tour de France pour présenter les grandes lignes de la réforme de l'enseignement, Luc Chatel a profité du salon de l'Education à Paris le 19 novembre pour dévoiler le reste de la réforme de la refonte des programmes de seconde, première et terminale. Mais un élément serait peut-être passé inaperçu sans le lancement d'une pétition sur l'Atelier des Icônes: la suppression de l'histoire-géographie en terminale scientifique. Il est prévu que cette matière ne sera plus obligatoire mais seulement optionnelle.
En ligne depuis ce matin, la pétition est accompagnée d'un long texte explicatif de l'économiste Jacques Sapir. Il insiste sur l'incohérence de cette décision en plein débat sur l'identité nationale: «Elle survient au moment même où, de la commémoration de l'anniversaire de la mort de Guy Môquet au grand débat sur «l'identité nationale» en passant par le projet d'un musée de l'Histoire de France, la question de l'histoire, mais aussi de la géographie (car la conscience nationale s'enracine dans des pays et des paysages) occupe une place centrale dans notre pays. [...] On peut alors s'interroger sur la logique d'une telle politique qui prétend faire de la conscience nationale une priorité, qui va même jusqu'à créer à cette fin un Ministère de l'Intégration, et qui projette de la retirer en réalité à la moitié des élèves de Terminale. Ce n'est plus de l'incohérence, c'est de la schizophrénie pure et simple.»
Pour autant, l'histoire et la géographie ne disparaissent pas du baccalauréat. Les épreuves seront «anticipées», c'est-à-dire que les élèves les passeront en fin de première. Mais dans ce cas, il est peu probable que les lycéens de la filière scientifique choisiront de les repasser de façon optionnelle en terminale. Cela risque donc d'entraîner la disparition d'une année complète d'enseignement de ces matières pour les élèves de S. Or la pétition rappelle que le rôle de l'école n'est pas seulement de préparer à un travail mais également de former des citoyens capables de comprendre le monde contemporain - compréhension qui passe par l'apprentissage de l'histoire et de la géographie. En outre, dans un système économique dont on ne cesse de répéter qu'il est mondialisé, ces connaissances servent également dans le monde du travail.
[Lire l'intégralité de l'article sur l'Atelier des icônes]
Image de Une: Luc Chatel en visite au lycée Fénelon de Cambrai, Reuters/Pascal Rossignol
Mis à jour le 23/11/2009 à 15h53

























J'avais lu sur LeMonde que, loin d'être supprimée, l'année d'Histoire-Géo de TS était avancée sur l'année de Première (4h/semaine au lieu de 2h30 en 1è, avec une option - qui sera probablement peu suivie - en Terminale)
http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/11/19/reforme-du-lycee-une-serie-l-enrichie-et-des-passerelles-en-fin-de-premiere_1269140_3224.html
Si c'est le cas, je trouve les arguments Jacques Sapir nettement moins percutants. Alors qu'en est-il? Où est la mésinformation ?
C'est ce qu'on explique dans ce lien. Avant, les élèves de section scientifique avaient histoire-géo en première et en terminale. Ils passaient les épreuves pour le bac en terminale. Désormais, les épreuves auront lieu en fin de première et ce ne sera donc plus une matière obligatoire pour les Terminales scientifiques. Ils perdent une année d'histoire et même avec l'augmentation du nombre d'heures de cours en première, ça ne compense la perte en volume horaire.
Merci Titiou.Lecoq
Je confirme mon opinion : la perte d'1h de volume horaire (et non pas une année complète, comme l'indique et l'article, et la pétition) ne justifie pas vraiment un cri d'alarme sur la "formation du citoyen" et "l'identité nationale". Surtout s'il est proposé une option en TS, pour les élèves motivés.
Je me rappelle l'expérience du Lycée (filière scientifique) : le temps consacré à l'Histoire-Géo était quasi-nul, "bouffés" comme on était par les maths, la physique, la bio à forts coefs. N'y aurait-il pas plus d'engagement en première ?
Si en volume horaire, la perte peut se résumer à 1h, ce qui est très difficile à déterminer (et je ne me permettrais pas de trancher sur le sujet) c'est l'ingurgitation de deux années de programme d'histoire-géo en une année. Ca risque de ressembler à du gavage. Ensuite, est-ce que ce n'est pas aussi donner aux élèves un signal comme quoi ces matières ne sont pas suffisamment importantes pour être étalée sur deux années ?
... Ne peuvent pas connaitre. Avant il y avait la première et terminale C; puis ce fut la première S et terminale C. A chaque réforme, on coupe dans les programmes de maths et physique. Maintenant il semble que cela soit la TS avec spé math ou spé physique/chimie et spé svt?? En gros ce que l'on appelait C, D et ... heu... E??
Toutes ces réformes ne vont jamais dans le sens d'une amélioration, on se contente de changer les noms et réduire les programmes pour répondre à deux nécessités: flatter l'égo des ministres (chacun veut sa réforme) et augmenter le pourcentage de bacheliers en réduisant les programmes.
La suppression de l'histoire géo ne changera rien aux problèmes d'identité nationale, on parle bien d'élèves de terminales pas de maternelle ou de primaire, je pense que c'est un peu tard pour eux (à supposer que les cours d'histoire géo aient un quelconque impact dans le domaine) De plus même avant cette réforme les élèves de terminales scientifiques s'intéressaient déjà peu globalement à l'histoire géo comme à la philo ou au sport, simplement du fait de la faiblesse des coefficients au BAC par rapport aux autres matières, réduire ou condenser les horaires ne va pas empirer la situation à mon avis...
Tout dépende la vison qu'on a du lycée. Si, quelque soit la section que l'on a choisi, les élèves doivent continuer à étudier toutes disciplines pourgarder une certaine ouverture d'esprit et comprendre le monde qui les entoure, cette partie de la réforme est aberrante.
Mais on peut également se dire qu'arrivés en terminale, les élèves ont suffisament eu le temps de se cultiver dans l'ensemble des matières qu'ils ont étudiées jusque là. Et qu'il est normal qu'ils entament un cycle plus spécialisé avant d'entrer dans le supérieur (pour la plupart d'entre eux). Il ne me semble alors pas génant de leur dégager du temps pour étudier de manière plus poussée les maths, la physique ou le sciences nat, ou de découvrir les sciences de l'ingénieur.
Pour mémoire, il ya quelques années, les sections ES ont vu la disparition ds SVT de leur année de terminale, avec une épreuve anticipée du bac en première. On aurait alors trés bien pu se dire qu'il était trés important de leur conserver cette matière pour qu'il aient plus de chances de se faire une opinion sur des débats comme celui des OGM, ou plus récemment du vaccin contre la grippe.
Bonjour
J'ai beau chercher, en vain. Y a t-il une pétition (car le texte de J. Sapir n'en constitue manifestement pas une) et si oui, où ?
Merci pour votre aide