Monde

Le gouvernement tchèque aimerait que ses citoyens puissent tirer sur les terroristes

Repéré par Xavier Ridel, mis à jour le 10.01.2017 à 10 h 08

Repéré sur The Washington Post

Le ministre de l'Intérieur a proposé une loi qui autoriserait chacun à se défendre contre une «vague islamiste».

357 gunblast | Sean @ Huolihan.com via Flickr CC License by

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En République tchèque, les ventes de pistolet ont augmenté de 30% depuis septembre, un engouement qui fait notamment suite aux déclarations du président Milos Zeman. Celui-ci, après avoir comparé les musulmans aux Allemands des années 1930 dans les pages du Guardian, avait appelé ses compatriotes à se munir d’une arme de poing pour combattre une probable «vague islamiste».

Le pays d’Europe de l’Est ne compte pourtant que 4.000 musulmans sur ses 10 millions d’habitants. Un chiffre assez faible, qui n’empêche visiblement pas la peur de grossir, puisque le ministre de l’Intérieur a proposé un projet de loi autorisant les citoyens à tirer sur les terroristes. Depuis plusieurs années, la République tchèque est en désaccord avec l’Union européenne au sujet de sa politique sur armes à feu. On en dénombre aujourd’hui 800.000 dans le pays, et 300.000 personnes possèdent une licence. Les restrictions à ce sujet sont assez légères, puisque comme le révèle le Washington Post:

«Les habitants doivent avoir 21 ans, passer un examen et ne pas avoir de casier judiciaire. Selon la loi, les Tchèques peuvent utiliser leurs armes pour protéger leur maison ou dans des cas de légitime défense, même s’ils doivent prouver qu’ils étaient bien en danger.»

Anti-restriction

Après les événements du 13-Novembre, le gouvernement de République tchèque s’était levé contre l’interdiction totale de la vente d’armes automatiques militaires telles que la Kalachnikov, dans l’Union européenne. Il avait notamment affirmé que cette décision l’empêcherait de construire «une sécurité interne» et d’entraîner les réservistes. Surtout, interdire certaines armes existantes pourrait créer un marché noir qui profiterait aux terroristes.

Un compromis au sujet des armes à feu a récemment été trouvé par l’UE. Il devra être mis en œuvre par tous les États membres d’ici quinze mois, et stipule notamment que certaines armes semi-automatiques seront interdites, tandis que les autres seront soumises à un contrôle plus strict. Sans oublier l'obligation de se soumettre à un contrôle psychologique. Le Luxembourg s’y était opposé, trouvant ces nouvelles mesures trop laxistes, tandis qu’elles étaient, selon la République tchèque, trop restrictives.

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