Monde

Un «Skype des cétacés» apportera-t-il le bien-être qui manque aux orques en captivité?

Repéré par Robin Panfili, mis à jour le 09.01.2017 à 12 h 41

Repéré sur Live Science, International Zoo Yearbook

Pour rendre la captivité des orques un peu moins douloureuse, des chercheurs suggèrent de mettre fin à l'isolement acoustique dans les parcs aquatiques et veulent développer un canal de communication à distance entre les différentes orques.

 L'orque Keiko, aperçue dans le film «Sauvez Willy», en 1998. | US Military / Domaine public

L'orque Keiko, aperçue dans le film «Sauvez Willy», en 1998. | US Military / Domaine public

Une mortalité prématurée, des recours excessifs aux médicaments, des poissons vidés pour être «bourrés de pilules» de «vitamines» et de «calmants»... Comme pour de nombreux autres animaux détenus en captivité, la vie et le quotidien des orques ont tout d'un calvaire. Pour s'en convaincre, il suffit de repenser à l'excellent documentaire Blackfish (ou L'Orque Tueuse) qui, en 2013, levait le voile sur l'horreur vécue par les cétacés du parc aquatique de SeaWorld à Orlando, aux États-Unis.

Près de trois ans après la sortie du documentaire, en mars 2016, SeaWorld a annoncé qu'elle mettait un terme à ses programmes de reproduction et d'élevage controversés d’orques en captivité dans ses parcs. Une décision historique et une victoire pour les associations de défense des animaux. Mais les parcs aquatiques SeaWorld –comme tous les autres établissements du genre à travers le monde– devront toutefois continuer de s'occuper des orques et cétacés encore vivants qui occupent ses bassins pour les années et décennies à venir.

Un «Skype» sous-marin

Pour leur venir en aide et leur rendre la vie un peu plus agréable, deux chercheurs de l'université de Glasgow, en Écosse, ont eu une idée. Pour améliorer les conditions de vie des orques en captivité, pourquoi ne pas essayer de mettre en place un canal de communication virtuel par lequel les bêtes pourraient communiquer à distance? Graham Law, l'un des auteurs de ces travaux publiée dans la revue International Zoo Yearbook et relayée par Live Science, précise:

«Nous sommes à une étape où, dans la majorité des cas, le bien-être physique des animaux en captivité est correct et souvent un bon compromis, parfois même meilleur que dans la nature. En revanche, le bien-être psychologique est un domaine sur lequel il reste du travail à faire.»

Cette idée de «Skype des cétacés» (l'expression est de nous) permettrait donc aux orques de «discuter» avec d'autres populations captives d'orques résidant dans des parcs aquatiques éloignés, mais également avec des orques restées dans leur milieu naturel. Une aubaine pour ces animaux qui s'appuient sur les ondes sonores pour communiquer entre eux et qui possèdent même, pour certains, des accents régionaux.

Repenser la souffrance psychologique

Donner la chance aux orques en captivité de pouvoir renouer le dialogue –ou établir un premier contact– avec leurs congénères est un projet qui pourrait bien voir le jour. «Dans la mesure où il existe plusieurs groupes d'orques dans différents parcs zoologiques à travers le monde et que les systèmes de communication par satellite sont relativement bon marché et facile à entretenir», un tel système de communication n'a rien d'insurmontable, appuie Graham Law.

Les suggestions des deux chercheurs écossais préconisent, par ailleurs, la mise en place de méthodes visant à nourrir les orques différemment. Au lieu que des humains leur donnent directement à manger dans le bassin, l'idée serait de les stimuler et de les éveiller mentalement. En développant, par exemple, un processus qui forcerait les cétacés à s'entraider pour trouver à manger, comme c'est le cas en milieu naturel.

Ce mode d'alimentation, comme la fin de l'isolement acoustique, ne sont pas des solutions miracles, Graham Law en est bien conscient. Mais, bien qu'elles n'aient jamais été testées auprès d'orques en captivité, le biologiste est convaincu qu'elles pourraient bouleverser leur quotidien, en reproduisant des conditions de vie plus proches de celles dont elles auraient pu bénéficier en milieu naturel. Ici, l'idée est simple. Rendre leur captivité un petit peu plus heureuse ou, tout au moins, un petit peu plus supportable.

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