Science & santéFrance

Après le revenu universel, à quand la sécu pour nos animaux domestiques?

Laurent Sagalovitsch, mis à jour le 07.01.2017 à 13 h 17

Ce devrait être à son taux de remboursement pour le détartrage du chat qu'on devrait mesurer le degré de modernité d'une société civilisée.

clinique vétérinaire (MOULINS,FR03) | jean-louis Zimmermann via Flickr CC License by

clinique vétérinaire (MOULINS,FR03) | jean-louis Zimmermann via Flickr CC License by

J'avoue, pour un branleur de première comme moi, l'idée d'un revenu universel, si cher à Benoît Hamon, trouve quelque écho. Je me vois déjà toucher au début de chaque mois ce pactole inespéré et le dépenser à tout-va: à moi l'opulence, à moi la vie de château, à moi les vacances au Club Med, à moi les fins de mois tranquilles, à moi les joies de l'épargne, à moi l'appartement sur l'avenue Foch!

J'ai toujours su que la valeur travail était obsolète, juste un artifice inventé par les hommes pour oublier la pesanteur de l'existence et le silence de l'univers, une astuce pour empêcher le cerveau de penser de trop, un remède à l'ennui et la mélancolie, responsables de tant de suicides aux siècles passés: travailler permet à l'esprit de prendre des vacances.

Il faut donc saluer ici l'avancée tout aussi sociale que métaphysique promise par Benoît Hamon; ceci dit, afin d'éradiquer une bonne fois pour toutes et la précarité et la pauvreté et la paupérisation, je propose d'instaurer une mesure à même de transformer d'une manière radicale la vie de millions de Français, j'entends la création d'une sécurité sociale universelle et sans conditions de ressources pour tous les animaux domestiques.

Incalculables sont les bienfaits de nos hamsters, lapins, chats, chiens, poissons rouges et autres perroquets sur notre santé mentale: ils sont nos meilleurs anxiolytiques, leur seule présence vaut tous les antidépresseurs du marché, grâce à eux, nous oublions la laideur de notre quotidien et recevons à satiété des rations de tendresse et d'amour.

Et pour ceux qui étranglent de solitude ou ne sont plus en état de se mouvoir ou de recevoir du monde, ils constituent bien souvent leur seule raison de vivre, leur unique distraction : ils sont les dépositaires de leurs derniers secrets, ils parviennent encore à leur tirer quelques sourires, ils embellissent et illuminent cette existence désormais triste à pleurer.

Sans eux, ils dépérissent.

Qui a déjà reçu en pleine poire le devis d'un vétérinaire au sujet de la maladie de son chat ou chien préféré connaît ce moment d'incrédulité absolue quand il s’aperçoit que pour traiter la variole de sa tortue, le lupus de son lapin, la myopie de son hamster, il va lui falloir vendre les bijoux de famille jusqu'au dernier.

Qui n'a jamais pensé à cet instant prendre ses jambes à son cou et laisser sa pauvre bête à son sort funeste? Qui à cette heure n'a pas maudit son chat d'avoir tenté le saut de l'ange du haut de la commode de la salle à manger? Qui n'en a pas voulu à son sale cabot d'avoir voulu traverser la Nationale sans se soucier du huit tonnes qui au même moment passait par là? Sans parler de son poisson rouge qui à force de tourner en rond dans son aquarium, malgré nos avertissements répétés, a fini par attraper un cancer des testicules nécessitant des séances de chimiothérapie payées à prix d'or?

Demander à choisir entre ses vacances en Espagne et les séances de rééducation de son lapin atteint de constipation dégénérescente est un choix trop lourd à porter pour un seul individu: c'est à la société et à elle seule de prendre en charge les soins nécessaires au bon rétablissement de nos animaux domestiques.

Ce serait-là une avancée sociale considérable qui profiterait au bien-être de la population en général.

Et si possible avec le tiers-payant!

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Laurent Sagalovitsch
Laurent Sagalovitsch (125 articles)
romancier
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