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En Alaska, des animaux disparaissent mystérieusement

Repéré par Xavier Ridel, mis à jour le 08.01.2017 à 8 h 22

Repéré sur Outside

Les scientifiques ont bien quelques pistes, la première étant le réchauffement climatique; mais cela reste difficile à prouver.

Polar Bear | Kevin Vance via Flickr CC License by

Polar Bear | Kevin Vance via Flickr CC License by

Le réchauffement climatique affecte largement les latitudes polaires. Et au-delà de la fonte des glaces, les animaux arctiques pourraient aussi en être les victimes. Ainsi, la vétérinaire Kathy Burek travaille-t-elle auprès d'eux, afin de comprendre les multiples problèmes dont ils souffrent et tenter d'expliquer leurs morts étranges. Le magazine Outside est allé à sa rencontre et en a tiré un long portrait.

S’intéresser aux causes de la mort de ces animaux revêt une importance capitale. D’abord, parce qu’il est évidemment toujours triste d’assister à la disparition d’une espèce. Ensuite, parce que 75% des infections qui apparaissent chez l’homme proviennent de nos jours d’un animal. Ce qui arrive aux espèces de l’Arctique pourrait donc bien être un indicateur de ce qui attend l’être humain à l'avenir. Ainsi, Chrisopher Solomon, l’auteur de l’article, note-t-il:

«Les otaries plongent dans la même eau dans laquelle évoluent, jouent et travaillent les humains. Elles mangent les mêmes fruits de mer que nous.»

D’autre part, comme le note Mike Brubaker, directeur de la santé et de l’environnement à l’Alaska Native Tribal Health, les animaux touchés représentent 80% de la nourriture des communautés d’Alaska. S’ils souffrent, les hommes et les cultures qui s’en nourrissent souffriront aussi.

Une série de virus étranges

En 2015, 304 otaries sont mortes dans la baie de Kachemak, soit cinq fois plus que d’ordinaire. Les causes de leur disparition sont floues, et Burek continue d’ausculter les animaux un à un pour trouver des explications. Très vite, elles s'aperçoit que des virus se trouvant habituellement sur le territoire américain se sont développés dans le grand Nord.

L’adonevirus, par exemple, était réservé aux cerfs de Californie. Il touche deux morses, avant que l’on ne découvre aussi des cas d’hipoplasmosis, virus principalement observé chez les chauve-souris de l’Ouest américain. Des ours polaires souffrent de leur coté d’alopecia (perte de fourrure), des phoques annelés sont atteints de lésions et d’ulcères…

Le bilan est donc assez grave; d’autant plus qu’il est difficile de faire un état lieu définitif des causes qui entourent cette soudaine apparition de virus. Et que les moyens ne sont pas toujours au rendez-vous:

«Beaucoup d’études se focalisent sur ce qui se passe pour les tropiques à cause du réchauffement climatique, ou sur ce qui se passera pour les climats tempérés. Beaucoup moins se concentrent sur ce qui arrivera –en fait, ce qui est déjà en train d’arriver– sous les plus hautes latitudes, et à ceux qui vivent là-bas.»

La cause: le réchauffement climatique?

2015 est la plus chaude des années; et si les chiffres ne sont pas encore tombés, on peut supposer qu’il en sera de même pour 2016. C’est donc tout naturellement que les regards se portent sur le réchauffement climatique, lorsque les scientifiques cherchent les causes de tant de morts inexpliquées. Ainsi, d’après Peter Boreng, membre de l’Alaska Fish Center Science, le manque de glace empêcherait les animaux d’avoir une fourrure les protègeant des infections. Ces dernières se propagent donc beaucoup plus facilement.

En 2016, Burek et Lefebvre, membre du NOAA, publient un rapport à propos d’un certain acide domoïque, concernant une forme particulière d’intoxication alimentaire et ayant atteint 13 espèces. Si les deux scientifiques savaient que les algues produisant ces acides étaient présentes en Arctique, ils n’avaient pas eu connaissance de tels cas jusqu’en 2015. Et ils expliquent ce changement par le réchauffement des eaux polaires, ajoutant ensuite que cinq nouvelles espèces de tiques sont apparues pour les mêmes raisons.

Tout ça reste néanmoins très compliqué à prouver, et les scientifiques n’ont pas encore de réponse tranchée à apporter à la question:

«Il paraît difficile de croire que nombre de ces changements ne sont pas dus à ce qui se passe pour l’environnement. Le problème, c’est de le prouver.»

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