«Glamouriser» l'Europe
Conseils à Van Rompuy et Ashton pour un relooking bien nécessaire
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La tête de l'Europe se dote, dans la plus grande discrétion, de deux nouveaux visages, respectivement le Belge Herman Van Rompuy comme président permanent du Conseil européen, et la Britannique Catherine Ashton comme ministre des Affaires étrangères de l'Union européenne. Dans leur ensemble, les médias se désolent que ces deux notables de l'Europe soient des visages inconnus. Chacun ironise sur ces personnalités peu glamour, un «président du Conseil falot et une Haute représentante insignifiante» comme l'analyse cruellement Daniel Cohn-Bendit. Il est certain qu'un match de football entre l'Irlande et la France fera couler plus d'encre que l'arrivée de deux chefs pour l'Union européenne. Pourtant, il est essentiel que Herman Van Rompuy et Catherine Ashton acquièrent rapidement une certaine notoriété pour faire avancer une Union européenne embourbée depuis trop longtemps dans une crise existentielle. Slate se dévoue donc pour prodiguer au nouveau giga-président et à la nouvelle méga-ministre quelques conseils afin d'exister médiatiquement, dans le seul souci de faire, une nouvelle fois, progresser la démocratie.
Relooking
Catherine et Herman doivent comprendre une chose essentielle: ils partent avec un énorme déficit d'apparence. La coupe de cheveux de M. Van Rompuy ne peut que faire l'objet de quolibets, quant à Mme Ashton, elle correspond tristement à la caricature physique de l'Anglaise telle qu'on la pratique sur le continent. Les femmes et les hommes politiques acceptent aujourd'hui la nécessité de soigner leur apparence pour contribuer à faire passer leur message. On a pu assister aux transformations spectaculaires de Hillary Clinton ou de Ségolène Royal, passées de bobonnes momoches à femmes mûres et attirantes par la grâce de changements de garde-robe, et peut-être d'un peu de bistouri. Suggérons pour commencer au nouveau président de l'Europe une coupe de cheveux ras, qui évite les ébouriffements superflus. La ministre des Affaires étrangères devra, elle, voir un spécialiste chevronné.
Petites phrases
M. Van Rompuy est affligé d'un énorme handicap car on le prétend discret. A l'avenir, il lui faudra éviter ce genre de petites phrases: «Tout être humain doit choisir entre l'absurde et le mystère. Moi, j'ai choisi le mystère...». L'Europe est déjà suffisamment mystérieuse sans qu'il n'en rajoute. On peut donc lui conseiller de changer de stratégie sans tomber dans l'absurde pour tenter de présenter un visage attrayant de l'Europe. Provenant d'un «petit pays», il va devoir combattre des idées tenaces sur une Europe dominée par de grandes puissances, ce que Victor Hugo avait résumé avec souffle: «Ce que Paris conseille, l'Europe le médite; ce que Paris commence, l'Europe le continue.». Il sera difficile à Van Rompuy de rivaliser avec le Grand Victor, mais il pourra s'en inspirer pour montrer sa propre vision d'une Vieille Europe pourtant si moderne qu'il est appelé à diriger d'une Main de fer bienveillante sur le Gouvernail de l'Avenir.
Faire rêver
La Baronne Ashton of Upholland peut difficilement considérer son physique comme un atout, comme on doit respectueusement le constater avec réalisme. Toutefois, le fait qu'elle ait été anoblie peut jouer en sa faveur. On connaît le penchant de nombre d'Européens pour la nostalgie des têtes couronnées. Même si Catherine Ashton doit son titre à son mérite, la main de la Reine d'Angleterre s'est posée avec grâce sur la sienne. Elle aurait avantage à en jouer, en narrant avec force détails comment elle est devenue paire du Royaume, ce qui ne manquera pas de réjouir les partisans de la méritocratie comme les adeptes des bienfaits de la monarchie. Herman Van Rompuy a lui été nommé par le Roi des Belges, et son patronyme pourrait avoir des origines patriciennes. Plutôt que présenter Catherine et Herman comme d'obscurs bureaucrates de Bruxelles, pourquoi ne pas les «monacoiser», et encourager des reportages sur leur vie privée? Personne ne s'intéresse à la routine d'un fonctionnaire européen mais qui ne brûle de savoir comment vit une baronesse britannique, quel thé obtient sa préférence ou quel chien reçoit son affection? Il existe certainement un Stéphane Bern par pays européen qui se fera un devoir de transformer la «citrouille» (sic) Ashton en princesse de conte de fées of Upholland. Si Frédéric Mitterrand retrouve du temps libre par la suite, il pourra également en tirer de savoureuses épopées.
Exister aux Etats-Unis
Curieusement, si le duo européen souhaite exister médiatiquement, il lui faudra se faire adouber par les médias américains. Même si les Européens affirment se méfier de ce qui vient de l'Amérique, ils scrutent toujours avec attention ce qui s'y passe. Les Beatles ont dû passer par les Etats-Unis pour acquérir une dimension mondiale. Les choses n'ont guère changé en 2009. Comme il n'existe pas encore de média européen, qu'Euronews n'est pas encore un poids lourd de l'information, le duumvirat aurait intérêt à se faire inviter dans les talk-shows outre-Atlantique pour se faire rapidement connaître au niveau mondial et devenir symboliquement les nouveaux visages de l'Europe. On peut suggérer le show de Conan O'Brien, où l'humour de l'animateur d'origine irlandaise saura les mettre à l'aise et casser leur image rigide de bureaucrates du Vieux monde. Ou alors le classique Larry King sur CNN, bien que cette performance risque de ne pas rallier la jeunesse autour du projet européen. On déconseillera toutefois MTV, le choc des cultures risquant d'être fatal à nos deux dirigeants peu habitués encore au monde de Twitter et de Facebook.
Moderniser
C'est justement un conseil que l'on pourrait donner aux deux nouveaux représentants de l'Europe. Même s'ils n'ont pas été élus directement par les Européens, ils devront néanmoins leur rendre des comptes. Twitter est à déconseiller fortement, personne ne s'intéresse à un compte-rendu en langage texto plusieurs fois par jour des activités de la Commission européenne. De toute façon, la méthode ne ressemble pas à nos deux édiles. En matière de communication politique, rédiger un blog est déjà dépassé. En revanche, un profil Facebook élégamment agencé, avec quelques informations pertinentes et parfois personnelles (voir point 3) peut contribuer à rendre les chefs de Bruxelles plus proches de leurs administrés. Facebook permet également de sentir le pouls de la population en recueillant l'avis des internautes. Dans l'idéal, leur profil fera référence aux quelques articles favorables, principalement belges, consacrés à la nomination de Catherine et Herman. Il indiquera également les causes qu'ils soutiennent, de la lutte contre la faim dans le monde au groupe exigeant qu'on rejoue le match France-Irlande. On peut espérer qu'avec le temps, nos deux représentants européens se consacreront à Farmville, ce qui montrera du coup une certaine connivence avec les goûts populaires.
Avoir un bon produit
Herman Van Rompuy et Catherine Ashton vont devoir représenter une entité que personne ne connaît vraiment. L'image de l'Europe oscille entre continent d'élite et superstructure bureaucratique. Il est urgent que le Tandem se mette d'accord sur les objectifs de l'Europe et soit capable de les rendre intelligibles. En attelant un Belge et une Britannique, on peut douter a priori qu'ils tirent dans la même direction. Toutefois, il va être essentiel pour eux de se mettre d'accord sur une orientation commune, et surtout, sur la raison d'être de l'Europe et sa place au niveau mondial. On peut bénéficier de la meilleure communication possible, il existe un moment où il faut livrer le produit et le soumettre au choix des consommateurs. Devant l'hostilité d'une grande partie des Européens au projet de l'Union, il est surtout urgent que notre nouveau duo dynamique explique exactement ce qu'ils font, avant même peut-être de présenter ce qu'ils sont.
Etienne Augé
Image de une: 19 novembre 2009, photo de famille des dirigeants européens avec le nouveau président, Herman Van Rompuy et la ministre des affaires étrangères de l'Union, Catherine Ashton.Thierry Roge / Reuters
Mis à jour le 23/11/2009 à 7h18











































Cher monsieur Augé,
Par les temps qui courent tout est devenu si lourdingue que j'ai savouré votre article avec délectation.
Malheureusement, je ne sais si c'est l'effet de "l'hostilité d'une grande part des Européens au projet de l'Union", mais ce matin sur Europe 1, le journaliste, sans doute "Européen hostile", expliquait à qui voulait l'entendre que ce monsieur Van Rompuy n'était pas un vrai président de l'Europe et que son rôle consistera surtout à préparer les réunions des chefs de gouvernement. Une espèce de secrétaire général en somme.
Donc de mon point de vue, si monsieur Van Rompuy tient à ses cheveux, il peut les garder, cela ne devrait pas faire de difficultés.
Bien à vous.
Chère Marianne Arnaud,
tout ce que je constate, c'est le profond désintérêt que suscite l'Europe, à moins qu'elle ne joue au football. Je trouve consternantes les querelles autour de ce sport, et j'aimerais que l'on polémique plutôt sur l'élection de nos deux nouveaux dirigeants, ne serait-ce que sur le mode de désignation qui les amène à nous représenter. Je me contente de leur donner quelques conseils pour exister médiatiquement, conseils qu'ils ne suivront évidemment jamais.
Merci de votre commentaire, comme toujours.
L'Europe ne désintéresse pas tout le monde. Malheureusement, Les Français (ou en tout cas mon entourage, qui pourtant se trouve certainement dans les catégories les plus éduquées) semblent blasés.
Peut être parce que l'on sent bien que personne en Europe (chez les politiques) ne veut lâcher de terrain quand à la souveraineté de chacune des nations qui compose l'UE.
Pourtant, sans imposition commune, sans constitution européenne (une vraie...), et sans executif/legislatif/judiciaire fort, l'Europe ne servira à rien, sinon à sacraliser un marché commun fort utile d'un point de vue économique, mais bien inutile d'un point de vue diplomatique.
Mais qui (ne serait ce qu'en France) osera échanger le eu de voix que sait avoir la France sur la scène internationale contre la voix forte d'une UE dont on sait que la France ne pourra dicter les paroles...
Sans évènement traumatique, j'ai bien peur que la construction européenne en un état (ou rassemblement d'états) fort ne soit illusoire.
Mais je continuerai à me battre pour ! :)
est-ce que l'Europe ne devrait donc pas avoir une place centrale dans nos médias ? L'occasion pour chacun d'en débattre, qu'on soit "pour" ou "contre". Et surtout, pour les dirigeants, y compris les deux nouvelles figues de l'Europe, de nous présenter, à nous citoyens, leur vision ! J'ai peur que ce ne soit pas encore le bon moment, surtout quand je constate le nombre d'articles consacrés à Thierry Henry aujourd'hui...
Non pas que je conteste le fait que ces deux personnes nécessitent un éventuel relooking, mais l'article est trop tranché, et le journaliste a montré un faible intérêt dans la recherche de sources ou de contre-exemples...
"On déconseillera toutefois MTV, le choc des cultures risquant d'être fatal à nos deux dirigeants peu habitués encore au monde de Twitter et de Facebook."
Faux.
-> http://hermanvanrompuy.typepad.com/ ; http://www.premier.be/
Est-il décoiffé sur toutes les photos ? (en particulier celle de la bannière)
L'homme vit avec son temps : http://www.facebook.com/pages/Herman-van-Rompuy/43414497474 ; http://www.facebook.com/hvanrompuy?ref=search&sid=847429790.3616563621..1
Quant-à elle, elle sait aussi se faire prendre de belles photos...
http://ec.europa.eu/commission_barroso/ashton/profile_en.htm
Plus qu'un relooking, ces deux personnes ont besoin d'un soutient européen et de la confiance. Certes ce ne sont pas des personnes très charismatiques mais elles représentent l'Europe intelligente, consensuelle, conservatrice, plutôt âgée.
M.Augé,
si les dirigeants des 27 membres de cette petite et déjè très vieille Europe, avaient au moins la décence de nous montrer un intérêt autentique à que ce continent devienne une véritable puissance dans son union, et ça à tous les niveaux: politique, économique, social etc., je pense qu'ils n'auraient pas des grands problèmes à nous convaincre. Mais cette élection montre de fait le diséntêret total de nos dirigeants car, notamment pour ce qui est de Mrs. Asthon, l'Europe s'incline aux politique ango-saxones (étasuniennes en effet et, concernant le problème finacier et économique cela fait trembler)) et laisse aux deux qui restent (USA et Chine) le contrôle et le pouvoir sur tous les points "chauds", M.O et Afrique surtout.
En conclusion, la traduction de ce que nos grands présidents et premiers ministres nous disent est: "laissons tomber notre ambition d'union véritable et continuons avec nos petits jeux nationaux avec leurs équilibres changeants et leurs rapports de force sur lequels baser nos politiques nationales".
Face à ça comment voulez vous qu'on s'intéresse à ces petits jeux de bas niveau? Mieux, beaucoup plus excitant et réel de s'intéresser de football, c'est une métaphore puissante de ce qui advient dans les domaines de la politique: tricheries officieusement acceptées par des arbitres achetés et "au diable" (j'en auirais une bien meilleure en italien mais elle contient le mot interdit...) le public bien-pensant!
Je suis d'accord avec vous sur le manque d'ambition. L'Europe ne possède pas d'ambitions et le montre avec cette élection. Je trouve ça dommage. J'aimerais qu'on s'intéresse à l'Union européenne, mais de quoi peut-on parler ? Tout cela est bien opaque. Un peu de transparence, donc de communication, aiderait.
Devant l'hostilité d'une grande partie des Européens au projet de l'Union, il est surtout urgent que notre nouveau duo dynamique explique exactement ce qu'ils font, avant même peut-être de présenter ce qu'ils sont.
Difficile de ne pas partager votre conclusion. Mais n'est-ce pas précisément pourquoi, ils ne leur faudrait surtout pas chercher à se relooker ?
Après tout est-ce que la chance de l'Europe ce ne serait pas justement qu'avec une élection par liste des députés et une sélection des nouveaux visages qui échappe totalement au processus démocratique, ce soit le dernier espace politique où la communication serait moins importante que l'action ?
J'aime bien la démocratie et je suis attaché au fait que l'action des responsables soit soumise à la légitimité du scrutin, mais si l'Europe devient une réserve naturelle pour les hommes et les femmes politiques moches, mal attifés, mais compétents, comment ne pas s'en féliciter.
Il est vrai que pour l'instant, il semblerait qu'ils doivent leur promotion essentiellement au fait qu'on ne les supposait pas capable d'une quelconque action. Mais parfois, la fonction fait l'homme (ou la femme). :~)
J'ai l'impression qu'en France, la communication a mauvaise presse parce qu'elle est incarnée par les mauvaises figures, comme Beigbeder, Ardisson ou Séguéla. Le fait que cette trinité (entre autres) ait pervertie la démocratie est possible, mais la communication n'est pas le Mal, elle permet de faire passer une message qui autrement ne serait pas perçu de façon adéquate. Dans le cas de l'Europe, si les idées existent, elles sont extrêmement mal communiquées. Je me permets donc de suggérer aux caciques de la "com" européenne de faire un effort et d'arrêter de penser que leur message finira par passer parce qu'il est noble, et que la communication le vulgariserait. Il faut prendre en compte la nature humaine : qui écoutait Ségolène Royal quand elle était "moche" ? Peu de gens, moins qu'aujourd'hui. Ce n'est ni triste, ni déplorable, cela fait partie de la nature humaine de communiquer par la parole, le geste, les vêtements et il faut en tenir compte en politique sans qu'un joli minois n'éclipse la pensée ou l'action.
Merci de votre commentaire :)
J'ai l'impression qu'en France, la communication a mauvaise presse parce qu'elle est incarnée par les mauvaises figures, comme Beigbeder, Ardisson ou Séguéla. Le fait que cette trinité (entre autres) ait pervertie la démocratie est possible, mais la communication n'est pas le Mal, elle permet de faire passer une message qui autrement ne serait pas perçu de façon adéquate.
Beigbeder Ardisson ou Seguela sont des nains en matière de communication en comparaison des spins doctors anglo-saxons !
Karl Rove le conseiller de Georges Bush ou Alastair Campbell pour Tony Blair, ont eu une influence autrement plus néfaste et spectaculaire sur les opinions politiques anglo-saxonnes que nos petits français. Et là, la communication, c'était le mal: mensonge, désinformation, pressions politiques et économiques.
La communication est nécessaire en politique, mais j'aime autant qu'elle ne soit pas trop performante.
C'est même le plus souvent dans ses ratées qu'elle fait le plus progresser la démocratie: la tunique de Ségolène au Palais des sports, où l'enthousiasme de tous les ministres pour le génie d'un Jean Sarkozy nouveau Président de l'EPAD, auront été autant d'occasion de rappeler au citoyen ce qui compte dans le message politique.
Les trois dont je parle représente la "com" en France. Dans les pays anglo-saxons, les méthodes sont différentes. Je note que vous citez Rove et Campbell, mais pas Carville qui a contribué à transformer la politique en champ de bataille où tous les coups sont permis (voir le formidable film "Our Brand is Crisis" que j'avais déjà cité dans Slate).
Curieusement, je suis plutôt d'accord avec vous, je préférerais que le style ne soit pas plus performant que le message. Toutefois, dans une époque d'hyperinformation, il est nécessaire de pouvoir se faire entendre parfois pour la bonne cause. Utiiser les méthodes de l'adversaire ne revient pas à accepter son message. Si l'Europe est une "bonne" idéologie, alors elle doit changer sa façon de communiquer pour se faire comprendre de centaines de millions d'Eurosceptiques (vous voyez, on n'a même pas de chiffres exacts sur les partisans de l'Europe et ses opposants, donc on ne peut même pas travailler à convaincre les réticents et à conforter les thuriféraires). Moi-même, je ne suis pas du tout convaincu de la vision de l'Europe qu'ont ses dirigeants, et j'aimerais plus de communication ou si vous préférez d'explications.
Pour finir, non, la com, ce n'est pas le mal, mais si l'on ne retient que Rove, Campbell, Séguéla, Beigbeder ou Ardisson, alors oui, c'est très mauvais ! Puis-je me faire de la pub et vous renvoyer à mon ouvrage sur la propagande ? :)
« J'aimerais qu'on s'intéresse à l'Union européenne, mais de quoi peut-on parler ? Tout cela est bien opaque. Un peu de transparence, donc de communication, aiderait »
N’est ce pas là votre rôle, et celui des journalistes, de chercher de quel sujet européen parler ?
À défaut de pouvoir expliquer comment ça marche, quels sont les enjeux d’aujourd’hui, de demain ou d’après demain.., on peu toujours parler de la pluie et du beau temps !
Les médias ont leur part de responsabilité dans la sous exposition, la sous représentation de l’Europe, des députés européens, et de leur actions (ou non actions). Dans votre article, vous ne vous attachez qu’à l’image et l’apparence.., trop ceci, pas assez de cela. Vous devriez commencer par expliquer le rôle du président élu, si vous le savez. Dans le cas contraire vous devriez aller à la pêche aux renseignements…
Tous les journalistes et médias (y compris sur Slate) se cantonnent à parler de l’Europe, uniquement à travers des questions/réponses posées aux députés français (Débat et points de vues franco français) !
Quand irez vous interroger des députés Danois, tchèques, Autrichiens, Grecques ou Portugais sur ce qu’ils pensent de l’élection du président de l’Europe, des problèmes de la pêche en Europe, ou/et en France ?
Quand irez vous interroger des députés Danois, tchèques, Autrichiens, Grecques ou Portugais sur ce qu’ils pensent des délocalisations et des fermetures d’usines en France, en Espagne, ou en Belgique ?
Quand interrogerez-vous nos chroniqueurs, Copé, Hollande, Bélier, etc., « qui se définissent comme des Européens » plus que convaincus, car ils ont l’Europe dans leur trippes.., sur telle ou telle fermeture d’usine à Frankfort, Barcelone, ou Athènes ?
Bonne journée
Belle agressivité, mais un peu vaine. Je ne suis pas journaliste, comme le précise mon profil qui vous est accessible, et j'enseigne la communication de masse à l'université, ce qui explique que je me concentre sur l'aspect médiatique de l'élection. Les contributeurs de Slate proviennent d'horizons différents, et chacun apporte donc une "méthode" différente d'analyse de l'actualité. Cela dit, je puis tout à fait essayer de vous apporter un point de vue qui ne soit pas franco-français, puisque j'ai quitté la France depuis quinze ans, et que je travaille et vis en Europe centrale. Si vous voulez des avis autrichien, slovaque, tchèque ou hongrois, je me ferais un plaisir de vous les rapporter. Mais vous ne devez pas compter sur moi pour aller à la pêche aux renseignements, parce que je ne sais pas ce que c'est. Quant à parler du temps qu'il fait, il me semble que la plupart de nos contemporains discutent déjà du football. Merci de votre commentaire, mais votre colère ne devrait pas m'être destinée.
Voilà un des charmes d'internet!
On croit donner une belle leçon au *** qui a osé se fendre d'un article , en prenant le monde à témoin.
Le clic fait du bien. Quelle libération émotionnelle!
Juste le temps de boire une petite mousse et on reçoit un méchant coup de pied au """.
Avec le monde entier qui rigole!!!!!!
M Jen Sairien maintenant va devoir s'appeler M Je Saitout
Hilarement votre
« M Jen Sairien maintenant va devoir s'appeler M Je Saitout »
Celle là on me la déjà fait.., il me semble que question donneur de leçons vous vous posez là ! Si poser des questions vous apparait comme une affirmation…Il y a du boulot pour vous expliquer la sémantique des mots !
Deux petites rectifications:
« Belle agressivité, mais un peu vaine. Je ne suis pas journaliste, comme le précise mon profil qui vous est accessible, et j'enseigne la communication de masse à l'université, ce qui explique que je me concentre sur l'aspect médiatique de l'élection. »
1) Il est dommage que vous preniez ça pour de « l’agression » ou de la « colère » en tout cas ce n’était pas mon intention, tout au plus de l’ironie puisque vous posez vous-même la question - J'aimerais qu'on s'intéresse à l'Union européenne, mais de quoi peut-on parler ?-.Je sais bien que tout le monde ne peut avoir la même perception dans la communication…
2) Je n’ai jamais dit que vous étiez journaliste, vous devriez relire mon propos- N’est ce pas là votre rôle, et celui des journalistes, de chercher de quel sujet européen parler ? - Je parle de votre rôle de spécialiste de la communication « et » des journalistes (qui sont eux aussi des communicants). Merci de me rappeler la méthode d’analyse sur Slate, il faut dire que je viens d’arriver…
Bonne journée
Je peux comprendre votre énervement devant la manière dont la question européenne est traitée dans les médias français en général. Cela dit, je ne pense pas mériter votre courroux et il me semble que j'ai pris pour tout le monde :) Je vous remercie toutefois de votre commentaire dynamique et espère, tout comme vous, que la question européenne sera un peu plus centrale à l'avenir. Cela passe par la désintégration des entités nationales, ce qui me semble mal parti. Car, au final, qui a envie d'une équipe de foot européenne devant les délices de la polémique sur la main de Thierry Henry ?
Oui, pourquoi pas un peu de glamour dans les institutions européennes? Angeline Jolie est ambassadrice de bonne volonté du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). Claudia Schiffer est ambassadrice de l'UNICEF. C'est pour quand Eva Green à la Commission européenne? Barroso, alleï!, prend note.
Eva Green à la commission européenne, j'adhère complètement ! Excellent choix !
Bonjour,
Votre artcile m'a bien plu et je suis d'accord avec vous sur le fait que la communication politique a pris une utilite precieuse de nos jours ( bien qu'elle ne doive rester qu'un moyen et non une fin en soi, au risque de s'acheminer vers de gros problemes de legitimite a la fin, notamment... )
Une question de fond que je me pose quant a cette nomination a la tete des institutions europeennes:
Est-ce qu'il est normal que ce soit un ressortissant d'un pays qui n'est pas tout a fait en Europe, nommement l'angleterre ( ou le Royaume-Uni ), qui soit a la tete de ce qui doit etre a terme "la voix unique de l'Europe"?
Est ce normal qu'un pays - que je ne considere pas europeen en fait - qui prenne ce qu'il veut de l'Europe en y rejetant le reste, par le fameux principe des "opt-outs", puisse concevoir et comprendre et accepter la logique integrative de l'Union, toute chose egale par ailleurs?
Comment un ressortissant d'un tel pays peut donc parler au nom de l'Union Europeenne si son pays n'a pas epouser les valeurs de celle-ci?
Merci,
Paul
Je ne me prononcerai pas sur l'Angleterre, mais je suis entièrement d'accord avec vous sur la communication politique qui doit être un moyen et non une fin en soi. Merci pour votre commentaire.
On a l'Europe qu'on mérite. En tant qu'anglais je suis bien placé pour le savoir!
Mais revenant aux faits:
* Depuis Rome chaque avancée vers un Etats Unis Européen (que je souhaite) a été accordée par des politiciens européens qui en ce faisant sacrifiait un peu de leur propre pouvoir national.
* Il est vrai qu'en ce faisant, chaque pays - La France en tête - a cherché à tirer la couverture un peu vers lui (voir le PAC en autre). Quant à Thatcher...
* Il est vrai aussi qu'il existe chez les uns (notamment chez les Anglais) une vision plutôt économique que politique de l'UE. Mais les USA ont commencé ainsi à Boston sur une question économique...
* M. Cameron est parmi eux. Mais il doit dormir mieux la nuit depuis que les Irlandais et un certain président Czech lui a épargné d'avoir à honorer une promesse bien embarrassante de tenir un référendum dans sons pays qui aurait donné un 'NON' - à la Française!
* Rappelons quand même que c''est la première fois dans l'histoire qu'un ensemble de pays indépendants cherchent à s'unir sans menace militaire ou autre venant de l'extérieur.
* C'est inouï, lent, frustrant et parfois pathétique mais tellement intelligent !
L''Europe d'aujourd'hui c'est l'Europe que nous méritons. Donnons une chance à ces deux inconnus à structurer ces nouvelles fonctions, les faire connaître et se faire connaître. Après eux des candidats plus 'sexy' se présenteront.
Je pense, en tout cas, qu'il ne faut surtout pas soumettre ces nouvelles fonctions au traitement bling bling frivole comme semble proposer M. Augé
La frivolité de la vie politique d'aujourd'hui dans nos pays est le reflet du peu d'importance qu'on les décisions des politiciens nationaux dans l'espace européenne.
75% des décisions importantes en Europe aujourd'hui émanent de Bruxelles - au grand dam de M. Le Pen et ses copains!
Cher Monsieur,
il semble que vous n'ayez pas compris mon article : je ne propose à aucun moment de soumettre la fonction de qui que ce soit à un traitement "bling bling". Cela dit, en retour, je dois avouer ne pas bien comprendre l'Europe, ni le rôle de l'Angleterre dans ce projet. Je propose donc plus de communication ou de propagande. Dans ce domaine, le gouvernement britannique est l'un des meilleurs au monde, il a donc son rôle et j'estime qu'il devrait aider la Commission européenne avec efficacité. Merci pour votre messsage.