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Notre consommation d'infos ressemble beaucoup à celle de l'Angleterre de 1655

Repéré par Peggy Sastre, mis à jour le 05.01.2017 à 17 h 03

Repéré sur Huntington Library Quarterly, Université de Californie à Santa Barbara

Avec les réseaux sociaux, notre modèle médiatique très personnalisé n'est pas très éloigné du temps des «réseaux postaux» et des bulletins manuscrits, avant que les journaux imprimés ne connaissent leur essor.

Capture Twitter

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Ce matin, comme à peu près tous les autres, vous commencez votre journée en ouvrant votre boîte mail, en faisant un tour sur vos multiples comptes sur divers réseaux sociaux. Des amis partagent des informations, vous y croyez, vous retransmettez à vos propres contacts celles qui vous plaisent le plus et, si vous faites partie de la grosse moyenne de la population, vous allez passer toutes ces étapes sans jamais vous donner la peine de les vérifier. Pas tant parce que vous n'avez pas le temps, mais surtout parce que vous vous fiez aux sources que constitue votre entourage numérique.

Soit, avancement de la technologie mise à part, à peu près ce que pouvait vivre un Anglais du milieu du XVIIe siècle, selon les conclusions d'une étude menée par Rachael Scarborough King, chercheuse à l'université de Californie à Santa Barbara, spécialisée dans les rapports entre médias et littérature dans la Grande-Bretagne moderne.

«Tant d'informations nous parviennent aujourd'hui parce qu'elles nous sont recommandées par des gens que nous connaissons», résume King, dont les travaux montrent combien le modèle de notre consommation hyper-contemporaine d'infos n'est vraiment pas éloigné du temps des bulletins manuscrits, ces correspondances mélangeant infos «sérieuses» et potins divertissant, et dont la valeur était largement dépendante de la personnalité du billettiste –les plus réputés essaimaient auprès de 500 correspondants.

«Un modèle beaucoup plus personnel»

Des missives qui seront progressivement supplantées par les journaux imprimés, après près d'un siècle de compétition acharnée entre presse et «réseaux postaux».

«Il s'agit deux modèles médiatiques différents. On n'accède pas aux informations et on ne les authentifie pas de la même manière. À l'heure actuelle, il semble qu'on en revienne à un modèle beaucoup plus personnel de consommation d'informations, où ces dernières valent avant tout parce que vous vous fiez à la personne qui vous les transmet.»

L'indice que nous n'en serions donc pas tant arrivés à un «nouveau» mode de consommation d'informations que retournés à un modèle archaïque de quatre siècles, antérieur aux sources «verticales» que sont les médias devenus traditionnels –et à l'époque novateurs. Et la preuve que les informations sont cycliques et la vie un éternel recommencement.

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