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Des vêtements vous protègeront bientôt de la reconnaissance faciale

Repéré par Xavier Ridel, mis à jour le 04.01.2017 à 16 h 36

Repéré sur The Guardian

Créés par un artiste berlinois, ils pourraient très vite devenir essentiels à la sauvegarde de notre vie privée.

WHAT ARE YOU LOOKING AT? | nolifebeforecoffee via Flickr CC License by

WHAT ARE YOU LOOKING AT? | nolifebeforecoffee via Flickr CC License by

La reconnaissance faciale est partout, dans les églises pour viser les éventuels donateurs, chez Amazon pour régler des courses sans payer ou sur Facebook pour aider les publicitaires (entre autres). Il est impossible de ne pas s’en soucier, ou de ne pas s’inquiéter pour la vie privée de chacun.

Dans un article du Guardian, on apprend que l’artiste berlinois Adam Harvey semble avoir trouvé un début de solution à ce problème: il a dessiné des vêtements visant à cacher leurs utilisateurs de l’œil des cyclopes urbains. Ainsi est donc né HyperFace, un projet développé en collaboration avec le studio Hyphen Labs pour NeuroSpeculative AfroFeminism, qui sera présenté au festival Sundance ce mois-ci.

Un premier prototype de vêtement anti-reconnaissance faciale, par Adam Harvey

«Si l’algorithme de vision d’un ordinateur cherche et attend un visage, donnez-lui ce qu’il veut.» Voilà comment son créateur définit en gros HyperFace. Là où le précédent coup de maître de Harvey, CVDazzle, visait à cacher le visage de l’utilisateur des détecteurs de faciès à l'aide de maquillage et des cheveux, HyperFace leur donne à voir ce qu’ils cherchent par le biais de simples vêtements. Soit des dizaines et des dizaines de motifs de visages brouillant la détection.

La mode en attente d'une révolution?

Ainsi la caméra est-elle décontenancée, et se détourne de sa cible première. L’artiste juge ce processus infiniment important, et affine son propos en prenant l’exemple d’une photo de 1910, dans laquelle chaque personne porte un couvre-chef. Il déclare ainsi au Guardian :

«D’ici cent ans, nous connaitrons une transformation similaire dans la mode et la façon dont nous nous habillons. À quoi cela ressemblera t-il? À quelque chose qui nous permettra de protéger notre vie privée, je l’espère.»

Une image de l'HyperFace, créant une multitude de visages pour détourner le regard des caméras

 

Il étaye ensuite son propos en listant 47 données que des chercheurs se disent capables de percevoir chez un être humain. Le tout, à partir d’une photo qui serait 40 fois plus petite qu’une image Instagram –en d’autres termes, une image minuscule. Lesdits critères contiendraient par exemple «meurtier», «pédophile», «gentil» ou «méchant».

Détournements

L’artiste insiste ensuite en affirmant que cette stratégie, si elle a d’abord eu pour but de protéger les populations, s’apprête à être détournée à des fins commerciales. Chose qui, à vrai dire, existe déjà depuis 2011.

«Nombre d’autres chercheurs planchent désormais sur un moyen de détourner tout cela en marketing.»

Puis il ajoute qu’à son sens, cette surveillance ininterrompue relève presque de l’eugénisme de Francis Galton. Adam Harvey dévoilera tous les détails sur le projet fin janvier, au moment du festival Sundance.

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