Double XTech & internet

Victime de harcèlement en ligne, elle riposte en contactant les mères de ses trolls

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 04.01.2017 à 10 h 45

Repéré sur Washington Post

Ciblée dans le cadre du pizzagate, une musicienne tente de dialoguer avec la famille de ceux qui la harcèlent.

UN TROLL | MATTHIJS via Flickr CC License by

UN TROLL | MATTHIJS via Flickr CC License by

Amanda Kleinman fait partie du groupe de rock Heavy Breathing, et depuis qu'elle a eu le malheur de faire des concerts à la pizzeria Comet Ping Pong de Washington, elle est accusée de faire partie d'un réseau pédophile. En effet, cette pizzeria est au coeur de la théorie du complot dite du pizzagate, selon laquelle cet établissement accueille un réseau pédophile dirigé par l'ancien directeur de campagne d'Hillary Clinton, John Podesta. 

Il n'y a aucune preuve réelle de l'existence de ce réseau, mais depuis plusieurs mois, Kleinman (ainsi que de nombreuses autres personnes associées à cette pizzeria) a reçu des centaines d'insultes et de menaces en ligne. Comme le rapporte le Washington Post, elle a tout essayé pour riposter. Elle garde des captures d'écran des insultes qu'elle reçoit, elle a appelé la police et parlé à la presse, mais cela n'a pas stoppé le déversement de haine à son encontre. Les procès contre les harceleurs en ligne sont rares (seulement dix aux États-Unis entre 2010 et 2013), et lorsque Twitter bloque un usager agressif, d'autres réapparaissent aussi vite. Kleinman a donc tenté un autre type de réponse: contacter les mamans des trolls. 

«Ah mon dieu le petit con»

Sur Facebook, elle a retrouvé la mère d'une des personnes qui la harcèle le plus violemment et lui a tout simplement demandé de parler à son fils pour qu'il arrête de l'insulter. Elle n'a pour l'instant reçu aucune réponse, mais ce geste symbolique lui a permis de se sentir moins impuissante. En ce qui concerne les moyens de défense plus concrets, elle a acheté des barres en aluminium qu'elle garde à la maison.

Kleinman n'est pas la première victime de harcèlement en ligne à tenter de dialoguer avec la famille des pires trolls. En 2014, Alanah Pearce, une journaliste australienne spécialisée dans les jeux vidéo, avait contacté plusieurs mères de jeunes hommes qui lui envoyaient des menaces de viol.

L'une d'entre elles avait répondu:

«Oh mon dieu, le petit con. Je suis désolée. Oui, je vais lui parler».

Parfois, des jeunes garçons m'envoient des menaces de viol sur Facebook, alors j'ai commencé à le dire à leurs mères.

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