Science & santé

Au Japon, les robots remplacent déjà certains employés de bureau

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 03.01.2017 à 17 h 02

Repéré sur Quartz, Mainichi

Dans une compagnie d'assurance en particulier, ils auront la force de travail de 34 employés humains.

Caught Coding | Steve Jurvetson via Wikimédia CC License by

Caught Coding | Steve Jurvetson via Wikimédia CC License by

«Les robots vont voler notre travail.» La ritournelle, assez directe mais qui témoigne de l'une des inquiétudes de notre époque, se vérifie dans une partie de l'industrie et des services. Difficile en effet d'ignorer la montée en puissance des chaînes de montages gérées par les robots dans les usines et des voitures autonomes sur les routes.

Ceux dont le travail est essentiellement pas manuel et fait appel à des capacités encore inaccessibles aux machines pouvaient espérer être épargnés. C'est le cas, par exemple, des journalistes (quoique). Mais cela pourrait bientôt changer avec l'émergence de robots capables de faire office d'employés de bureau. Sur son site, Quartz explique qu'une compagnie d'assurance japonaise, Fukoku Mutual, va mettre en service dans les jours qui viennent des robots dont la force de travail équivaut à celle de 34 humains.

«Penser comme un humain»

«IBM Watson Explorer», c'est le nom de cette IA qu'IBM présente comme un robot capable de «penser comme un humain», «va scanner les fichiers des hôpitaux et d'autres documents pour évaluer les remboursements nécessaires, affacturer les patients blessés, gérer l'historique médical et la partie administrative», écrit le site. Les humains, eux, seront en bout de chaîne pour exploiter les données récoltées et digérées par les robots. Fukoku Mutual a dépensé près de deux millions d'euros pour acquérir un système d'intelligence artificielle qui lui fera gagner 30% de productivité et surtout économiser environ un million d'euros par an.

Sur son site, le journal japonais The Mainichi explique que d'autres entreprises japonaises ont également choisi des robots plutôt que des employés de bureau. Sans conséquences désastreuses pour l'emploi. «Dai-ichi Life Insurance Co. utilise déjà un système Watson pour effectuer les évaluations de paiements aux côtés d'humains chargés de la vérification, et il s'avère qu'il n'y a pas eu de réduction significative des effectifs ou de réorganisation dans l'entreprise à cause de l'arrivée de l'IA. […] Par ailleurs, Nippon Life Insurance Co a commencé ce mois-ci à utiliser un système d'IA pour analyser les meilleurs plans de couverture pour les personnes, sur la base de 40 millions de contrats d'assurance gérés par les différents employés. Les résultats sont alors utilisés comme référence par les chargés de vente.»

En revanche, si l'impact sur l'emploi semble limité à l'heure actuelle dans ces entreprises, il est impossible pour l'heure d'évaluer l'impact sur la pression ressentie par les employés humains, qui voient forcément leur travail et leurs objectifs évoluer. Dans une de ses newsletters hebdomadaires rédigées pour Slate, la journaliste Titiou Lecoq l'expliquait en octobre dernier: «Le marché du travail se divisera de plus en plus en deux: d’un côté, ceux qui donnent des ordres à des ordinateurs; de l’autre, ceux qui obéissent aux ordres de la machine.» Choisis ton camp, camarade.

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