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L'attaque d'une boîte de nuit à Istanbul est un Bataclan à la turque

Temps de lecture : 2 min

Un assaillant a fait au moins 39 morts lors des festivités du Nouvel An.

Des membres des forces spéciales turques après l'attaque de la boîte de nuit Reina, le 1er janvier 2017. YASIN AKGUL / AFP.
Des membres des forces spéciales turques après l'attaque de la boîte de nuit Reina, le 1er janvier 2017. YASIN AKGUL / AFP.

Une attaque perpétrée par un tireur a fait au moins 39 morts et 65 blessés au Reina, une célèbre discothèque d'Istanbul, lors des festivités du Nouvel An, dans la nuit du samedi 31 décembre au 1er janvier. L'assaillant, armé d'un fusil d'assaut, est rentré dans le club à 1h15 du matin et a ouvert le feu avant de prendre la fuite. L'attaque, qualifiée de terroriste par les autorités, n'a pas été encore revendiquée, alors que la Turquie a été récemment le théâtre d'attentats revendiqués par l'organisation État islamique ou par des mouvements liés à la rébellion séparatiste du PKK.

Le modus operandi rappelle en tout cas fortement celui de deux autres attentats perpétrés ces derniers mois, ceux du Bataclan à Paris le 13 novembre 2015 (90 morts, dans le cadre d'attaques coordonnées faisant au total 130 morts en région parisienne) et de la discothèque Pulse à Orlando le 12 juin 2016 (50 morts, lors d'une attaque également revendiquée par Daech). La comparaison entre les trois événements revient d'ailleurs largement sur les réseaux sociaux, dans plusieurs publications turques ainsi que sur le site spécialisé Consequence of Sound, qui écrit qu'il s'agit «de la dernière d'une série d'attaques ciblant spécifiquement des salles de concert et des boîtes de nuit».

On la trouve également dans la bouche et sous la plume de plusieurs témoins et analystes. Aykan Erdemir, ancien membre du Parlement turc, a ainsi dressé pour l'Associated Press une analogie avec l'attaque du Bataclan: «Il s'agit d'une attaque sur le style de vie occidental. D'une attaque sur le mode de vie laïc et urbain en Turquie. Et cela va simplement alimenter les conflits culturels en cours, la polarisation croissante du pays.» Le gouverneur d'Istanbiul, Yasip Sahin, a lui estimé que «l'assaillant, de la plus brutale et impitoyable des façons, a ciblé des innocents qui étaient seulement venus ici pour célébrer le Nouvel An et s'amuser».

Selon al-Jazeera, le Reina, «cher et sélectif», constitue un des lieux favoris «de la jeune élite laïque turque et un des plus prestigieux lieux nocturnes du pays». Il est aussi très fréquenté des touristes étrangers –le premier bilan fait état d'au moins 15 étrangers tués, et, selon le Quai d'Orsay, une Franco-Tunisienne a été tuée et au moins trois Français ont été blessés. Sefa Boydas, un footballeur qui a assisté à l'attaque, a expliqué au site qu'il s'était senti nerveux à l'idée de faire la fête dans cet endroit un 31 décembre: «Un ami m'a dit: “Cela n'arriverait jamais dans un endroit comme le Reina”. Je lui ai dit qu'en fait, c'est des endroits comme cela qui étaient des cibles.»

De son côté, le journaliste Guido Olimpio, spécialiste du terrorisme au Corriere della Sera, écrit que:

«Les boîtes de nuit ou les lieux publics font partie des cibles favorites des formations islamistes. Nous l'avons vu à Paris avec le massacre du Bataclan, puis à Orlando. Ce sont des lieux de rencontres et de divertissement que la propagande de l'organisation État islamique a demandé à plusieurs reprises de transformer en cibles, parce que, dit-elle, ils sont faciles à attaquer

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