Monde

La présidentielle iranienne, scrutin le plus important de 2017?

Repéré par Jean-Marie Pottier, mis à jour le 01.01.2017 à 17 h 59

Repéré sur Marginal Revolution

Quinze jours après l'élection présidentielle française, l'Iran élira à son tour son chef de l'État. Un scrutin qui pourrait avoir des répercussions mondiales.

Le président iranien Hassan Rohani, le 6 octobre 2016 à Hanoï. HOANG DINH NAM / AFP.

Le président iranien Hassan Rohani, le 6 octobre 2016 à Hanoï. HOANG DINH NAM / AFP.

En 2017, l'Europe aura les yeux fixés sur l'élection présidentielle française, en avril et mai, et sur les élections législatives allemandes, probablement fixées en septembre. Mais constituent-elles les élections les plus importantes pour l'avenir du monde? Ce n'est pas l'avis de l'économiste Tyler Cowen qui, sur son blog Marginal Revolution, place en tête de liste des événements à suivre cette année l'élection présidentielle iranienne, fixée au 19 mai, lors de laquelle Hassan Rohani sollicitera un second mandat:

«L'Iran organise des vraies élections –en quelque sorte– mais Rouhani y survivra-t-il? Ou les tenants de la ligne dure referont-ils surface? Dans quelle mesure Rohani peut-il lui aussi être considéré comme un tenant de la ligne dure, de toute façon? À suivre de près. J'ajouterai juste un postulat ici: plus le président américain est imprévisible, plus l'identité et les décisions des autres dirigeants mondiaux comptent.»

Le même Tyler Cowen ajoute, à la fin d'une liste en dix points, qu'«il existe des chances que les élections françaises et allemandes finissent par faire partie de cette liste, mais pour l'instant, dans les deux cas, les prédictions les plus crédibles vont vers le business as usual» –sans doute une référence au fait qu'Angela Merkel reste favorite des élections allemandes et qu'en France, la nécessité d'une majorité absolue au second tour de la présidentielle semble rester un obstacle sérieux à l'arrivée au pouvoir du FN.

Comme le rappelle The Atlantic, Rohani avait créé la surprise en l'emportant en 2013 mais son bilan est pour l'instant mitigé et l'accord sur le nucléaire qu'il a conclu avec les États-Unis est menacé par l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, qui s'est montré très critique envers ce compromis pendant la campagne électorale. Selon le Tehran Times, il reste néanmoins favori pour sa réélection quand on considère la marge énorme sur laquelle il avait bâti sa victoire en 2013: il l'avait emporté dès le premier tour avec près de 51% des voix, aucun des cinq autres candidats ne dépassant les 17%. Comme le souligne le Financial Times, «les rivaux de Rohani ne se sont pas encore accordés sur un candidat pour le défier, le guide suprême Ali Khamenei ayant demandé à Ahmadinejad de ne pas se présenter» –ce dernier, président de 2005 à 2013, n'avait pas pu concourir la dernière fois car il est impossible d'effectuer plus de deux mandats consécutifs.

«Le fait que Rohani survive ou non à cette élection, et que l'Iran adopte ou non une attitude plus belliqueuse, aura d'importantes conséquences sur le Moyen-Orient et au-delà», ajoute le quotidien britannique. Depuis la Révolution islamique de 1979, les quatre présidents qui ont sollicité un second mandat –Ali Khamenei, Hachemi Rafsandjani, Mohammad Khatami et Mahmoud Ahmadinejad– ont tous été réélus.

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