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Face au Brexit, à Trump, à Poutine et à la menace islamiste, les Européens aiment à nouveau l’Europe

, mis à jour le 01.01.2017 à 9 h 16

Manifestation anti-Brexit devant le Parlement, à Londres, le 28 juin 2016 | JUSTIN TALLIS/AFP

Manifestation anti-Brexit devant le Parlement, à Londres, le 28 juin 2016 | JUSTIN TALLIS/AFP

L’Union Européenne n’a pas vraiment été épargnée par les crises au cours des dernières années. La crise de l’euro et de la dette, l’effondrement financier de la Grèce, la guerre en Ukraine, les attentats islamistes et l’afflux de réfugiés ont profondément divisé les opinions publiques dans tous les pays européens. Certains y ont vu les signes de l’échec de l’Union Européenne et d’autres des raisons supplémentaires de renforcer les liens entre pays de la «vieille Europe».

Mais comme le souligne MSN, deux évènements récents considérés comme catastrophiques pour l’Europe, le Brexit et l’élection de Donald Trump à la Présidence des Etats-Unis, pourraient bien devenir sa chance. Car ils montrent aux différents pays de l’Union et plus encore à leurs opinions publiques qu’ils n’ont pas d’autre choix que de se serrer les coudes et faire face ensemble. 

C’est en tout cas le résultat surprenant que montre un sondage réalisé par la Bertelsmann Foundation. Dans cinq des six pays les plus peuplés de l’Union, les opinions favorables à l’Europe progressent. Le seul pays où elles reculent est l’Espagne. Et au Royaume-Uni, si la consultation sur le Brexit était refaite aujourd’hui, une majorité des électeurs voterait contre.

2016, l'année qui prouve la nécessité de l'Europe

Comment cela est-il possible? Il y a deux explications. La première est que la sortie de l’Union par le Royaume-Uni semble être politiquement et plus encore économiquement périlleuse. La seconde est que la crainte de ne plus pouvoir compter sur l’allié américain contraint les Européens à se ressouder. Illustration: plus de 40% des Danois souhaitaient un référendum sur la sortie de l’Europe avant le vote sur le Brexit, ils sont aujourd'hui 10 points de moins à le vouloir.

La crainte pour la défense et la sécurité de l’Europe face à la menace terroriste et à celle de l’armée russe a créé un sentiment d’urgence. Et même le Président allemand, Joachim Gauck, vient d’appeler à un renforcement de la coopération européenne sur la sécurité et des moyens de défense. Le discours allemand depuis des décennies était plutôt celui du désarmement et du «dialogue».

La défense européenne et la sécurité européenne semblent d’autant plus nécessaires que l’OTAN n’est plus une priorité américaine. L’administration Obama l’avait déjà clairement signifié et Donald Trump a encore été plus explicite en déclarant pendant la campagne présidentielle américaine que les Etats-Unis ne voulaient plus payer pour la défense de pays en Europe qui n’étaient pas prêts à faire le moindre effort financier dans le domaine militaire.

Comme le souligne MSN, «Ce serait ironique que 2016, l’année qui a semblé marquer le début de la fin pour l’Union Européenne, soit en fait le début d’un renforcement de l’Europe face aux menaces de toute nature».


 

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