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Pour les vendeurs ambulants de New York, il vaut mieux ne pas être voisin de Trump

Repéré par Lucie de la Héronnière, mis à jour le 01.01.2017 à 12 h 06

Repéré sur Extra Crispy

Depuis l'élection présidentielle, les ventes des chariots de nourriture et boissons ont beaucoup diminué dans le quartier de la Trump Tower.

Food cart | Rachel Docherty via Flickr CC License by

Food cart | Rachel Docherty via Flickr CC License by

Dans leurs chariots garés dans les rue new-yorkaises, ils vendent dès l’aube du café, des pâtisseries, des sandwichs, des bagels, des jus… Un journaliste du site Extra Crispy est allé rencontrer les vendeurs ambulants installés «sous l’ombre menaçante de la Trump Tower», sur la Cinquième Avenue au niveau de Midtown Manhattan. Depuis quelques semaines, leurs commerces ne sont plus très florissants.

Ainsi, John, qui a survécu depuis neuf ans à «une myriade de défis posés par le paysage urbain en constante évolution», raconte l’effet catastrophique des mesures de sécurité accrues autour de la Trump Tower depuis le 9 novembre:

«Les deux premières semaines [après l’élection], la police ne m’a pas laissé travailler. Ils m’ont dit “Vous êtes trop proche”, et j’ai donc perdu mon revenu.»

Il a ensuite été autorisé à retourner dans son emplacement. Mais il souligne que ses affaires dépendent de travailleurs matinaux habitués… Or, beaucoup ont changé de trajet pour éviter la zone. Mais de nouvelles personnes affluant dans le quartier, comme les manifestants, les policiers ou les journalistes n’ont-ils pas compensé ces pertes? John affirme que non, particulièrement en colère contre les camions des médias qui piquent les places de stationnement.

Un autre vendeur, Reynaldo, explique à Extra Crispy que depuis l’élection, son activité a diminué de 70 à 80% parce que ses clients réguliers n’aiment plus passer dans le coin, à cause des importantes mesures de protection de la tour. Et les touristes qui viennent faire des selfies devant la Trump Tower? Hélas, dit Reynaldo, «ces gens vont dans des restaurant de haut standard, pas ici». Un peu plus loin, Nasser a quant à lui augmenté ses prix pour faire face à tout cela. Son café est passé de 1 dollar à 1,25 dollars, «c’est le prix du président Trump».

Le problème, c’est que le nombre de permis de vendeurs de nourriture ambulants est limité à 3.000 dans toute la ville (c’est donc une autorisation rare et chère), et qu’il n’est pas facile de changer d’emplacement, à cause d’un «ensemble complexe de règles, écrites et non écrites, qui régissent l’univers du chariot alimentaire à New York». Alors John veut laisser passer un peu de temps pour aviser: «J’attends qu’il aille à Washington. De toutes façons, personne ne l’aime à New York.»

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