Monde

Un Canadien a dépensé 1,5 million de dollars pour sauver 200 réfugiés syriens

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 27.12.2016 à 11 h 43

Repéré sur Toronto Life

Jim Estill est aujourd'hui considéré comme un héros au Canada.

Un drapeau canadien à Vancouver, le 2 juillet 2015 |
NICHOLAS KAMM / AFP

Un drapeau canadien à Vancouver, le 2 juillet 2015 | NICHOLAS KAMM / AFP

Été 2015. Jim Estill, un Canadien de 59 ans vivant à Guelph, PDG d'une entreprise d'électroménager, regarde la télévision. Devant le journal, il se sent impuissant face à l'une des plus grandes crises humanitaires des temps modernes. Devant ses yeux, des images de Syriens se noyant dans la Méditerranée. Il se souvient alors de son ami Franz Hasenfratz, qui a fui la Hongrie communiste pour le Canada. Jim Estill a donc décidé d'agir.

Au Toronto Life, il raconte: «Je ne voulais pas avoir 80 ans et me dire que je n'avais rien fait pendant la plus grande crise humanitaire de mon époque». Il a fait ses calculs et estimé qu'il fallait 30.000 dollars par an pour soutenir une famille syrienne. Au total, il décide de dépenser 1,5 million de dollars pour cinquante familles, un montant astronomique mais accessible pour le PDG d'une entreprise dont les ventes s'élèvent à 400 millions de dollars par an. A terme, il souhaite que ces réfugiés puissent travailler, payer leurs propres courses et parler anglais.

«J'ai dû jouer à Dieu.»

Il a lancé son projet à la fin du mois de septembre 2015, grâce à l'appui de différentes communautés religieuses de Guelph et de centaines de volontaires, notamment d'anciens réfugiés arrivés dans les années 1970 et 1980. Très vite, la nouvelle se répand au Moyen-Orient et Estill est vite inondé par des milliers de mails d'appels à l'aide. Les cent premiers Syriens ont été choisis parce que certains de leurs proches vivaient déjà au Canada. Mais ensuite, le choix a été plus cornélien, en privilégiant les familles face aux célibataires ou aux personnes âgées. «Leurs histoires ont touché ma corde sensible de toutes les façons possibles, explique-t-il au journal. J'ai dû jouer à Dieu. C'était comme aller à la rencontre de milliers de pauvres. Qui aidez-vous? Comment vous choisissez ceux qui sont affamés?» Estill et son équipe ont ensuite fait de leur mieux pour trouver des logements, des vêtements et des fournitures, mais aussi des propositions d'emploi pour les réfugiés et des idées pour gérer au mieux un afflux de dons dépassant largement leurs espérances.

Aujourd'hui, ces 200 réfugiés semblent avoir retrouvé une vie plus ou moins normale, certains travaillant même au sein de l'entreprise d'Estill, Danby. N'importe quel réfugié qui en fait la demande peut travailler chez Danby. Bien sûr, certains ont peur de représailles auprès de leurs proches restés en Syrie, et d'autres culpabilisent d'être partis au lieu de se battre. Mais, à l'instar de Nadeen, mère syrienne venue avec ses trois enfants, beaucoup se considèrent comme de «nouveaux Canadiens» et espèrent bientôt devenir des citoyens canadiens à part entière. De son côté, Estill estime que sa mission n'est pas finie: «J'ai aidé 200 personnes. Maintenant je pense aux 200 suivants.»  

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