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Il y a 25 ans, à Noël, le coup de fil qui marqua la fin de la Guerre froide

George H. W. Bush et Mikhail Gorbachev, le 31 juillet 1991 à Moscou | MIKE FISHER / AFP

George H. W. Bush et Mikhail Gorbachev, le 31 juillet 1991 à Moscou | MIKE FISHER / AFP

Le 25 décembre 1991, deux heures avant d'annoncer sa démission, Mikhaïl Gorbatchev a appelé George H. W. Bush, qui célébrait Noël avec sa famille à Camp David.

George H. W. Bush: «Bonjour Mikhaïl.»

Mikhaïl S. Gorbachev: «George, mon cher ami. C'est bon d'entendre votre voix.» 

G.B.: «Je te salue en ce jour important, ce jour historique.»

C'est ainsi que commence l'un des appels les plus importants de l'histoire, que le New York Times retranscrit aujourd'hui dans son intégralité. L'Union soviétique est alors en train de se disloquer, les Ukrainiens ont voté pour l'indépendance lors d'un référendum et les autres républiques soviétiques s'apprêtaient à faire de même. Boris Eltsine émerge comme une figure dominante contre Mikhaïl Gorbatchev.

Bush et Gorbatchev ont pris l'habitude d'échanger par téléphone régulièrement depuis 1987, détaille le New York Times. Ils veulent éviter que l'Union soviétique ne soit démantelée dans le sang. Ils essaient aussi de régler les conflits régionaux qui éclatent au Moyen-Orient. «La chaleur et le respect mutuel dont ils font preuve entre présidents est évident, note le média américain. Ils sont fiers d'avoir accompli autant ensemble.» 

Que se disent-ils? Gorbatchev demande à Bush de soutenir Eltsine pour que la fin de l'Union soviétique ne soit pas plus violente. Il souligne qu'il compte rester actif en politique –«je ne compte pas aller me cacher dans les bois»– et à quel point il a «aimé leur coopération, leur partenariat et leur amitié». Gorbatchev souhaite un joyeux Noël au président Bush et à sa famille, et lui transmet qu'il fera son annonce le jour même, ayant décidé de ne plus attendre. Avant d'insister sur élément qu'il juge «important»:

«Bien sûr, il est nécessaire de reconnaître tous ces pays. Mais je voudrais que vous gardiez à l'esprit l'importance pour le futur du Commonwealth que le processus de désintégration et de destruction n'empire pas. Aider à la coopération entre les différentes républiques est notre devoir commun. Je voulais vraiment insister sur ce point auprès de vous.»

Il évoque ensuite la Russie, sa démission de toutes ses fonctions. George H. W. Bush le remercie et répond:

«Nous resterons impliqués, en particulier en Russie, dont les énormes problèmes pourraient s'empirer cet hiver. Je suis ravi que vous n'ayez pas dans l'idée d'aller vous cacher dans les bois et que vous serez actif politiquement. J'ai toute confiance que cela bénéficiera au Commonweath (...) J'apprécie vos commentaires sur l'arme nucléraire. C'est une question vitale pour le monde entier et je loue votre action et celle des dirigeants des différentes républiques pour mettre en place ce procédé. Je note avec intérêt que les responsabilités constitutionnelles sur ce sujet ont été transmises à Boris Eltsine. Je vous assure que notre coopération sera bonne sur ce point.»

Il s'adresse ensuite au leader russe de manière plus personnelle et l'invite même à lui rendre visite à Camp David «quand vous aurez remis les choses à plat». «Je veux garder intactes les amitiés qui nous importent beaucoup à Barbara et à moi.» Gorbatchev remercie Bush, qui lui souhaite le meilleur pour la suite, et conclut sobrement: «Au revoir».

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