Culture

Après 30 ans, c'est fini, on se fait beaucoup moins de vrais amis

Repéré par Camille Desmaison-Fernandez, mis à jour le 23.12.2016 à 17 h 57

Repéré sur The New York Times

Vingt ans, c'est l'âge de la rencontre avec nos Best Friends Forever (BFF), nos meilleurs amis pour la vie. À 30 ans on se contente des «Kind Of Friends» (KOF), ces amis situationnels.

friends_chandler_bing_phoebe_buffay_ross_geller_monica_geller_rachel_green_joey_tribbiani_2016_1920x1200 | Peter Pham via Flickr CC License by

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C’est au moment de faire les invitations pour son anniversaire que l’on se rend compte que ses 800 amis sur Facebook ne servent pas à grand chose. On a 30 ans, des critères de sélection plus exigeants, une horloge biologique qui tourne, un rythme de vie bien différent. Et il devient plus difficile de se faire des amis.

Selon Laura L. Carstensen, directrice du Centre de recherche sur la longévité de Stanford, explique qu’il existe chez nous une horloge biologique qui se déclenche pour les grands événements de la vie. Et l’un de ces grands moments, c’est lorsque l’on a 30 ans.

Ce réveil interne nous fait nous concentrer sur le plus important sur le plan émotionnel. «Vous n’aurez pas envie d’aller à cette fête, vous préférez passer du temps avec vos enfants.» Alors à 30 ans, on se fait moins d’amis, mais on entretient les liens avec ceux que l’on a déjà.

La concurrence au travail

Rebecca G. Adams, professeure de sociologie et de gérontologie à l’université de Greensboro, note qu'au travail, il est compliqué de réunir les trois facteurs qui favorisent l’amitié: la proximité, les interactions répétées et imprévues, et un cadre qui encourage les gens à se confier les uns aux autres. À l’école ou à l’université, ces critères là paraissent totalement réunis, tandis que dans le monde professionnel, il devient difficile de préserver la proximité entre collègue. Le marché du travail tend à nous rendre nomades. On change de secteur, de ville, ou tout simplement d’emploi.

La dimension concurrentielle du travail tend aussi à ternir l'amitié. Compétition au niveau du salaire, du statut... La logique est plus à cacher ses faiblesses qu'à se confier à ses collègues, explique Rebecca G. Adams. L’on se crée poliment un réseau sans qu’une réelle amitié commence.

Choisir ses amis scrupuleusement 

Auteure du livre La Crise de l’amitié: trouver, se faire et garder des amis quand vous n’êtes pas un enfant, Marla Paul estime qu’à partir de la trentaine, on devient plus pointilleux avec ceux qui nous entoure. «La barre est plus haute que lorsque nous étions plus jeunes et prêts à rencontrer n’importe qui pour une margarita». Une amitié donc plus exigente et plus fataliste par manque de temps. À mesure que l’on vieillit, notre vie s’érige autour de notre famille, de notre travail, et de nos amis déjà existants. Alors à quoi bon trop s’entourer?

Mais alors, si l’on a ni famille, ni amis, et que nos rapports avec nos collègues sont uniquement concurrentiels, que nous reste-t-il? Dave Cervini a essayé de trouver une solution, avec le New York Social Network, un groupe où des inconnus sont mis en relation pour se rencontrer autour d’un verre, d’une balade ou d’un match de basket. Et tenter de devenir amis. La communauté compte maintenant 2.000 membres, dont la plupart ont la trentaine. 

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