Science & santé

«Il fait des efforts pour me prouver qu'il m'aime, qu'il regrette et qu'il voudrait tout effacer»

Lucile Bellan, mis à jour le 27.12.2016 à 16 h 03

Cette semaine, Lucile conseille Aude, une jeune femme qui ne sait pas si elle doit pardonner son compagnon.

The Sorrows of Aminta | par Bartolomeo_Cavarozz via Wikimedia CC License by

The Sorrows of Aminta | par Bartolomeo_Cavarozz via Wikimedia CC License by

«C’est compliqué» est une sorte de courrier du cœur moderne dans lequel vous racontez vos histoires –dans toute leur complexité– et où une chroniqueuse vous répond. Cette chroniqueuse, c’est Lucile Bellan. Elle est journaliste: ni psy, ni médecin, ni gourou. Elle avait simplement envie de parler de vos problèmes.
Si vous voulez lui envoyer vos histoires, vous pouvez écrire à cette adresse:[email protected]

Pour retrouver les chroniques précédentes, c’est ici.

Je vis une histoire d'amour depuis cinq ans avec un homme, on se connaît par cœur. On a des passions communes et on aime voyager! Quelques fois, on traverse des bas et puis la situation redevient normale. On ne vit pas encore ensemble mais on s'accommode de se voir que le week-end. Seulement aujourd'hui je suis dévastée car il m'a avoué au mois de juillet m'avoir trompée avec sa collègue pendant neuf mois. Neuf mois à me mentir, à me dire qu'il m'aime, à avoir des projets ensemble et me trahir en même temps. Je n'ai rien vu venir. Je suis anéantie, dévastée et lui s’en veut.

J'ai toujours senti cette chose bizarre quand il me parlait d'elle et bizarrement je ne l'ai jamais porté dans mon cœur. Aujourd'hui, il veut tout oublier et construire avec moi. Il n'a pas eu de sentiments pour cette fille, juste une attirance physique. Elle lui a montré qu'il lui plaisait, qu'il était attirant et a profité de ses passions pour qu'il s'intéresse à elle. Je vis cette tromperie comme un drame et Je ne peux m'empêcher d'y penser.

Le pire est qu'il lui faisait une confiance aveugle car ils ne se sont jamais protégés lors des actes. Aujourd'hui, je suis tiraillée entre la rage, la douleur et l'envie de lui pardonner. Je ne sais si cela sera la bonne solution ou si je devrais tout arrêter pour ne plus souffrir. Il fait des efforts pour me prouver qu'il m'aime, qu'il regrette et qu'il voudrait tout effacer.

Mais est-ce qu'il ne recommencera pas? Il voit cette collègue tous les jours... L'attirance peut encore bel et bien être présente… Celle-ci est tombée amoureuse de lui et ne cesse de s'y accrocher. L'amour peut être magnifique mais également se transformer en cauchemar.

Aude

Chère Aude,

Dans le cadre d’une relation monogame, un petit écart est quelque chose pour lequel on peut faire des efforts afin de prouver à l’autre qu’on regrette son erreur. Neuf mois de relation extra-conjugales avec une collègue, ce n’est pas techniquement ce qu’on pourrait appeler un petit écart. Neuf mois, c’est une relation, une vraie relation qui justifie les sentiments de cette jeune femme à son égard.

Et est-ce que vous croyez sérieusement à cette version de la collaboratrice perverse qui manipule un pauvre homme désœuvré par le sexe? C’est une histoire d’adultes consentants. Votre conjoint n’est pas un enfant. Il sait probablement dire non quand quelque chose lui déplaît. C’est-à-dire qu’il a décidé d’accepter ses avances (dans la version qu’il vous a donnée. La vérité n’est peut-être pas aussi simpliste) en connaissance de cause puis qu’il a accepté de la voir et de la revoir pendant neuf mois à votre insu.

Conscient des risques qu’il pouvait vous faire encourir (sans parler du VIH, il y a une quantité de maladies sexuellement transmissibles plus ou moins graves qui auraient pu arriver jusqu’à vous. Si vous ne l’avez pas encore fait, pensez à vous faire dépister), il a fait le choix de ne pas se protéger. Pas juste une fois. Mais pendant neuf mois.

Je ne vous dis pas de ne jamais lui pardonner si c’est votre souhait ou si votre amour est plus fort que cette longue incartade. Des centaines de couples se reconstruisent chaque jour après ce genre d’aventures. Mais j’aimerais que vous preniez conscience que votre conjoint n’est pas une pauvre victime dans cette histoire et qu’il n’a pas d’excuse. De l’autre côté, se trouve également une femme amoureuse qui souffre, comme vous. Le pardon est uniquement entre vos mains, Aude. Et si la confiance est définitivement rompue alors vous n’avez pas à vous en vouloir. Vous n’avez pas à lutter seule pour reconstruire ce qu’il a détruit en son âme et conscience.

Lucile Bellan
Lucile Bellan (145 articles)
Journaliste
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