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Pour éviter l'excision, des centaines de Kenyanes passent leur vacances cachées à l'école

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 23.12.2016 à 10 h 52

Repéré sur BBC

Les autorités locales et les professeurs protègent les filles qui veulent échapper aux mutilations génitales féminines.

Un programme anti excision dans une école au Kenya en décembre 2001. SIMON MAINA/AFP.

Un programme anti excision dans une école au Kenya en décembre 2001. SIMON MAINA/AFP.

Au Kenya, plusieurs écoles qui ferment normalement pour les vacances sont restées ouvertes afin d'accueillir les centaines d'écolières qui veulent échapper à l'excision. Beaucoup ont fui leur logement et camperont dans les établissements, ainsi que dans certaines églises, plutôt que d'être aux côtés de leur famille, rapporte la BBC.

En effet, les vacances de décembre sont un moment privilégié pour les cérémonies de mutilations génitales féminines, même si depuis 2011, l'excision est officiellement interdite dans le pays et passible de lourdes amendes. Depuis cette interdiction, le nombre de filles allant à l'école primaire et secondaire a beaucoup augmenté. Celles qui sont excisées sont en général mariées tôt et ne retournent plus à l'école.

Les autorités locales et les professeurs surveillent les établissements afin de protéger les filles. Des élèves et des parents ont protesté contre l'excision aux alentours de plusieurs écoles; certains portaient des t-shirts avec le message: «Stop, fuyez l'excision».

«Lorsque les filles sont coupées, les parents leur ont dejà trouvé un mari»

Une fille de 14 ans a expliqué à la BBC que de nombreux parents soutiennent l'excision pour des raisons financières: 

«Mes parents nous forcent à être excisées parce qu'ils veulent une dot. Lorsque les filles sont coupées, les parents leur ont dejà trouvé un mari. Quand l'initiation est finie, les parents lui présentent son mari et sa famille donne des vaches et une dot.»

Selon les militants qui luttent contre les mutliations génitales féminines, l'excision se fait désormais en secret et les responsables sont donc plus difficiles à appréhender. 

Au Kenya, une femme sur cinq entre 15 et 49 a été excisée et un quart des femmes excisées qui ont une vingtaine d'année ont été coupées entre 5 et 9 ans. 

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