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Une solution pour allonger la durée de vie des fruits et légumes

Repéré par Lucie de la Héronnière, mis à jour le 25.12.2016 à 17 h 55

Repéré sur The New York Times, Apeel Sciences

Ou comment lutter contre le gaspillage alimentaire grâce à des déchets alimentaires. C'est l'invention d'une start-up californienne.

Capture d’écran du site Apeel Sciences

Capture d’écran du site Apeel Sciences

Une bonne partie du gaspillage alimentaire dans le monde est due à la détérioration des produits frais, et notamment des fruits et des légumes qui s’abîment vite. «Alors que le monde est confronté aux conséquences d’une population toujours croissante, l’agriculture devra évoluer afin d’améliorer l’efficacité avec laquelle nous utilisons nos ressources naturelles», lit-on sur le site d'Apeel Sciences. Face à ce constat, la start-up californienne a développé une nouvelle technologie: une couche protectrice naturelle et indétectable.

L’entreprise promet en effet des barrières «invisibles, insipides, comestibles et durables» enrobant les fruits et légumes, pouvant multiplier jusqu’à cinq la durée de vie des produits, raconte le New York Times. Cette fine couche est fabriquée à base de déchets végétaux, des sous-produits habituellement jetés mais issus de cultures certifiés biologiques, comme des peaux de raisin ou des tiges de brocolis laissés après la récolte.

Un camouflage moléculaire

Apeel Sciences en extrait de minuscules éléments, pour arriver à des formulations servant de «camouflage moléculaire»: grâce à ce revêtement naturel, les aliments deviennent méconnaissables et donc moins intéressants pour les parasites. La couche ultra-mince va «convaincre» les champignons, bactéries et insectes qu’il ne s’agit absolument pas de nourriture, tout en contrôlant le taux d’eau et de gaz et en ralentissant ainsi la décomposition.

Il existe une recette de «peau» adaptée à chaque produit, à appliquer avant ou après la récolte. Par exemple, pour les avocats, la «barrière» est développée pour empêcher l’anthracnose, une maladie liée à l'apparition de champignons habitués à entrer par les petites fissures de la peau de ces fruits. Autre exemple donné, les myrtilles chiliennes, après un voyage de trente jours, pourraient arriver dans les supermarchés américains comme si elles venaient d’être cueillies. Une protection qui pourrait donc aussi aller à l'encontre d'une consommation plus locale, en permettant le transport facile de produits des quatre coins du monde... 

Mais, d’après le New York Times, «si le produit fonctionne comme annoncé, il pourrait apporter des changements radicaux à l’industrie des produits alimentaires et aux rayons des supermarchés. Il pourrait réduire le gaspillage alimentaire et l’usage de pesticides, et augmenter le nombre de variétés de fruits et légumes disponibles». Ceci dit, les solutions d’Apeel Sciences n’ont pas encore été commercialisées, et pourraient faire face à plusieurs obstacles: les consommateurs méfiants d’un nouveau revêtement sur les produits frais, et les producteurs trouvant cette protection bien trop chère. 

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