Science & santéEconomie

Le désamour du risque expliqué par l'évolution de notre cerveau

Repéré par Peggy Sastre, mis à jour le 25.12.2016 à 10 h 39

Repéré sur Nature Communications, Université de Sydney

La prudence des personnes âgées pourrait davantage s'expliquer par la quantité de matière grise dans leur cortex pariétal postérieur droit que par la dose de sagesse qu'ils ont pu accumuler au cours de leur existence.

Clémentine a mal à la tête | Domiriel via Flickr CC License by

Clémentine a mal à la tête | Domiriel via Flickr CC License by

A l'université de Sydney, Agnieszka Tymula se penche depuis des années sur les facteurs neurologiques à l’œuvre dans nos prises de décision. En particulier, elle cherche à savoir si notre tendance à prendre de moins en moins de risques à mesure que nous prenons de l'âge est due à notre vécu et au gain de sagesse que nous pouvons en tirer ou à l'évolution de nos structures cérébrales.

Dans une étude publiée le 13 décembre dans la prestigieuse revue Nature Communications et menée en collaboration avec des chercheurs de Yale, de l'université de New York, de l'UCL et du Trinity College de Londres, Tymula estime que c'est avant tout la quantité de matière grise dans le cortex pariétal postérieur droit qui explique l'aversion au risque, bien plus que l'âge des individus concernés.

«Nous savons qu'en vieillissant, les gens ont tendance à prendre moins de risques», explique Tymula. «Sauf que tout le monde ne semble pas vieillir au même rythme. Ce que laissent entendre nos recherches, c'est que la rapidité avec laquelle nos structures cérébrales se modifient contribue davantage à notre tolérance du risque que notre âge chronologique».

Pour arriver à ces conclusions, Tymula et ses collègues auront demandé à 52 sujets âgés de 18 à 88 ans de choisir entre un gain assuré de 5 dollars ou une loterie bien plus risquée, mais susceptible de leur rapporter 120 dollars. A première vue, les personnes les plus âgées étaient effectivement les plus à même de préférer la proie à l'ombre.

L'évolution psychologique de nos sociétés vieillissantes

Sauf qu'en y regardant de plus près –c'est à dire en moulinant les données dans un modèle mathématique–, les chercheurs allaient comprendre que les choix de leurs cobayes étaient bien davantage influencés par leur densité neuronale dans leur cortex pariétal postérieur droit, soit la quantité de matière grise à cet endroit, que par leur date de naissance.

Un travail qui non seulement nous renseigne sur la neurobiologie de l'amour et du désamour du risque, mais peut en outre nous donner de sacrés indices sur l'évolution «psychologique» de nos sociétés vieillissantes.

«Sur un plan mondial», souligne Tymula, «nous assistons à une évolution démographique sans précédent. Dans à peine trente ans, on s'attend à voir le nombre de personnes de plus de 60 ans dépasser celui des enfants».

Et à mesure que notre monde prendra de l'âge, la compréhension des facteurs neurologiques à l’œuvre dans cette mutation démographique et ses conséquences sur les décisions économiques, politiques ou encore sociétales prises par nos sociétés revêtira une importance de plus en plus capitale. Du moins, on ne se risque pas trop à l'affirmer.

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