Sciences / Économie

La vaccination est un vecteur d'égalité et de prospérité

Temps de lecture : 2 min

En Afrique de l'Est, la vaccination des troupeaux permet aux petits paysans (et à leurs filles) de s'extraire de la pauvreté.

Berger maasaï et son troupeau /  Université d’État de Washington
Berger maasaï et son troupeau / Université d’État de Washington

Dans le sud du Kenya, les foyers ruraux qui vaccinent leurs troupeaux contre la theilériose bovine voient leurs revenus augmenter et sont susceptibles d'utiliser cet argent pour mieux s'alimenter et envoyer leurs enfants à l'école –et notamment leurs filles. Selon une conséquente étude menée par cinq économistes et vétérinaires de l'université d’État de Washington, il existe même une corrélation directe entre le nombre de vaches tuées par la zoonose et le nombre de filles à pouvoir accéder à l'équivalent du collège: moins les bêtes meurent, plus les filles sont scolarisées et éduquées.

«Lorsque les familles vaccinent leurs troupeaux», explique Thomas Marsh, l'auteur principal de l'étude, «elles s'orientent sur une trajectoire qui leur permet d'offrir une éducation à leurs enfants. La vaccination est un moyen pour ces foyers de s'extraire de la pauvreté».

En particulier, la vaccination permet de conséquentes économies sur les traitements antibiotiques ou insecticides, pour combattre la tique qui propage la maladie. De même, les vaches immunisées contre la theilériose ont tendance à produire davantage de lait, un vecteur de développement significatif, vu que les individus sont ainsi mieux nourris et/ou peuvent tirer profit de leurs excédents en les vendant.

Un cercle vertueux

Marsh souligne aussi l'«effet intergénérationnel» de la vaccination: lorsque les familles ont la capacité d'investir davantage de ressources dans la scolarisation de leurs filles, c'est un cycle vertueux qui s'enclenche et qui part pour durer.

«Sur la question des antibiotiques, de la résistance aux antibiotiques et des vaccins, nous devons réfléchir sur le long terme», précise Marsh. «Si la vaccination est un motif d'investissement, alors en plus des effets connus –comme la diminution de la mortalité animale–, il nous faut en comprendre les effets indirects».

Et parmi ces effets indirects, bon nombre recoupent les objectifs de développement durable des Nations Unies. «La conception de meilleurs vaccins et de moyens plus simples de les distribuer pourrait avoir des effets sociétaux considérables», ajoute Marsh.

En Afrique subsaharienne, 75% de la population exerce une petite activité agricole et, dans 80% des cas, il s'agit d'élevage. Pour les tribus pastoralistes –comme les Maasaï, sans doute les plus connus en Occident– et les 50 millions d'individus qui les composent, le bétail joue un rôle littéralement vital.

Slate.fr

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