Culture

Cinq histoires méconnues autour de la Bible et des contes de fées

Elise Costa, mis à jour le 21.12.2016 à 15 h 52

Servez-vous un mug de vin chaud: l’édition de Noël des mystères d’écrivains ne contient pas un, ni deux, mais dix-neuf secrets à cacher aux enfants.

Page tirée des contes de H.C. Andersen | Koninklijke Bibliotheek via Flickr CC License by

Page tirée des contes de H.C. Andersen | Koninklijke Bibliotheek via Flickr CC License by

1.La Bible ferait une meilleure série que Game of Thrones  

Le livre le plus vendu au monde –mais qui au passage se ferait dépasser en nombre d’impressions par le catalogue Ikea– relate l’existence de douze animaux fantastiques. Il contient par exemple sept versets consacrés aux dragons. Au XVIe et XVIIe siècle, alors que La Bible du roi Jacques vient d’être traduite, certains professeurs d’archéologie poussent le vice jusqu’à fabriquer des faux ossements de licorne pour maintenir leur version. Aujourd’hui, lesdits passages sont reniés par de nombreux théologiens: au lieu d’animaux merveilleux, il n’existerait que des erreurs de traduction (par exemple, la licorne aurait été un «animal uni-corne», tel le rhinocéros, etc.). Dommage. C’est probablement parce qu’il a aussi été déçu que Thomas Jefferson a crée sa propre version de la Bible. A sa retraite, le troisième président des États-Unis a découpé, collé et annoté l’ouvrage jusqu’à n’en conserver que 84 pages. Le résultat a par la suite été imprimé et distribué aux membres du Congrès. D’ailleurs en parlant de version païenne il y a, quelque part dans une bibliothèque de Londres, une «Vilaine Bible» (Wicked Bible) datant de 1631. A cette époque, les imprimeurs de sa majesté ont fait une coquille au septième commandement. Ainsi, les lecteurs pouvaient lire «Tu commettras l’adultère» (alors qu’ils auraient dû y voir «Tu ne commettras point l’adultère»). Les coquins ont écopé d’une amende de 300 livres sterling et d’une interdiction immédiate d’exercer. Vous pensez la réaction un poil disproportionnée? Calmos muchachos. Vous n’avez pas lu l’histoire des quarante-deux enfants tués par deux ourses parce qu’ils se sont moqués de la calvitie d’un gars.

2.Hans Christian Andersen était un mec abusé  

L’auteur de contes de fées danois à l’origine de La Petite sirène (1835), La Reine des neiges (1844), ou encore La Petite fille aux allumettes (1845) était adepte du plaisir solitaire. A chaque fois qu’il se masturbait, il prenait soin de le noter dans son journal intime. Qu’importe, parce qu’on a le BuJo que l’on mérite. Là où il a poussé Mémé dans les orties, c’est lors de sa visite à son confrère anglais Charles Dickens. Invité chez lui pour quelques temps, Hans s’est tapé l’incruste pendant cinq semaines. Résultat: Charles Dickens l’a «ghosté» en ne répondant plus à ses lettres. Mais bon, Andersen avait de quoi être perturbé. Le Vilain petit canard, qu’il a écrit en 1843, ne ferait non pas référence à la beauté intérieure (à la fin le canard devient cygne) mais à son sang royal (certains biographes avancent l’hypothèse qu’Andersen était en réalité le fils illégitime du Prince Christian Frederik).

3.Charles Dickens avait de bons côtés mais pas trop  

Pour commencer, Dickens était super Feng Shui. L’écrivain mettait un point d’honneur à dormir face au nord. En voyage, il se baladait toujours avec une boussole pour réorganiser sa chambre si nécessaire. Plus pittoresque, Dickens a amplement participé à la création du mythe du «Noël blanc», ce Noël où les flocons de neige viennent embrasser les joues rouges des enfants. Comment? Quand il était lui-même petit garçon, l’Angleterre connut de rudes hivers. Les météorologues racontent que les années 1810 n’avaient connu pareil froid depuis la fin du XVIIe siècle. La Tamise était si gelée qu’elle pouvait supporter le poids d’un éléphant. Ce souvenir a influencé Dickens qui parle de la neige tombant «à profusion» sur la ville dans son célèbre Chant de Noël (A Christmas Carol) et qui deviendra l’histoire numéro un des fêtes. Le conte, mettant en scène l’affreux Scrooge, a d’ailleurs inspiré un patron de Boston qui décida, en 1867, de fermer son usine le jour de Noël et d’offrir à la place une dinde à tous ses employés. Attendez ce n’est pas fini! En 1865, Dickens revenait de France lorsque son train dérailla au-dessus d’un pont. Il aida alors de nombreux passagers. L'anecdote reste peu connue car il voyageait avec sa maîtresse. Ascenseur émotionnel: lors de la rébellion indienne de 1857, le pauvre vieux préconisait quand même d’«exterminer la race indienne». Pas hyper sympa de la part d’un auteur de contes pour enfants.

4.Les frères Grimm, les frères chagrin  

Vous n’êtes pas sans savoir que les adaptations cinématographiques des contes de Grimm sont toutes édulcorées. Il faut dire que nos nuits n’auraient pas été les mêmes si nous avions vu les sœurs de Cendrillon s’amputer les orteils pour pouvoir enfiler la pantoufle de vair. Quelle personne sensée fait ça? La vie est assez dure pour ne pas s’en rajouter une couche. Un avis que, cependant, les gais lurons Jacob et Wilhelm ne partageait pas. Les deux philologues allemands ont même écrit un tout petit conte qui se termine par : «Et alors tout fut mort.» (Ambiance). A noter que les frères Grimm tenaient une partie de leurs contes d’une femme, Dorothea Viehmann. Issue de la bourgeoisie et couturière parlant français, les auteurs l’ont décrite comme étant «une paysanne», probablement pour garantir sa street cred.

5.Charles Perrault ne contait pas fleurette  

Comment expliquer aux petites filles qu’elles ne doivent pas parler aux inconnus? Dans sa version du Petit Chaperon Rouge (la première, reprise ensuite par les frères Grimm), Charles Perrault raconte que le loup mange la grand-mère du petit chaperon rouge, avant de lui tendre un piège et de la manger elle aussi. La morale est la suivante:

«On voit ici que de jeunes enfants,
Surtout de jeunes filles
Belles, bien faites et gentilles,
Font très mal d’écouter toutes sortes de gens
(…)» 

Voilà.

C’est peut-être violent, mais c’est comme ça que l’on apprenait aux enfants.

Tous les articles de la série «Mystères d'écrivain» sont à retrouver par ici.

Elise Costa
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Journaliste
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