Allemagne

«Nous devons tout de même emballer nos cadeaux et préparer le menu, sinon nous avons déjà perdu»

Repéré par Annabelle Georgen, mis à jour le 20.12.2016 à 10 h 38

Repéré sur Die Zeit, Der Tagesspiegel

En Allemagne, certaines voix appellent à ne pas céder à la panique et aux sirènes des extrémismes.

Amelie QUERFURTH / AFP

Amelie QUERFURTH / AFP

«Emballer les cadeaux, préparer le menu de Noël, ne pas capituler.» C'est par une sorte de check-list que s'ouvre l'éditorial de Zeit Online au lendemain de l'attaque du marché de Noël de Breitscheidplatz à Berlin. Le journaliste Michael Schlieben appelle les Allemands à ne pas se laisser gagner par la peur de l'islamisme au pied du sapin de Noël et à ne pas céder aux sirènes de l'extrême droite:

«Cet événement est une perche tendue aux extrémistes. Les populistes de droite vont l'exploiter à fond. C'est exactement ce que veulent les islamistes. Ils misent sur la polarisation, sur de nouvelles recrues, sur la guerre de religion. Il est donc important de s'opposer à cette division. De ne pas généraliser et diffamer, mais d'échanger et d'écouter. De ne pas dramatiser, mais pas non plus d'en faire une bagatelle. Ce qui s'est passé à Breitscheidplatz est affreux. Mais nous devons tout de même emballer nos cadeaux et préparer le menu. Sinon nous avons déjà perdu.»

Plus de démocratie et plus d'ouverture

L'éditorialiste du quotidien Der Tagesspiegel, Lorenz Maroldt, est du même avis: «Celui qui croit qu'une revendication telle que “fermez les frontières” ou “Stop l'asile” est une réponse adéquate au risque d'attentat, tombe dans le piège du charlatanisme politique

Car au-delà du risque d'être victime d'un attentat terroriste, il en existe un encore plus grand, estime le journaliste: «Celui que ce ne sont pas seulement d'abominables attentats qui empoisonnent la société mais d'abominables réactions à ces attentats.» Il exhorte donc ses lecteurs à ne pas se laisser avoir «ni par des terroristes fous et fanatiques, ni par des populistes cinglés.»

Et il cite à titre d'exemple les propos qu'avait tenu l'ancien président norvégien Jens Stoltenberg, après le massacre d'Utoya en 2011:

«La réponse aux attaques doit être: plus de démocratie et plus d'ouverture. Sinon ceux qui sont derrière auront atteint leur but.»

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