Monde

Comment un jeune Texan est devenu un leader de Daech

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 20.12.2016 à 11 h 04

Un journaliste a retracé l'histoire de John Georgelas, l'Américain le plus haut placé au sein de l'État islamique.

DRAPEAU DE DAECH | GLOBAL PANORAMA via Flickr CC License by

DRAPEAU DE DAECH | GLOBAL PANORAMA via Flickr CC License by

Pour son livre sur l'État islamique, le journaliste Graeme Wood a enquêté sur la trajectoire d'un jeune Américain devenu propagandiste pour Daech en Syrie. Le magazine The Atlantic publie des extraits de l'histoire inédite de John Georgelas, un Texan issu d'une famille de militaires américains, qui vit près d'Alep depuis 2013. 

Yahya Abou Hassan, de son nom djihadiste, est désormais l'Américain le plus haut placé au sein de Daech. Selon Wood, c'est lui qui a récemment écrit un article du magazine de propagande Dabiq intitulé «tuez les imams mécréants en Occident», dans lequel il encourage les fidèles de Daech à éliminer une liste de musulmans qui font de la politique en Angleterre, aux États-Unis et au Canada.

Le journaliste reconnaît son style particulièrement pédant et érudit dans de nombreux autres articles et posts de la propagande de l'État islamique. Converti à l'islam à 17 ans juste après le 11 septembre, Georgelas est rapidement passé d'un intérêt pour le soufisme au djihadisme radical.

Adolescent rebelle

Particulièrement doué en arabe classique, il est devenu adepte du dahirisme, un mouvement prônant une interprétation littérale du Coran populaire parmi les membres de Daech.

Comme de nombreux autres occidentaux radicalisés, Georgelas était en rébellion contre sa famille, et un grand consommateur de drogues dès le lycée. Plus tard, il a même tenté de légitimer son goût pour le cannabis et les champignons hallucinogènes avec une interprétation personnelle de certains hadiths du Coran, dont un où le prophète Mahomet aurait vanté les propriétés médicinales des champignons.

De même, comme d'autres adeptes du terrorisme islamiste, dont beaucoup sont ingénieurs, Georgelas avait un talent pour la programmation informatique. Parmi les métiers qu'il a exercé avant de devenir membre de Daech à part entière, Georgelas était informaticien aux États-Unis. En 2006, il a été condamné à trois ans de prison aux États-Unis pour avoir tenté de hacker le site de l'AIPAC, le lobby américain de soutien à Israël.

Promoteur du caliphat

En 2011, sa famille et lui (sa femme, une britannique radicalisée, l'a depuis quittée et se décrit désormais comme agnostique) sont partis pour l'Égypte, où il a gagné sa vie en traduisant des hadiths du gouvernement quatari. Selon plusieurs sources interrogées par Wood, Georgelas y est devenu une autorité religieuse respectée. Avant la création de l'État islamique, il encourageait déjà la création d'un «caliphat», un des thèmes de prédilection de Daech. Georgelas animait des séminaires en ligne en anglais et en arabe, et de nombreux djihadistes européens ont voyagé en Égypte pour étudier auprès de lui.

En 2014, en Syrie, il a encouragé les leaders de Daech, dont Abou Mohammed Al-Adnani, depuis tué par une frappe aérienne, à déclarer un caliphat dans les territoires occupés par Daech, ce qu'a fait Abou Bakr al-Baghdadi en juin 2014. Selon Graeme Wood, Georgelas figure probablement sur la kill list de l'armée américaine.

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