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Comment les robots sexuels peuvent changer notre société

Repéré par Emeline Amétis, mis à jour le 19.12.2016 à 17 h 55

Repéré sur Mic

L'existence des robots et leur possible rôle dans la sexualité humaine peut profondément changer notre façon d'être en société. En mal.

Les personnages de Maeve et Clementine, robots prostituées, dans la série «Westworld» diffusée sur HBO.

Les personnages de Maeve et Clementine, robots prostituées, dans la série «Westworld» diffusée sur HBO.

«Si vous voulez coucher avec un robot, vous n’avez pas à attendre des décennies pour qu’un parc d’attractions comme celui de Westworld ouvre ses portes. Le futur du sexe virtuel est déjà là», postule le site d’information Mic.

Si les robots sexuels d’aujourd’hui ne nous ressemblent pas encore au point d’intégrer le bordel de Westworld —la série de science-fiction dans laquelle les humains se rendent dans un parc d’attractions plein de robots—, ils sont de plus en plus réalistes.

«Westworld, dont le parc éponyme encourage aux viols et aux meurtres sans conséquences, ne donne qu’un avant-goût des répercussions éthiques et psychologiques de la maltraitance d’androïdes», d’après Mic.

Selon plusieurs experts interrogés par le site, nous risquons de «perdre notre empathie» en bout de course.

Femmes objets (pour de vrai)

Pour Mic, le fait que les robots sexuels soient presque exclusivement féminins est «un gros problème». «Ce n’est probablement pas seulement parce que l’industrie tech est dominée par les hommes, mais aussi parce que les entreprises créées par des hommes sont plus susceptibles d’être financées», explique Mic. Le problème de cette surreprésentation de femmes objets, c’est qu’elle pourrait prêter à confusion.

À la question de savoir quelle est la concurrence de RealDoll, une entreprise qui prévoit de lancer des robots sexuels avec intelligence artificielle sur le marché dès 2017, son PDG, Matt McMullen, a répondu: «les femmes humaines».

Comme si les androïdes et les femmes étaient placés au même niveau. Du risque que les robots sexuels féminins promeuvent un jour l’idée que les humaines sont elles aussi des objets exclusivement dédiés plaisir masculin.

Sociopathes

Par rapport à l’idée de violer un robot, il ne s’agit même pas de savoir si les androïdes peuvent avoir des sentiments ou peuvent expérimenter quoi que ce soit. Mais plutôt de savoir ce que cette domination sur des robots majoritairement féminins dit de notre société. «La volonté de dominer du matériel informatique semblable à un être humain en dit beaucoup sur notre morale.»

Rassurez-vous tout de même: «Les gens normaux auraient du mal à tirer sur un habitant de Westworld. Il semble que l’on doit être sociopathe pour reproduire les choses que les gens font subir aux robots dans Westworld», établit David Pizarro, professeur de psychologie à l’université de Cornell. Pour lui, ce sont d'ailleurs les hommes qui ont déjà du mal à respecter les femmes, qui sont le plus attirés par la possibilité d'avoir un robot sexuel.

Agresser un robot n’est d’ailleurs pas une expérience cathartique, selon Mic. Au contraire. «Il n’y a pas de preuves solides que la catharsis fonctionne pour l’agression. Dès que des scientifiques testent l’hypothèse selon laquelle évacuer son agressivité la réduirait, ils trouvent que les sujets de l’expérience se comportent avec encore plus d’agressivité», explique David Pizarro. Le professeur de psychologie poursuit:

«Je pense que nous en savons assez sur la psychologie humaine pour établir que si l’on peut maltraiter un être vivant, qui d’autant plus nous ressemble en tant qu’humain, c’est que c’est un bon entraînement pour le reproduire sur un véritable être humain.»

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